17/03/2013

Genèse 12:1 L'appel d'Abraham


 

LES PATRIARCHES


 
Les patriarches nous donnent des pages essentielles pour la foi. Il ne s’agit pas seulement de quelques récits dont la réalité peut être mise en doute, quoiqu’un fonds historique est reconnu quant aux personnages eux-mêmes et que les circonstances que ces hommes traversèrent sont plausibles en ces temps reculés du début du second millénaire avant notre ère. Il s’agit d’une famille exceptionnelle au sujet de laquelle ces pages édifiantes ont été contées de génération en génération, jusqu’à ce qu’elles soient consignées au Livre de la Genèse, le "Livre des Commencements" qui fournit au croyant les éléments essentiels de sa relation à Dieu. Il nous semble que là se trouve le motif qui conduisit à l’écriture de ces pages de la Genèse ; elles fondent la foi des croyants tout au long de l’histoire, à commencer par celle des Israélites tournés vers le pays promis à Abraham, et responsables de tenir ferme l’Alliance établie pour eux.
 
Ainsi est consignée la mémoire du grand dessein de Dieu, et la mission assignée au peuple choisi pour être serviteur et témoin, dépositaire des oracles divins (Romains 3:2). Une mission particulière confié à un peuple chargé du message universel du Créateur. Ainsi Abram, "père élevé", verra son nom changé en Abraham, "père d’une multitude", passant du cercle de sa propre famille à la figure emblématique qu’il donne pour tous les croyants, une multitude. Pareillement le nom de Saraï, "ma princesse", ainsi que pouvait l’appeler son mari, devient Sara "princesse", emblème universel d’élévation.


 
ABRAHAM, Ami de Dieu
Le Seigneur dit à Abram : Va pour toi,
de ta terre, de ta parenté, et de la maison de ton père,
vers la terre que je te ferai voir…
Genèse 12:1

 
Dans ces pages, nous trouvons bien au-delà de l’histoire de l’homme, les grands jalons de la foi dans la réalité de chaque croyant, les grands principes qui règlent la vie d’un croyant, appelé à marcher selon ses propres convictions, bien au-delà de l’adhésion à quelque tradition religieuse, si honorable soit-elle. Deux fois Abraham entendra un appel exceptionnel. "Va pour toi !" entendra-t-il de la part de l’Éternel, et il ira ne sachant où cela le mènerait, mais assuré que l’appel de Dieu est la priorité à poursuivre. Au premier appel (12:1), il quitte sa famille, et la seconde qu’il entend "Va pour toi !", ce sera pour donner son fils à Dieu (22:2). Les marques de l’absolu de la foi dans un homme dont les faiblesses seront rappelées, mais qui toujours reviendra sur le chemin, avec l’aide du Seigneur Dieu…
 
Dès l’appel initial entendu, la réponse est donnée, non des paroles mais l’engagement sur une route inconnue… Et Abram sort de la ville où son père s’était établi, Harran, ville importante de haute Mésopotamie à hauteur de la frontière syro-turque actuelle. Dès lors il se trouvera étranger dans le pays qui lui est promis…


 
L’Appel d’Abram
Genèse 12 et 13

Un appel extraordinaire qui induit un véritable engagement dans le chemin de la foi. Il est adressé non à un surhomme mais à un homme faillible, soumis aux aléas de la vie de tous les humains. Mais cet homme fait un choix de vie essentiel, il se réfère à Dieu, l’Unique. A côté de lui, nous voyons un autre homme, un croyant lui aussi, mais qui suit le premier. Leurs voies respectives montrent toute la différence entre la foi personnelle d’Abram et l’adhésion sincère de Lot à un principe de vie. S’il est un texte fondateur essentiel, c’est bien celui de l’appel d’Abraham !

 
"Va pour toi !" - 12:1-8
 
L’appel d’Abraham, nous le lisons couramment ainsi dans nos bibles : "L'Éternel avait dit à Abram : Va-t'en de ton pays, et de ta parenté, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai ; et je te ferai devenir une grande nation et je te bénirai, et je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction ; et je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et en toi seront bénies toutes les familles de la terre" (12:1-3). Sur ce texte reviendront les prophètes, mais aussi les apôtres de Jésus, parce qu'il fonde la voie de tout homme qui entend l’appel de Dieu, de tout homme qui a foi en Dieu, l'Unique, et se met en marche (Actes 3:25, 7:1-7 ; Hébreux 11:8-10). Il est important de voir en cette parole la profondeur du message qui nous est adressé.
 
Mais l’appel lui-même est plus significatif encrore. Ci-dessus, nous avons lu la traduction classique, cependant l’expression en hébreu se traduit plus précisément de la façon suivante :

12  1 Le Seigneur dit à Abram : Va pour toi, de ta terre, de ta parenté et de la maison de ton père, vers la terre que je te ferai voir ; 2 je te ferai devenir une grande nation et je te bénirai, et je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction ; 3 je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; en toi seront bénies toutes les familles de la terre.

Et cette expression "Va pour toi", laquelle se prononce en hébreu "lech-lecha", est absolument significative ! En effet, nous y découvrons une invitation à entreprendre un voyage personnel : "Va pour toi", autrement dit prenant sur soi d'avancer sur la base de ta propre conviction. Dans ce voyage entrepris par le croyant, il y a une décision personnelle mue par la conviction que tel est le chemin, le chemin qui donne sens à sa vie, la réponse positive à Celui dont on sait qu'Il a créé l'humanité et lui a confié une mission, un route à parcourir. Et dans la situation d'Abram, habitant au milieu d'un peuple idolâtre, le choix était lourd de sens, car il s’agit d’une rupture ; non avec les personnes – il demeurera forcément en contact avec bien des gens qui ne partagent pas sa foi au Dieu Unique – mais avec le courant de pensée dominant.
 
Et nous pouvons alors comprendre qu’il ne s’agit pas ici d’adhésion à un groupe, à une communauté de croyance, à une église, mais le cheminement personnel de la foi… Certes un chemin où le croyant n'est pas seul, il y cotoie d’autres croyants, mais où il avance avec sa propre conviction.
 
Ces mots signifient à la fois "Va pour toi" et "Va vers toi". Ce qui est aussi une invitation au voyage intérieur, à l’introspection, et cette invitation détermine pour celui qui y répond un "futur" radicalement différent de la route poursuivie jusque là. Une nouvelle vie ! Là se trouve le secret de "la vie en abondance" promise par Jésus (Jean 10:10). C’est exactement ce qu’Abraham fut appelé à faire : laisser derrière lui son passé et son présent afin de plonger dans l’inconnu du lendemain. D’un lendemain à l’écoute de Dieu. "Par la foi, Abraham, étant appelé, obéit pour s'en aller au lieu qu'il devait recevoir pour héritage ; et il s'en alla, ne sachant où il allait" (Hébreux 11:8). "Et l'écriture a été accomplie qui dit : Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice ; et il a été appelé ami de Dieu" (Jacques 2:23, 2 Chroniques 20:7, Ésaïe 41:8).
 
Ainsi Abraham est le "modèle du croyant", car en effet "ceux qui sont sur le principe de la foi, ceux-là sont fils d'Abraham" (Galates 3:7).
 
Fils d’Abraham ! Combien d’hommes sur la terre ne se réclament-ils pas de ce titre prestigieux, et il s’en trouve beaucoup qui le disent justement. Mais attention ! Ce titre n’est pas déterminé par l’ascendance généalogique, car la qualité de "fils" est marquée par l’adhésion véritable aux valeurs morales et spirituelles du "père" ! Non pas l’adhésion à un groupement ou une église, si valable soit-elle, mais la prise de conscience de l’appel de Dieu, le "Va pour toi", l’engagement personnel devant Dieu, la prise en compte de Sa parole…
 
Pourquoi, pensons-nous, est-il écrit personnellement à Timothée ? Et que veut dire cette exhortation : "Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens, et : Qu'il se retire de l'iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur" (2 Timothée 2:19). C’est au sein d’une communauté chrétienne devenue, déjà, une grande maison – ce n’est pas ici un titre de gloire – que Timothée doit se démarquer lui-même, manifester la réalité de sa foi et son engagement personnel dans le chemin du Seigneur… Ainsi, la vraie question est : Quelle est ma vraie condition, lorsque je réalise que Dieu me voit ? Suis-je sur le chemin, ai-je saisi l’appel qu’il me fait entendre : "Va pour toi !  Va vers le pays que je te montrerai !"
 
Abram répondit à l'appel. Arrivé en cette terre étrangère, ayant foi dans les promesses qu'il reçut de Dieu, il entend à nouveau cette promesse, car Dieu accompagne son serviteur. Celui-ci élève un autel pour exprimer la louange.

4 Et Abram s’en alla, comme l’Éternel lui avait dit ; et Lot s’en alla avec lui. Et Abram était âgé de soixante-quinze ans lorsqu’il sortit de Harran. 5 Et Abram prit Saraï sa femme, et Lot, fils de son frère, et tout le bien et les gens qu’ils avaient acquis à Harran, et ils sortirent pour aller au pays de Canaan, et ils arrivèrent au au pays de Canaan. 6 Abram traversa le pays jusqu’au lieu de Sichem, jusqu’au térébinthe de Moré. 7 Les Cananéens était alors dans le pays. L’Éternel apparut à Abram et dit : Je donnerai ce pays à ta descendance. Abram bâtit là un autel à l'Éternel qui lui était apparu. 8 Puis il leva le camp pour se rendre dans la montagne, à l'est de Béthel ; il dressa sa tente, ayant Béthel à l'occident et Aï à l'orient. Il bâtit là un autel à l'Éternel et invoqua le nom de l'Éternel.

Sichem, quelque soixante kilomètres au nord de Jérusalem. Abram a pris la route en ayant à l’esprit la promesse de posséder le pays, et il s’y trouve au milieu des Cananéens. Ainsi le temps n’est pas venu de jouir de la promesse, mais celle-ci lui est confirmée, et le croyant Abram exprime sa confiance en dressant l’autel de Sichem… Et plutôt que de s’établir à Sichem, y bâtir une maison, il poursuit sa route et se trouve alors entre Béthel et Aï, cinquante kilomètre plus au sud. Sa tente dressée, il bâtit un nouvel autel, exprimant sa confiance et son attachement en celui qui l’a appelé en ces lieux.
 
Abram commence ainsi un périple qui le conduira partout dans le pays. Il demeura étranger et s’y trouvera plus d’une fois dans la crainte, mais veillera à entretenir des relations de bon voisinage dans les lieux où il résidera. Le Seigneur Dieu "ne lui donna pas d'héritage dans ce pays, pas même où poser son pied, et il lui promit de le lui donner en possession, et à sa postérité après lui, alors qu'il n'avait pas d'enfant." (Actes 7:5). Et si ce fut une réelle difficulté pour lui, les années venant, il marcha avec Dieu jusqu’au bout…

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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23:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 12 à 17 | Commentaires (0)

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