17/03/2013

Genèse 18:16 "Cacherai-je à Abraham...?"


 

 

"Cacherai-je à Abraham… ?" - 18:16-33
 
Les voyageurs se lèvent pour poursuivre leur route, regardant alors vers Sodome. Et l’Éternel va s’attarder auprès d’Abraham tandis que les deux messagers se rendront à Sodome (19:1). Le dialogue qui s’installe est alors extraordinaire, expression de communion entre le Seigneur Dieu et l’homme de foi.

16 Les hommes se levèrent pour partir et se tournèrent du côté de Sodome, et Abraham allait avec eux pour leur faire la conduite. 17 Et l'Éternel avait dit : Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire, 18 alors qu’Abraham va devenir une nation grande et forte, et que toutes les nations de la terre se béniront par lui ? 19 Car je le connais, je sais qu'il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l'Éternel en agissant selon la justice et l’équité, de sorte que l'Éternel fera venir sur Abraham ce qu'il a dit à son sujet. 20 L'Éternel dit : Les cris de Sodome et de Gomorrhe sont si forts, leur péché si grave, 21 que je vais descendre pour voir s'ils ont agi tout à fait selon les cris qui sont venus jusqu'à moi ; que cela soit ou non, je le saurai.

"Cacherai-je à Abraham... ?" A cette parole nous faisons bien d’être attentifs ! Comme une réflexion que le Seigneur Dieu se fait à lui-même ! Et pourquoi Dieu dit-il cela ? Parce qu’Il sait à qui Il a affaire ! Dieu voit la vie d’Abraham… "Je sais qu'il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l'Éternel en agissant selon la justice et l’équité." L’attitude de vie approuvée du Seigneur, résumée en une courte sentence par le prophète Michée : "Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ?" (Michée 6:8).

22 Les hommes se remirent en route, allant vers Sodome. Mais Abraham se tenait encore devant l'Éternel. 23 Abraham s'approcha et dit : Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le méchant ? 24 Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville ! La détruiras-tu, et ne pardonneras-tu pas à la ville à cause des cinquante justes qui s’y trouveraient ? 25 Jamais tu ne feras une chose pareille : mettre à mort le juste avec le méchant, de sorte qu’il en serait du juste comme du méchant ! Loin de toi ! Le juge de toute la terre n’agitait-il pas selon l’équité ?

Que pouvons-nous dire en lisant cette question ? Et même plus qu’une question, lorsque nous lisons "Loin de toi ! Le juge de toute la terre n’agitait-il pas selon l’équité ?" Abraham connaît le Seigneur Dieu, l’Unique. Il sait que Dieu est juste ! C’est là une perspective que l’homme de foi ne pourrait comprendre, tant sa confiance en la justice de Dieu est forte ! A méditer !
 
Abraham reconnaît le caractère inéluctable du jugement de Sodome, et nous pouvons lire ici le jugment du monde ! Mais le juste ? Tout d’abord nous voyons que, pour Abraham, cette ville corrompue pourrait être habitée de quelques justes… Abraham n’est pas "hors de Sodome" pour déclarer tous ses habitants méchants, et lui "seul juste" ! Ce n’est pas son état d’esprit, ou plutôt, ce n’est pas l’état d’esprit du sage qui nous donne le récit. Ensuite, Abraham sait Dieu tellement "juste" qu’il ne peut imaginer que des justes puissent partager le sort des méchants…
 
Suit alors un raisonnement plein de sagesse. Il s’agit d’un réel questionnement animé par la foi d’Abraham et sa connaissance de Dieu : "Le juge de toute la terre agira selon l’équité." Ainsi vient cette cascade de questions : Et s’il y a quarante-cinq justes ? Ou bien quarante ? Et si il s’en trouve trente ? Ou encore vingt ? Et peut-être s'y en trouvera-t-il dix !

26 L'Éternel dit : Si je trouve cinquante justes, dans de la ville, à Sodome, à cause d'eux je pardonnerai à ce lieu tout entier. 27 Abraham reprit : Voici, je te prie, j'ose parler au Seigneur, alors que je suis poussière et cendre. 28 Peut-être, des cinquante justes, en manquera-t-il cinq ; pour cinq, anéantiras-tu toute la ville ? Il répondit : Si j'y en trouve quarante-cinq, je ne la détruirai pas. 29 Abraham continua de lui parler ; il dit : Peut-être s'en trouvera-t-il là quarante ? Il répondit : A cause de ces quarante, je ne ferai rien. 30 Abraham dit : Je t’en prie, Seigneur, ne s'irrite pas si je parle encore. Peut-être s'en trouvera-t-il là trente ? Et il dit : Je ne ferai rien si j’en trouve trente. 31 Abraham dit : J’ose encore te parler, Seigneur… Peut-être s'en trouvera-t-il là vingt ? Et il dit : A cause de ces vingt, je n’anéantirai pas. 32 Abraham dit : Je t’en prie, Seigneur, ne s'irrite pas si je parle encore une seule fois : Peut-être s'en trouvera-t-il dix ? Et il dit : A cause de ces dix-là, je ne la détruirai pas. 33 Lorsqu’il eût achevé de parler à Abraham, l’Éternel s’en alla, et Abraham s'en retourna chez lui.

Nous savons ce qui s’est passé par la suite : la réception désastreuse des deux anges à Sodome, et leur accueil dans la maison de Lot, le neveu d’Abraham qui avait choisi d’habiter dans cette ville, au milieu de plaines fertiles (13.10-11). Certes, Lot n’a pas eu un comportement d’une grande élévation morale, mais néanmoins c’était un homme qui "craignait Dieu" ! Et lui, le seul juste de la ville semble-t-il, fut mis à l’abri avec ses deux filles non mariées. Pierre, l’apôtre, écrira : "Il a délivré le juste Lot, accablé par la conduite débauchée de ces hommes pervers" (2 Pierre 2:7),
 
L’intercession d’Abraham, comme celle de Moïse lors de l’affaire du veau d’or (Exode 32) sont tout à fait remarquables, en ce que ceux qui devaient hériter – Dieu n’a-t-il pas parlé ainsi à Moïse ? – ne sont pas empressés à pousser au jugement, mais au contraire intercèdent !
 
Abraham, tel que nous le dépeint ce récit qui est un enseignement de sagesse, illustre les caractères de la marche avec Dieu. Il connaît l’Éternel et est conscient de son appel (18:25, 12:2, Ephésiens 1:7-9, 1 Jean 3:1-2), un appel qui est la manifestation de la grâce : l’homme de Dieu ne s’attribue aucun mérite ! La communion avec Dieu se traduit dans ce fait qu’il entre dans le dessein de Dieu (18:17, Apocalypse 1:19-20), et qu’il transmettra cette connaissance à sa descendance (18:19). N’est-il pas, lui, un modèle de ceux qui sont "le sel de la terre" (Matthieu 5:13-16). Et n’est-ce pas ce que nous pouvons lire en considérant cette scène où l’homme de Dieu est appelé à prier pour Abimélec "car il est prophète" (20:7), autrement dit un homme qui rend compte au monde de la pensée de Dieu.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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14:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 18 à 21 | Commentaires (0)

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