17/03/2013

Genèse 22:1 La ligature d'Isaac


 

 

La ligature d'Isaac
Genèse 22

Parmi les textes les plus connus de la Première Alliance, un des plus saisissants est, sans contestation, "La Ligature d’Isaac", connu aussi sous cet autre titre : "Le Sacrifice d’Abraham". Appelé par Dieu à offrir en sacrifice ce fils tant attendu, Isaac, le fils de la promesse, Abraham se mit en route… Un geste incompréhensible, à moins que nous ne regardions en détail les quelques paroles que l’homme de Dieu prononça sur ce chemin étonnant.
 
Une demande extraordinaire lui fut faite : "Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et va pour toi, au pays de Morija…"
 
Cette expression, "Va pour toi", en hébreu "lech-lecha", nous l’avons lue lorsqu’Abram reçut l’appel à quitter sa famille pour s’en aller au pays de Canaan ; une invitation à entreprendre un voyage personnel. "Va pour toi", autrement dit : prends sur toi d'avancer sur la base de ta propre conviction. Et ici, après des années de marche par la foi, nous lisons une injonction de pareille force. Et quel appel ! Le fils qu’il a espéré et attendu si longtemps, qu’il a reçu hors de temps, vu l’âge avancé de Sara… Regardant son fils, quelles pensées devaient-elles lui venir à l’esprit ? Dieu serait-il cruel ? Un tel geste, qui pourrait le comprendre ? Dieu a-t-il jamais demandé un sacrifice humain ? Et pouvait-il expliquer sa démarche à ceux qui le verront se mettre en route ? Ainsi c’est bien seul qu’il devait assumer cette démarche, seul face à Dieu qui lui a dit "Va pour toi au pays de Morija". Nous comprenons que la foi se nourrit d’expériences personnelles…

22  1 Après cela, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : Abraham ! Et il répondit : Me voici ! 2 Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et "va pour toi" au pays de Morija, et là offre-le en holocauste, sur l’une des montagnes que je te dirai.
 
3 Abraham se leva de bon matin ; sella son âne et prit avec lui deux serviteurs et Isaac, son fils. Il fendit du bois pour l’holocauste et se mit en route pour le lieu que Dieu lui avait indiqué.

Avec qui peut-il partager cette injonction ? Il ne peut demander à l’un ou l’autre de couper le bois pour l’autel, il le prépare donc lui-même. Et il ne diffère pas le temps, il va de l’avant, en route "de bon matin". Questionner, retarder le départ… Ce serait manquer de confiance… Deux jours et deux nuits, et enfin au cours du troisième jour le Mont Morija se profile devant lui…

4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit le lieu de loin. 5 Abraham dit à ses serviteurs : Vous, restez ici avec l'âne ; moi et le garçon nous irons là-haut et nous adorerons, puis nous reviendrons vers vous.

"Puis nous reviendrons vers vous…" Abraham savait ce qu’il devait faire, et pourtant il déclare clairement aux serviteurs qu’il reviendra avec le jeune homme. Nous nous interrogeons sans doute sur le sens de cette réponse, car Abraham ne connaît pas la fin de cette scène qu’il va vivre et dont il est malgré lui un acteur majeur… Mais l’homme de Dieu ne peut avoir oublié cette parole de Dieu : "En Isaac te sera appelée une descendance" (21:12). Et laissant là ses serviteurs, il charge son fils du bois pour l’autel, comme l’homme Christ Jésus fut chargé lui-même de la croix (Jean 19:17).

6 Abraham prit le bois de l'holocauste et le chargea sur Isaac, son fils ; et il prit lui-même le feu et le couteau. Et ils allaient les deux ensemble. 7 Alors Isaac parla à Abraham, son père, disant : Mon père ! Et il dit : Me voici, mon fils. Et il dit : Voici le feu et le bois ; mais où est l'agneau pour l'holocauste ? 8 Et Abraham dit : Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste. Et ils allaient les deux ensemble.

Sur le chemin où marchent un vieux père et son fils, une question est posée ! Et la réponse est fournie, sans détour, par Abraham : "Dieu se pourvoira de l’agneau pour l’holocauste !" Une affirmation forte, une parole prémonitoire aussi, car cet "agneau", le sacrifice qui devait être offert, était dans le dessein divin : "un agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde, mais manifesté à la fin des temps pour vous" (1 Pierre 1:19-20). Et le Christ a été manifesté au temps approprié, selon le plan de Dieu, des siècles après l’écriture de cette page de la Bible !
 
Après la réponse donnée par Abraham, la montée vers le Mont Morija se poursuit jusqu’au lieu désigné.

9 Lorsqu’ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait indiqué, Abraham y bâtit l'autel, disposa le bois, lia Isaac, son fils et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. 10 Puis, Abraham tendit la main et prit le couteau pour égorger son fils.

Une scène troublante que cet arrangement de l’autel, le fils attaché sur l’autel sans un mot, sans un cri… Abraham fait ce qu’il a à faire, ne sachant comment cela se terminera, alors qu’il avait affirmé retourner avec son fils auprès des serviteurs. Scène étrange, mais récit prémonitoire du Sacrifice du Christ…

11 Alors l'Ange de l'Éternel cria des cieux et dit : Abraham ! Abraham ! Il répondit : Me voici. 12 Il dit : Ne porte pas la main sur le garçon, ne lui fais rien ; je sais maintenant que tu crains Dieu, tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique.

Jacques, dans son épître fait écho à toute la vie d’Abraham, mais particulièrement à cette scène ci : "Et l'écriture a été accomplie qui dit : Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice ; et il a été appelé ami de Dieu" (Jacques 2:23). Abraham a rendu compte de sa foi en Dieu par des actes, non par des invocations seulement, et certainement pas par des gestes religieux répétitifs !

13 Et Abraham leva les yeux et vit derrière lui un bélier retenu par les cornes à un buisson ; alors Abraham alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils.

Oui, Abraham avait eu raison d’obéir, d’agir dans la foi… Certes il ne pouvait vraiment comprendre ce qui lui était demandé, car les sacrifices humains sont absolument réprouvés par Dieu… Mais, soutenu par cette affirmation "En Isaac te sera appelé une descendance" (21:12), il avait ce pressentiment d’un événement exceptionnel ; et, avant l’issue de la scène, par deux fois déjà il l’avait fait entendre, parlant à ses serviteurs, puis à Isaac lui-même : "nous reviendrons" (22:5) et "Dieu se pourvoira de l’agneau" (22:8).
 
Suit alors l’apaisement, la reconnaissance et la louange ! Abraham parle, et la Promesse qui lui avait été faite est réitérée, et attachée à cette foi extraordinaire qu’a manifestée le Patriarche…

14 Abraham appela ce lieu du nom de : YHWH-Jiré (L’Éternel voit). C’est pourquoi l’on dit aujourd’hui : A la montagne de l'Éternel, il sera vu.
 
15 Une seconde fois, l'Ange de l'Éternel appella des cieux Abraham. 16 Il dit : Je le jure par moi-même – parole de l'Éternel – parce que tu as fait cela, parce que tu n'as pas refusé ton fils, ton unique, 17 je te bénirai, je multiplierai ta descendance comme les étoiles des cieux et comme le sable qui est au bord de la mer. Ta descendance possédera la porte de ses ennemis. 18 Toutes les nations de la terre se béniront en ta descendance, parce que tu as écouté ma voix.

Voyons l’universalité de la promesse : toutes les nations de la terre ! Ainsi, depuis Abraham, au travers de la lignée de la Promesse, un peuple fut établi, dépositaire des promesses et témoin de leur portée pour l’humanité entière ! "Quel est donc l'avantage du Juif… ? Grand de toute manière, et d'abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés." (Romains 3:1-2). Et l’Evangile est aujourd’hui annoncé à toutes les nations…

19 Abraham retourna vers ses serviteurs, puis ils s’en allèrent ensemble à Beër-Shéba, car Abraham habitait à Beër-Shéba.

Une conclusion et un encouragement pour nous, aujourd’hui : Abraham nous fournit un modèle pour marcher par la foi, c’est pourquoi nous lisons dans l’épître aux Hébreux : "Par la foi, Abraham, étant éprouvé, a offert Isaac ; et celui qui avait reçu les promesses offrit son fils unique, à l'égard duquel il avait été dit : "En Isaac te sera appelée une descendance", ayant estimé que Dieu pouvait le ressusciter même d'entre les morts, d'où aussi, en figure, il le reçut" (Hébreux 11:17-19). La clé de ce récit nous est ainsi donnée : Abraham croyait dans la promesse qui lui fut faite touchant Isaac, et il est allé de l’avant, prêt à l’offrir en sacrifice, sans savoir, cependant, comment la promesse s’accomplirait. Il allaitt jusqu’à penser qu’il retrouverait son fils à travers la résurrection. La foi conduit dans des voies qui dépassent la logique des hommes.
 
Pour Abraham, tout était dans les mains de Dieu. Sa foi est exercée, mais elle est grande, fondée sur la promesse : "En Isaac te sera appelée une descendance" (21:12). Il se met en route, gardant pour lui-même ses questionnements. Il va "pour lui-même" dans la foi. Ceci est important à considérer, car il est écrit : "Ceux qui sont sur le principe de la foi, ceux-là sont fils d'Abraham" (Galates 3:7). Mais qui est prêt à s’engager avec Dieu personnellement, quoi qu’il lui en coûte ? Cette page éclaire une parole extraordinaire du Seigneur : "Celui qui aime père ou mère plus que moi, n'est pas digne de moi ; et celui qui aime fils ou fille plus que moi, n'est pas digne de moi…" (Matthieu 10:37). Le récit de la vie d’Abraham illustre ainsi les priorités à poursuivre.
 
Par ailleurs, ces récits transmis de génération en génération jusqu’à ce qu’ils soient consignés dans le "Livre des Commencements" donnent à comprendre la sagesse de la foi, méditée dans les temps les plus reculés, dans l’attente de l’œuvre rédemptrice. Une page qui annonce la croix : "Dieu s’était pourvu de l’agneau pour l’holocauste !"


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
ACCEDER
AU SITE

 
 

10:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 22 à 25 | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.