17/03/2013

Genèse 20:1 Abraham au pays du midi


 

 

Abraham et Isaac
Genèse 20 et 21

Le récit de la naissance d’Isaac ! Enfin, dirions-nous, Dieu donne essor à son propos, donnant à Abraham la descendance promise, en Isaac, avant qu’un peuple paraisse, les dix tribus d’Israël.
 
Lisant cette page, nous aurons à nous interroger sur les circonstances qui entourent la conception puis la naissance de ce fils inespéré. Après le séjour près d’Hébron, le patriarche descend plus au sud, dans la région qui sera occupée des siècles plus tard par les Philistins, les “Peuples de la Mer” ainsi qu’ils sont connus dans les annales des rois d’Egypte. A l’époque, la population est cananéenne. Et Abraham craint ces Cananéens car, pense-t-il, "il n'y a point de crainte de Dieu en ce lieu" (20:11). Cela devait-il inspirer une telle crainte à l’homme de Dieu ? Ceci le conduisit à un comportement qui lui avait déjà valu la réprobation. Mais nous voyons l’Eternel secourant l’homme défaillant.
 
Et c’est alors que la promesse d’un héritier, né de Sara, va s’accomplir… L’homme de Dieu devra alors se séparer d’Ismaël et d’Agar, sa mère. Ce ne sera par chose aisée pour Abraham, illustrant ainsi les peines qu’un faux pas peut engendrer. Mais le dessein de Dieu doit s’accomplir, l’annonce faite lorsqu’Abraham quitta la Mésopotamie trouve ici le commencement de sa réalisation, à savoir une descendance destinée à un rôle particulier dans le plan divin. Et alors, chose remarquable, l’homme de Dieu est reconnu comme prophète par ceux qu’auparavant il craignait, "car il n’y a pas de crainte de Dieu"…. N’était-ce pas pour cela que l’homme de Dieu devait rencontrer Abimélec, cet homme de bonne volonté ?

 
Abraham au pays du midi - 20:1-18
 
Nous avons vu l’esprit paisible de l’homme de Dieu, et sa connaissance de la magnanimité de Dieu ; rappelons-nous de ce dialogue saisissant touchant le jugement de Sodome. Cela ne fait pas de l’homme un naïf ; il connaît les hommes qui l’entourent et sait à quel point il faut se méfier dans leur compagnie. A ce point ? A-t-il raison ? Pourquoi a-t-il quitté la région d’Hébron, où il entretenait des relations positives avec les habitants, pour s’en aller plus au sud ? Nous ne pouvons le discerner, mais une chose est claire, il est inquiet et tombe dans le même travers qu’en Egypte, laissant entendre que Sara est sa sœur… L’homme a réellement peur, et il pense : "Assurément il n'y a point de crainte de Dieu en ce lieu, et ils me tueront à cause de ma femme" (20:11). Ce ne sont pas les années, ni même le changement du nom, qui changent un homme ; et il faudra à nouveau l’intervention divine pour le tirer de ce mauvais pas…

20  1 Abraham partit de là pour le pays du midi ; il s’installa entre Kadès et Shur, puis il séjourna à Guérar. 2 Abraham disait de Sara, sa femme : Elle est ma sœur. Abimélec, roi de Guérar, fit prendre Sara. 3 Alors Dieu vint à Abimélec dans un songe, la nuit, et lui dit : Tu vas mourir à cause de la femme que tu as prise, car elle est mariée. 4 Abimélec, qui ne s'était pas approché d'elle, répondit : Seigneur, feras-tu périr même une nation juste ? 5 Ne m'a-t-il pas dit lui-même : Elle est ma sœur ? Et elle-même m'a dit : Il est mon frère. J'ai fait cela dans l'intégrité de mon cœur et l'innocence de mes mains. 6 Dieu lui répondit, dans le songe : Je sais bien, moi aussi, que tu as fait cela dans l'intégrité de ton cœur ; c’est pourquoi je t'ai retenu de pécher contre moi, aussi je n’ai pas permis que tu la touches. 7 Maintenant, rends la femme de cet homme ; c’est un prophète, il priera pour toi et tu vivras. Mais si tu ne la rends pas, sache que tu mourras, toi et tout ce qui est à toi.
 
8 Abimélec se leva de bon matin ; il appela tous ses serviteurs et leur raconta tout cela ; et ces hommes eurent une très peur. 9 Abimélec appela Abraham et lui dit : Que nous as-tu fait ? En quoi ai-je péché contre toi, que tu aies fait venir sur moi et sur mon royaume un si grand péché ? Tu commis envers moi des actes inadmissibles. 10 Puis Abimélec dit à Abraham : Quelle intention avais-tu pour agir de la sorte ? 11 Abraham répondit : Je me disais qu’il n’y avait assurément aucune crainte de Dieu en ce lieu et qu’ils me tueraient à cause de ma femme. 12 De plus, il est vrai qu’elle est ma sœur, fille de mon père, seulement elle n'est pas fille de ma mère, et elle est devenue ma femme. 13 Lorsque Dieu m'a fait errer loin de ma famille, j’ai dit à Sara : Voici la grâce que tu me feras : Dans tous les lieux où nous irons, dis que je suis ton frère.
 
14 Abimélec prit du petit bétail et du gros bétail, des serviteurs et des servantes, et il les donna à Abraham ; il lui rendit aussi Sara, sa femme. 15 Abimélec dit : Voici, mon pays est devant toi, installe-toi où il te plaira. 16 A Sara, il dit : Je donne à ton frère mille pièces d'argent ; cela te sera un voile sur les yeux pour tous ceux qui sont avec toi ; ainsi ton honneur sera sauf. 17 Abraham pria Dieu. Dieu guérit Abimélec, sa femme et ses servantes, et celles-ci purent avoir des enfants. 18 Car l'Éternel avait frappé de stérilité toute la maison d'Abimélec, à cause de Sara, femme d'Abraham.

Par ce récit, la sagesse expose sans fard la faiblesse de l’homme, et de l’homme de foi. Et, en vérité, il est bien important de savoir que Dieu n’attend pas la perfection dans l’homme de foi, et de comprendre, avec modestie, que la foi ne transforme pas celui qui "croit Dieu" en un sur-homme qui ne connaîtrait ni crainte ni faiblesse. Ce serait mensonge que d’insinuer la pensée qu’une conversion transforme un homme pour le rendre parfait… La foi se manifeste dans l’attachement à la parole de Dieu, la fidélité et l’intégrité morale ! Et c’est bien la leçon donnée par les récits de la vie d’Abraham. Et ils ajoutent cette paix humble dans la révélation de l’intervention discrète de Dieu qui sort son serviteur du mauvais pas dans lequel il s’est mis. Comme nous l’avons vu même dans le cas de Lot, mais lui ne sut pas saisir cette opportunité… Lot, habitué à "sevir deux maîtres", ne progressa en rien, tandis qu’Abraham, qui "marche avec Dieu", reprend courage…
 
Dans ce dernier récit, nous comprenons que le croyant n’a pas à craindre à ce point les hommes qui ne partagent pas sa foi, car il se trouve en tous lieux des hommes de bonne volonté, même si leurs mœurs nous heurtent. Quel beau retournement, lorsque tout est en lumière, et que nous vooyons le croyant, réputé prophète, demander à Dieu de délivrer les gens d’Abimélec de l’épreuve qu’ils enduraient suite à son propre comportement. Et cela en connaissant lui-même une telle souffrance, car jusqu’alors Sara n’a pas pu avoir d’enfant.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
ACCEDER
AU SITE

 
 

11:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 18 à 21 | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.