17/03/2013

Genèse 25:1 L'ensevelissement d'Abraham


 

 

Ensevelissement d’Abraham - 25:1-18
 
Avant qu’il soit mentionné que "Abraham donna tout ce qui lui appartenait à Isaac", une femme, Ketura, est introduite, et par elle la mention de divers peuples proches ou lointains de Canaan. A tout Israélite il était ainsi affirmé que si son peuple est dépositaire des oracles de Dieu (Romains 3:2), il se trouve bien des hommes qui peuvent se prévaloir de la paternité d’Abraham.

25  1 Abraham prit encore une femme, nommée Ketura. 2 Elle lui donna des fils : Zimran, Jokshan, Medan, Madian, Jishbak et Shuakh. 3 Jokshan engendra Sheba et Dedan. Les fils de Dedan : Ashurim, Letushim et Leümmim. 4 Les fils de Madian : Épha, Épher, Hénoc, Abida et Eldaa. Tous ceux-là furent fils de Ketura.
 
5 Abraham donna tout ce qui lui appartenait à Isaac. 6 Quant aux fils de ses concubines, Abraham leur fit des dons et, de son vivant, il les envoya d'auprès d'Isaac, son fils, du côté de l’est, en Orient.
 
7 Voici la durée de la vie d'Abraham : cent soixante-quinze ans. 8 Puis Abraham expira ; il mourut dans une heureuse vieillesse, âgé et rassasié de jours, et il fut recueilli vers ses peuples. 9 Isaac et Ismaël, ses fils, l'ensevelirent dans la caverne de Macpéla, dans le champ d'Éphron, fils de Tsokhar, le Héthien, en face de Mamré. 10 C’était le champ qu'Abraham avait acheté des Hétiens. Là furent ensevelis Abraham ainsi que Sara, sa femme. 11 Après la mort d'Abraham, Dieu bénit Isaac, son fils. Isaac habitait près du puits de Lakhaï-roï.
 
12 Voici les générations d'Ismaël, fils d'Abraham, qu'Agar, l'Égyptienne, servante de Sara, avait donné à Abraham. 13 Les noms des fils d'Ismaël, leur nom selon la généalogie : Nebaïoth, le premier-né d’Ismaël, Kédar, Adbeël, Mibsam, 14 Mishma, Duma, Massa, 15 Hadar, Théma, Jetur, Naphish et Kedma. 16 Ce sont là les fils d'Ismaël, ce sont là leurs noms selon leurs villages et leurs campements : douze princes, tribu par tribu. 17 Voici la durée de la vie d'Ismaël : cent trente-sept ans. Puis il expira, il mourut et fut recueilli vers ses peuples. 18 Les Ismaélites demeurèrent depuis Havila jusqu'à Shur, en face de l'Égypte en allant vers l'Assyrie. Ismaël s'établit à la vue de tous ses frères.

Le patriarche "recueilli vers ses peuples". Le récit souligne ainsi que la course terrestre est achevée, dans la conscience de la vie au-delà de la mort. Et nous lisons combien cette fin fut paisible, lisant "en heureuse vieillesse". Isaac et Ismaël sont ensemble pour l’ensevelissement là où a été enterrée Sara, dans le tombeau acheté aux Hétiens, près d’Hébron. Ensuite, les chemins vont se poursuivre, pour chacun dans sa propre sphère. Et Isaac, auquel le flambeau fut confié demeura près du puits de Lakhaï-roï, lieu où il méditait lorsqu’apparut Rebecca… La parole de Dieu a toute sa valeur pour Isaac, fils d’Abraham !


 
Tableau d’une vie de foi
Réflexions

Abraham a transmis le flambeau. Les récits touchant Isaac, Jacob et Joseph conduiront à d’autres réflexions de sagesse pour celui qui désire marcher dans le chemin de la foi. Mais avant d’y venir, il est heureux de faire un rapide retour arrière sur le parcours exemplaire d’Abraham. Et celui-ci commence par un engagement personnel…
 
"Va pour toi, de ta terre, de ta parenté, et de la maison de ton père, vers la terre que je te ferai voir…" (12:1). Et l’homme de Dieu s’engage dans une voie inconnue, exprimant par sa marche la confiance qu’il a en Dieu, sans nulle référence à quiconque l’y aurait précédé. Il quitte une famille qui a une réelle connaissance de l’Éternel (24:50), sans en aucune manière la rejeter ou lui reprocher quoi que ce soit. N’est-ce pas là qu’il enverra son serviteur pour chercher une épouse pour son fils !
 
Il va parsemer sa route d’autels, le premier près de Sichem, et ensuite aux abords de Béthel (12:7), avant de s’en aller plus au sud, à Hébron puis à Gérar, avant de revenir à Hébron. Sans s’établir vraiment, car "il parcout le pays de long en large"  (13:17). Pas de protection mystique pour lui. Il traverse une période de famine et s’en va, comme nombre de ses voisins, en Egypte. Un homme qui craint ces étrangers, et croit devoir agir par ruse… L’homme de foi n’est pas un surhomme ! Mais le Seigneur Dieu intervient comme en secret. Mais le croyant Abraham n’est pas disqualifié, il poursuivra sa route, mais il doit la reprendre là où il l’a quittée, un temps perdu en quelque sorte (13:4).
 
Retour en Canaan, c’est la défection de Lot, et Abram ne discute pas, il ne revendique rien. Lot choisit, mais il fait le mauvais choix, allant auprès de Sodome. La débâcle de Sodome ! Pas un mot de reproche à l’encontre de Lot, Abram court pour le délivrer, aidé par quelques voisins. C’est alors la rencontre impressionnante avec Melchisédec, roi de justice et de paix, et sacrificateur du Dieu Très-haut, figure du Messie célébré par le psalmiste (14:18-20, Psaume 110:4). Un repas fait de pain et de vin, un signe saisissant. Abram donne la dîme de tout, tandis qu’il refuse toute rétribution du roi de Sodome. Il manifeste publiquement la réalité de son chemin avec Dieu, séparé des principes qui régissent ce monde, étranger à toute idée de réformer la terre, mais jamais ennemi de ceux qui l’entourent.
 
"Je suis ton bouclier, et ta récompense sera grande !" (15:1). La protection de l’Éternel, une réalité vécue pour l’homme de foi. Mais l’homme a-t-il changé en quittant sa famille pour marcher avec Dieu ? Est-il devenu un sur-homme ? Et la promesse d’une descendance ! Abram a-t-il la patience d’attendre son accomplissement, l’attente est longue et la perspective fort hypothétique, vu l’âge de Saraï. C’est alors la naissance d’Ismaël, et quelques difficultés familiales. La servante doit s’humilier devant Saraï a la vision de l’Ange de l’Éternel ; elle est auprès du "puits de Lakhaï-Roï" (16:14). Une instruction en soi, lorsque nous considérons le nom donné au puits : "puits du Vivant qui me voit". Quant à Abram, il peut goûter la fidélité du Seigneur à sa promesse, car sa défaillance ne peut altérer la pensée de Dieu. Il reçoit le nom d’Abraham et le "signe" de la circoncision (17:5,10).
 
Vient alors la scène des voyageurs passant à proximité de sa tente. Abraham se trouve devant l’Éternel. La promesse d’une descendance est à nouveau rappelée. Nous lisons alors la confiance de Dieu dans son serviteur, et cette parole "Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ?" (18:17). Et nous voyons combien l’homme de Dieu a conscience de la grâce, lorsque il demande que Sodome soit épargnée s’il s’y trouve cinquante, quarante-cinq, quarante, trente, vingt ou seulement dix justes…
 
Peu après, Abraham se trouve plus au sud, et il est inquiet, ayant à l’esprit : "Assurément il n'y a point de crainte de Dieu en ce lieu, et ils me tueront à cause de ma femme" (20:11). Nouvelle intervention de Dieu. Et Abraham estconduit à intercèder pour que les gens d’Abimélec puissent à nouveau avoir des enfants, alors que Sara n’a jamais donné naissance… Et vient alors la naissance d’Isaac.
 
Et enfin une dernière étape, lorsqu’Abraham est appelé à offrir son fils Isaac à Dieu ! "Va pour toi" lui est-il dit une nouvelle fois. Et pouvait-il parler à quiconque de ce voyage qu’il allait entreprendre vers le Mont Morija, le futur lieu du temple de Jérusalem ? Seul, troublé sans aucun doute, mais s’appuyant sur la promesse d’une descendance, il a confiance en Dieu et ne manque pas de dire à ses serviteurs : "Moi et l'enfant nous irons jusque-là, et nous adorerons ; et nous reviendrons vers vous" (22:5). En route, répondant à Isaac, il prononce cette parole prémonitoire, saisissante : "Dieu se pourvoira d’un agneau pour l’holocauste" (22:8). Une parole insondable.
 
Nous ne pouvons qu’être saisis par ces pensées de sagesse et par l’intelligence qui se dégage de ces pages du Livre de la Genèse. L’essence de la relation de l’homme avec Dieu s’y trouve dépeinte : l’engagement personnel, la connaissance de la grâce, la vie d’étranger sans animosité à l’égard de ses voisins, mais aussi la confession publique de son choix de vie, face à Melchisédec, figure énigmatique sans doute, mais surtout annonce du Messie. Après qu’il fut donné à toutes les générations des Israélites, depuis les temps les plus reculés, au cœur de leur instruction à la marche de la foi, le croyant Abraham est une source d’inspiration, selon qu’il est écrit : "Sachez donc que ceux qui sont sur le principe de la foi, ceux-là sont fils d'Abraham" (Galates 3:7).
 
Abraham, un homme de foi avec ses grandeurs et ses faiblesses, un modèle pour tous.
 
Les œuvres de foi se pétrissent dans l’argile de la terre.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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04:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 22 à 25 | Commentaires (0)

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