17/03/2013

Genèse 15:1 "Je suis ton bouclier"


 

 

Abraham, témoin de Dieu
Genèse 15 à 17

Abram, homme de foi, a confiance en Dieu et n’hésite pas à marquer son attachement au Dieu Très-haut ; et il entretient des rapports simples avec les hommes. Mais il est moralement séparé, comme nous le voyons dans sa rencontre avec le roi de Sodome, après qu’il ait libéré Lot emmené en captivité. Ne dit-il pas avec force à ce roi : "pour que tu ne puisses pas dire : Moi, j’ai enrichi Abram !" (14:23). Le Seigneur va alors lui parler dans une vision, lui faire entendre une parole de communion : "Je suis ton bouclier et ta très grande récompense !" (15:1).
 
Mais qu’en est-il de la promesse d’une descendance ? L’homme de foi ne saurait être un être parfait, sans faiblesse – à quoi servirait une icône, un modèle parfait, pour celui qui lit ou écoute le récit ? Aussi voyons-nous les questionnements, et les circonstances qui mèneront à la naissance d’Israël, l’homme pensant venir au secours du Seigneur Dieu pour qui puissent s’accomplir ses promesses. Y a-t-il là raison à quelque courroux de Dieu ? Non. Il y aura des conséquences à cette faiblesse de la foi, mais le Seigneur Dieu confirmera sa promesse, et même donnera un signe, la circoncision, qui sera de génération en génération une affirmation des Israélites de la confiance qu’ils ont dans la promesse divine. Et Dieu change les noms d’Abram et Saraï en Abraham et Sara. Et, en passant pourrions-nous dire, l’Éternel intervient pour atténuer les conséquences du manque de foi en ramenant la servante auprès de sa maîtresse, par la première apparition de l’Ange de l’Éternel dans l’Ecriture, au "Puits de Lakaï-Roï", le "Puits du Vivant qui me voit". Il voit ma peine, il voit ma marche...

 
"Je suis ton bouclier" - 15:1-21
 
"Après cela", c’est-à-dire la scène extraordinaire d’Abram face à Melchisédec, et le refus de toute transaction avec le roi de Sodome, nous pouvons bien comprendre la solitude de l’homme de foi. Il a exprimé sa ferveur, mais aussi son renoncement… Alors Abram se retrouve devant Dieu dans un songe. Il y reçoit la confirmation de la promesse, mais aussi une promesse de protection "Je suis ton bouclier".

15  1 Après cela, la parole de l'Éternel parvint à Abram dans une vision, disant : Abram, ne crains point ; moi, je suis ton bouclier et ta récompense sera très grande. 2 Abram dit : Seigneur Éternel, que me donneras-tu ? Je m'en vais sans enfants, et l'héritier de ma maison, c'est Éliézer de Damas. 3 Abram dit : Voici, tu ne m'as pas donné de postérité ; voici, c’est celui qui est né dans ma maison qui sera mon héritier. 4 Et la parole de l'Éternel lui parvint : Celui-ci ne sera pas ton héritier, mais bien celui qui sortira de tes entrailles. 5 Il le mena dehors et dit : Contemple les cieux, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Il lui dit : Ainsi sera ta descendance. 6 Et il crut l'Éternel ; et il lui compta cela à justice.

Nous voyons en Abram un homme de foi, mais aussi un homme qui réfléchit. Il peut se réjouir sincèrement, de l’affirmation "je suis ton bouclier et ta récompense sera très grande", il le fait sans qu’il y ait le moinde doute en lui, il l’a prouvé face à Melchisédec. Mais à ce mot de récompense, il est bien normal qu’il réagisse ! Il se souvient de la mention d’une descendance… "Je te ferai devenir une grande nation" (12:2). Et il n’a pas d’enfant !
 
Et nous lisons la foi pour ainsi dire inébrenlable d’Abram, une foi reconnue par ces mots : "Et il crut l'Éternel ; et il lui compta cela à justice". Une affirmation clé, plusieurs fois reprise par la suite (Romains 4:3, Galates 3:6, Jacques 2:23), nous montrant l’essence même de la vie pour un Israélite, à savoir la foi, la confiance dans le Dieu Très-haut. Ce récit est avant tout un enseignement, une parole transmise pour déterminer les principes de vie de tout Israélite, au-delà des pratiques rituelles de la Loi, le shabbat, les offrandes journalières et les fêtes solennelles, lesquelles sont des temps et occasions de mémoire, un support de la foi, et non un but en soi, car qu’apporte au Seigeur l’offrande d’un sacrifice si le cœur n’est pas engagé envers Lui ? (Esaïe 1:11, Jérémie 6:20, Osée 6:6…)
 
A ce stade de l’histoire, il marche seul avec Saraï et sa maison. Ceci étant, l’homme de foi, retenant la promesse qu’il a reçue, se pose la question de son accomplissement. L’Éternel répond. Vient cette parole : "Je t’ai fait sortir d’Ur des Chaldéens…" Quand Abram a-t-il entendu l’appel "Va pour toi ?" (12:1) ? Est-ce à Ur des Chaldéens, tout au sud, ou à Harran au nord de la Mésopotamie ? La question demeure, mais une chose est certaine : tandis qu’Abram était encore à Ur, l’Éternel avait le dessein de le mener en Canaan. En route avec son père et ses frères d’abord, suivi par Lot seulement ensuite.
 
L’Eternel donne à Abram un signe. Celui-ci est invité à présenter un sacrifice d’animaux, et, après lui avoir parlé, le Seigneur enverra le feu du ciel sur les bêtes offertes.

7 Il lui dit : Je suis l'Éternel, c’est moi qui t'ai fait quitter Ur des Chaldéens afin de te donner ce pays-ci en possession. 8 Abram répondit : Seigneur Éternel, à quoi connaîtrai-je que je le posséderai ? 9 1 Il lui dit : Prends une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et un jeune pigeon. 10 1 Il prit tous ces animaux, les partagea par le milieu, et mit les moitiés en face l’une de l'autre, mais il ne partagea pas les oiseaux. 11 Les oiseaux de proie s’abattirent sur les bêtes mortes, mais Abram les chassa.
 
12 Comme le soleil se couchait, un profond sommeil tomba sur Abram ; et voici, une frayeur, une grande obscurité, tomba sur lui. 13 L'Éternel dit à Abram : Sache certainement que ta descendance séjournera dans un pays qui n'est pas le leur ; ils seront asservis et opprimés pendant quatre cents ans. 14 Mais je jugerai, moi, la nation qui les aura asservis, et après cela ils sortiront avec de grands biens. 15 Toi, tu iras en paix vers tes pères, tu seras enterré après une bonne vieillesse. 16 A la quatrième génération ils reviendront ici, car l'iniquité des Amoréens n'est pas encore venue à son comble.
 
17 Quand le soleil fut couché, l’obscurité devint profonde ; alors, une fournaise fumante et un brandon de feu passèrent entre les pièces des animaux. 18 En ce jour-là, l'Éternel conclut une alliance avec Abram, disant : Je donne ce pays à ta descendance, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au grand fleuve, le fleuve Euphrate : 19 le pays des Kéniens, des Keniziens, des Kadmoniens, 20 des Héthiens, des Phéréziens, des Rephaïtes, 21 des Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Jébusiens.

Réaffirmation d’une descendance, proclamation de l’accomplissement, mais aussi annonce d’un accomplissement après plusieurs siècles… Mais aussi l’établissement de la descendance d’Abraham dans le pays de Canaan à la quatrième génération. Et le récit exprime que les douze fils de Jacob moururent en Egypte, mais il se trouva de leurs descendants directs dans la troupe conduite par Moïse. Le texte biblique nous éclaire quant à ces quatre cent ans ; il s’agit en fait du temps qui allait s’écouler entre le don de la promesse à Abraham (12:1) et la sortie d’Egypte, et donc le don de la Loi (Galates 3:17). Quatre siècles d’oppression ? Pas vraiment. Une faiblesse du texte au sens ou nous concevrions l’écriture de l’histoire, mais dans ces textes fondateurs de la foi, ce n’est pas l’histoire et les chronologies qui sont à l’esprit, mais les principes soutenant la foi… Les questions qui se posaient alors, et plus tard, pouvaient concerner l’esclavage en Egypte, le temps écoulé entre Abraham et l’établissement du peuple en Canaan…
 
Une espérance bien lointaine pour Abraham ? Certes, mais l’illlustration de la foi dans celui qui fut pour nombre de générations le modèle à suivre afin d’en être réellement un "enfant". Car ces pages du livre fondateur ne sont pas un livre d’histoire, fut-elle appelée "sainte", mais l’enseignement de la pensée de Dieu et l’exhortation à l’aimer et la suivre, à "garder sa parole" (1 Jean 2:5), e t se réjouir de l’espérance sans douter de son accomplissement, comme les croyants dont l’apôtre parlera des siècles plus tard en évoquant "tous ceux qui aiment son apparition" (2 Timothée 4:8).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
ACCEDER
AU SITE

 
 

19:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 12 à 17 | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.