02/01/2012

Esdras 9:1 La confession d'Esdras


 

REDRESSEMENT MORAL PARMI LES JUDEENS
ESDRAS 9:1-10:44

 
L’accueil de ces quelque deux mille familles arrivant de Babylone dût se faire dans la joie ; les célébrations au temple, les ressources apportées et la disposition si favorable du roi ne purent qu’engendrer que du bonheur. Mais le lendemain de fête sera bien autre, la vérité touchant l’état du peuple devra être communiquée à Esdras, et cela conduisit à une grande douleur.

Sans doute s’est-il passé quatre mois depuis l’arrivée d’Esdras (7:18), car à l’évidence les événements retracés ci-après ont lieu au neuvième mois de l’année (10:9).

La prière d’humiliation d’Esdras – Esd.9:1-4

Ne pas se mêler avec les populations du pays, demeurer séparé, ce n’était pas haïr l’étranger, ce n’était pas le rejeter a priori comme mauvais, mais garder sa propre vocation, marcher dans la piété devant Dieu. L’étranger n’était pas a priori exclu d’Israël : "L'étranger qui séjourne parmi vous sera pour vous comme l'Israélite de naissance, et tu l'aimeras comme toi-même" (Lévitique 19:34). Mais il ne convenait pas d’associer des éléments de nature différente, telle est aussi l’enseignement de la loi : "Tu ne te vêtiras pas d'une étoffe mélangée, de laine et de lin tissés ensemble" (Deutéronome 22:11). Autrement dit, les alliances par mariage étaient réprouvées, et ce ne sont pas les débordements de Salomon qui pourront contredire la loi, car n’est-il pas écrit de lui que "ses femmes détournèrent son cœur après d'autres dieux, et son cœur ne fut pas parfait avec l'Éternel, son Dieu, comme le cœur de David, son père" (1 Rois 11:4). Autre sera la magnifique histoire de Ruth, une Moabite, une étrangère, "venue s’abriter sous les ailes du Dieu d’Israël" (Ruth 2:12).
 
C’est une tentation récurrente pour ces Judéens (Néhémie 13:23), quelques dizaines de milliers de familles retournées au pays de leurs pères, au temps de Joshua et Zorobabel, mais étant comme en terre étrangère, soumis à une grande pression et placés devant une œuvre si importante que seule la foi peut assumer, une confiance absolue en Dieu. Le tableau présenté à Esdras lui fait ressentir une douleur extrême…

9  1 Lorsque cela fut terminé, les chefs s'approchèrent de moi pour me dire : Le peuple d'Israël, les prêtres et les lévites ne se sont pas séparés des peuples des pays et de leurs abominations, savoir celles des Cananéens, des Héthiens, des Phéréziens, des Jébusiens, des Ammonites, des Moabites, des Égyptiens et des Amoréens. 2 Ils ont pris de leurs filles pour eux et pour leurs fils, et ont mêlé la descendance sainte avec les peuples des pays ; les chefs et les magistrats ont été les premiers à commettre ce sacrilège.
 
3 Lorsque j'entendis cela, je déchirai mon manteau et ma robe, je m’arrachai les cheveux de la tête et les poils de la barbe et je m'assis atterré. 4 Auprès de moi s'assemblèrent tous ceux qui tremblaient aux paroles du Dieu d'Israël, à cause du sacrilège commis par les exilés ; quant à moi, je restai assis, atterré, jusqu'à l’heure de l'offrande du soir.

Esdras est atterré ! Il s’agit bien de la situation d’un homme face à un désastre auquel il ne pouvait s’attendre. Quelques fidèles "qui tremblaient aux paroles de Dieu" sont autour de lui et cela jusqu’au soir…


La confession de l’homme de Dieu – Esd.9:5-15

L’homme se lève alors, à l’heure de l’offrande du soir (Lévitique 6:13), car telle est la foi, au cœur de l’abattement le plus profond, l’homme de foi se tient debout, conscient de la puissance de Dieu, lorsqu’il sait que le combat qu’il aborde est celui du Seigneur. Il prononce en public une prière qui est un réel modèle, n’accablant pas les autres, mais les associant en esprit à lui-même pour parler vrai devant Dieu.
 
"Nos fautes""notre Dieu a fait briller nos yeux et nous a redonné un peu de vie"… Il faut nous arrêter sur les termes de la prière d’Esdras, lire la profondeur de sa tristesse, combien il est humilié… Et célébrant la bonté de Dieu dans ce modeste relèvement du service d’Israël par ces Judéens descendant des fidèles qui remontèrent de Babylone soixante-quinze ans plus tôt.

5 Puis, à l’heure de l'offrande du soir, je me levai de mon humiliation, mon manteau et ma robe déchirés ; je tombai à genoux et je tendis les mains vers l'Éternel, mon Dieu. 6 Je dis :

Mon Dieu, je suis confus et j'ai honte de lever la face vers toi, ô mon Dieu, car nos fautes se sont multipliées par-dessus nos têtes, et nos torts se sont élevés jusqu'aux cieux. 7 Dès les jours de nos pères jusqu'à ce jour, nous avons été grandement coupables, et c’est à cause de nos fautes que nous, nos rois et nos prêtres avons été livrés aux rois des nations, à l'épée, à la captivité, au pillage et à la honte ; voilà pourquoi il en est ainsi en ce jour.
 
8 Et cependant l'Éternel, notre Dieu, vient tout juste de nous faire grâce en nous laissant quelques rescapés et en nous faisant une place dans son lieu sacré ; ainsi notre Dieu a fait briller nos yeux et nous a redonné un peu de vie dans notre servitude, car nous sommes serviteurs. 9 Mais, dans notre servitude, notre Dieu ne nous a pas abandonnés à notre esclavage. Il nous a accordé la faveur des rois de Perse pour nous rendre la vie, afin que nous relevions la maison de notre Dieu et que nous redressions ses ruines pour nous donner des murs en Juda et à Jérusalem.
 
10 Maintenant, ô notre Dieu, que dirons-nous après cela ? Nous avons abandonné tes commandements, 11 ceux que tu nous as donnés par tes serviteurs les prophètes, disant : "Le pays dans lequel vous entrez pour en prendre possession est un pays souillé par les peuples des pays, par les abominations dont ils l'ont rempli d'un bout à l'autre ; 12 ne donnez donc pas vos filles à leurs fils, et ne prenez pas leurs filles pour vos fils ; ne cherchez pas leur paix ni leur bien-être ; ainsi vous serez forts, vous mangerez ce qu’il y a de meilleur dans le pays et vous le laisserez pour toujours en possession à vos fils."
 
13 Après tout ce qui nous est arrivé à cause de nos mauvaises actions et de notre grand péché, toi, notre Dieu, tu nous as moins punis que ne méritaient nos iniquités et tu nous as donné une délivrance comme celle-ci ! 14 Retournerions-nous à enfreindre tes commandements et à nous allier par mariage avec les peuples qui font ces abominations ? Ne serais-tu pas courroucé contre nous jusqu'à nous consumer, ne laissant ni reste ni rescapés ? 15 Éternel, Dieu d'Israël, tu es juste, car nous sommes un reste, des rescapés, ainsi qu’il en est aujourd'hui. Nous sommes ici devant toi dans notre culpabilité, et nous ne saurions subsister ainsi devant toi.

"Nous avons abandonné tes commandements", souligne Esdras, alors que "tu nous avais moins punis que ne méritaient nos iniquités." Et il se prosterne alors disant "Nous sommes devant toi… et nous ne saurions subsister ainsi devant toi." Il faut nous arrêter sur les termes de cette confession d’Esdras, en mesurer le poids, considérer les actions de Dieu depuis que se leva Cyrus-le-Grand et que fur promulgué l’édit de rebâtir le temple et reconstruire la ville. Quel était le nombre des Israélites dans le monde, et combien étaient-ils en Judée en ce temps-là ? Un petit reste, comme le dit l’homme de Dieu, et ce petit reste pouvait – nous devrions presque dire "aurait pu" – jouir des bienfaits de l’alliance !


 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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