17/03/2013

Genèse 19:1 Le jugement de Sodome


 

 

Le jugement de Sodome - 19:1-29
 
En tournant la page où nous voyons Abraham hopitalier, avant de considérer l’esprit de grâce qui le caractérise, nous entrons dans un tout autre univers. Il s’agit aussi d’un croyant, mais quelle différence, quel contraste ! Lot est à Sodome, assis aux portes de la ville, et tente de manifester ce qu’il a appris ; il est, lui aussi, hospitalier… Mais nous voyons jusqu’où la fréquentation de Sodome émousse ses critères moraux. Son souci d’hospitalité lui fait envisager un acte abominable, il est prêt à livrer ses deux filles non mariées...

19  1 Les deux messagers arrivèrent à Sodome sur le soir. Or, Lot était assis à la porte de Sodome lorsqu’il les vit ; il se leva pour aller à leur rencontre et se prosterna face contre terre. 2 Puis il dit : Mes seigneurs, je vous en prie, faites le détour par la maison de votre serviteur pour y passer la nuit ; lavez vous les pieds ; vous vous lèverez de bon matin et poursuivrez votre route. Non, répondirent-ils, nous passerons la nuit sur la place. 3 Mais il insista tellement qu’ils firent le détour pour se rendre chez lui. Il leur fit un festin, il cuisit des pains sans levain, et ils mangèrent.
 
4 Ils n'étaient pas encore couchés que les gens de la ville, les gens de Sodome, entourèrent la maison, depuis le jeune homme jusqu'au vieillard, tout le peuple sans exception. 5 Ils appelèrent Lot et lui dirent : Où sont les hommes qui sont entrés chez toi ce soir ? Fais-les sortir vers nous pour que nous ayons des relations avec eux ! 6 Lot sortit vers eux, à l'entrée de la maison, et ferma la porte derrière lui. 7 Il dit : Mes frères, je vous en prie, ne faites pas ce mal. 8 J'ai deux filles qui n'ont jamais eu de relations avec un homme ; je vais les faire sortir vers vous, et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Seulement, ne faites rien à ces hommes puisqu’ils sont venus à l'ombre de mon toit. 9 Ils dirent : Pousse-toi ! Et ils dirent encore : Cet individu est venu ici, en immigré, et il veut faire le juge ! Maintenant nous allons te faire pire qu'à eux. Tout en insistant fortement auprès de Lot, ils s’avançaient pour briser la porte. 10 Les hommes tendirent la main, firent entrer Lot auprès d’eux dans la maison et fermèrent la porte. 11 Quant aux hommes qui étaient à l’entrée de la maison, ils les frappèrent de cécité, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, de sorte qu'ils n’arrivaient plus à trouver l'entrée.

De quelle reconnaissance jouit donc, au milieu de cette population sans foi ni loi, un croyant nanti d’une réelle probité ? Si tôt qu’il se distingue de la population, recevant chez lui des voyageurs, il est méprisé : "Cet individu est venu ici, en immigré, et il veut faire le juge !" (19:9). Cette assertion nous donne à réfléchir sur la leçon que voulait donner le sage qui transcrivit ainsi le récit…
 
Mais la providence veille. Alors que Lot est complètement dépassé, les messagers prennent les choses en main… Ils vont permettre à Lot, le croyant, de quitter la ville, d’être mis à l’abri de la populace, mais aussi du jugement imminent. Mais Lot, averti, peut-il convaincre ses gendres, alors que lui-même a choisi de vivre parmi les gens de Sodome ? Et lui-même est-il prêt à tout quitter ?

12 Les hommes dirent à Lot : Qui as-tu encore ici ? Gendre, fils et filles, et tout ce que tu as dans la ville, fais-les quitter ce lieu, 13 car nous allons détruire ce lieu. En effet, devant l’Éternel, leurs cris sont devenus si grands que l'Éternel nous a envoyés pour anéantir la ville. 14 Lot sortit pour parler à ses gendres, à ceux qui devaient épouser ses filles, et leur dit : Levez-vous, quittez ce lieu, car l'Éternel va détruire la ville. Mais ses gendres crurent qu’il plaisantait.
 
15 Quand l’aurore se leva, les messagers pressèrent Lot en disant : Lève-toi, prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici, pour ne pas être emporté par la faute de la ville. 16 Mais il s’attardait ; alors les hommes le saisirent par la main, lui, sa femme et ses deux filles, car l'Éternel voulait l’épargner ; ils le firent sortir, et le laissèrent hors de la ville. 17 En les faisant sortir à l’extérieur, il dit : Sauve-toi, il y va de ta vie ; ne regarde pas derrière toi et ne t'arrête pas, dans toute la plaine ! Sauve-toi dans la montagne de peur que tu ne sois emporté. 18 Lot leur dit : Oh ! Non, je t’en prie, seigneur ! 19 Je t’en prie ! Moi, ton serviteur, j’ai trouvé grâce à tes yeux, et tu as montré une grande bonté envers moi en me conservant la vie, mais je ne peux pas, moi, me sauver dans la montagne, de peur que le mal ne m'atteigne. Je mourrais. 20 Regarde cette ville : elle est assez proche pour que je m’y enfuie, et elle est petite. Je t’en prie, pour que je reste en vie, laisse-moi me sauver jusque là ! N’est-elle pas petite ? 21 Alors il lui dit : Je te fais encore cette faveur : je ne détruirai pas la ville dont tu parle. 22 Mais fais vite, sauve-toi jusque là, car je ne peux rien faire jusqu’à ce que tu y sois arrivé. C'est pourquoi on a appelé cette ville du nom de Tsoar ("petite"). 23 Le soleil se levait sur la terre lorsque Lot entra dans Tsoar.
 
24 Alors l'Éternel fit pleuvoir sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu, de la part de l'Éternel. 25 Il détruisit ces villes, toute la plaine, tous les habitants des villes et la végétation de la terre. 26 Mais la femme de Lot regarda en arrière et devint une statue de sel.

Un récit navrant ! Des siècles plus tard, il sera retenu de l’histoire qu’elle concerne un croyant, et nous comprenons alors la leçon du récit. Le chemin du croyant est de vivre au milieu des hommes, comme nous le voyons d’Abraham, mais s’il n’y a pas de séparation morale, il est en danger d’être réellement enchaîné dans son esprit. Voyons la difficulté de Lot, anxieux de se retrouver seul dans la montagne. Il cherche une voie médiane, il pense que la ville de Tsoar pourrait lui convenir, mais ce sera pour bien peu de temps ! Et nous voyons qu’il perd sa femme, trop attachée à la ville d’où elle doit fuir…

27 Abraham se leva de bon matin pour aller au lieu où il s'était tenu devant l'Éternel. 28 Regardant vers Sodome et Gomorrhe, et du côté de tout le pays de la plaine, il vit monter de la terre une fumée comme celle d'une fournaise.
 
29 Lorsque Dieu anéantit les villes de la plaine, il se souvint d'Abraham : il retira Lot de la destruction lorsqu’il détruisit les villes où Lot habitait.

Abraham ne pouvait croire qu’il y avait un tel mal à Sodome, qu’il ne s’y trouva pas au moins dix hommes justes… Et il se trouvait, dans ce débat avec l’Éternel, vraiment en phase avec la pensée de Dieu, il comprenait vraiment la pensée de l’Éternel. Mais voilà, il put voir la fumée s’élever de la plaine de Sodome… Et, bien évidemment, aucune parole de satisfaction ne sort de la bouche d’un homme de foi car il sait que si jugement il y a, c’est une œuvre étrange, inaccoutumée, mais hélàs inévitable (Esaïe 28:21). "Est-ce que je prends plaisir à la mort du méchant ? dit le Seigneur, l'Éternel ; n'est-ce pas plutôt à ce qu'il se détourne de ses voies, et qu'il vive ?" (Ézéchiel 18:23).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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13:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 18 à 21 | Commentaires (0)

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