02/01/2012

Esdras 4:17 Début de reconstruction de Jérusalem


 

DEBUT DE LA RECONSTRUCTION DE JERUSALEM
ESDRAS 4:17-24

 
Désirant manifestement souligner que l’activité des Judéens à Jérusalem ne s’essouffle pas, le rédacteur du livre a mentionné les lettres envoyées successivement aux chefs de l’empire après l’achèvement de la construction du temple. Le travail de reconstruction n’était en effet pas achevé avec le temple, la ville était à relever et en particulier les murailles.


Nouvelles lettres d’accusation - Esd.4:6-16

L’ordre de Darius, intimant aux gouverneurs de la région de faire parvenir aux Judéens une partie du tribut dû au roi, a manifestement freiné leur mouvement de contestation. Nous comprenons ainsi qu’ils attendirent l’avènement du successeur au trône pour reprendre des initiatives d’opposition aux Judéens.
 
Le long règne de Darius Ier (512-486) se passe, lorsque monte sur le trône Assuérus, alias Xerxès Ier (486-465), petit-fils de Cyrus le Grand par sa mère. Cela nous mène donc un demi-siècle après le retour de l’exil à Babylone, trente ans après l’inauguration du Second Temple. Dès son accession au trône, les habitants du pays d’Israël lui adressent une missive accusant les Judéens.

6 Sous le règne d'Assuérus (nom hébreu de Xerxès), au commencement de son règne, ils écrivirent une accusation contre les habitants de Juda et de Jérusalem.

De celle-ci, le contenu n’est pas connu, ni la réponse, s’il y en eût. Il semble que les opposants attendirent alors le règne du fils de Xerxès, Artaxerxés Ier (465-424), pour adresser une nouvelle plainte, vingt ans plus tard, soit soixante-dix ans après le retour d’exil. Comparant la lettre au roi Darius, nous voyons évidemment de nouveaux signataires, et ces personnages sont apparemment plus agressifs que le gouverneur d’alors, et la lettre, plus incisive, produit un écho bien moins noble que la réponse que fit Darius en son temps, un demi-siècle auparavant…

7 Et aux jours d'Artaxerxès, Bishlam, Mithredath, Tabeël et le reste de ses collègues, écrivirent à Artaxerxès, roi de Perse. La lettre était écrite en écriture syriaque, traduite en syriaque (araméen). 8 Rehum, chancelier, et Shimshaï, secrétaire, écrivirent une lettre contre Jérusalem au roi Artaxerxès, en ces termes :

9 Rehum, chancelier, et Shimshaï, secrétaire, et le reste de leurs collègues, les Dinites, les Apharsathkites, les Tarpelites, les Apharsites, les Arkévites, les Babyloniens, les Susankites, les Déhaviens, les Élamites, 10 et le reste des peuples que le grand et noble Osnappar transporta et fit habiter dans les villes de Samarie et dans le reste du pays de ce côté du fleuve, etc.

11 C'est ici la copie de la lettre qu'ils envoyèrent au roi Artaxerxès :

Tes serviteurs, les hommes de ce côté du fleuve, etc. 12 Que le roi sache que les Judéens, qui sont montés de chez toi et qui sont arrivés parmi nous à Jérusalem, bâtissent la ville rebelle et méchante, en réparent les murailles et en restaurent les fondations. 13 Que le roi sache donc que si cette ville est rebâtie et que ses murailles s'achèvent, ils ne payeront ni tribut, ni impôt, ni péage, et, plus tard, cela portera préjudice aux rois. 14 Or comme nous mangeons le sel du palais et qu'il ne nous paraît pas convenable de voir mépriser le roi, nous envoyons au roi ces informations 15 pour que l’on fasse des recherches dans le livre des annales de tes pères. Tu trouveras dans le livre des annales et tu sauras que cette ville est une ville rebelle, qu'elle a porté préjudice aux rois et aux provinces, et qu’on s’y est livré à des séditions dès les temps anciens. Voilà pourquoi cette ville a été détruite. 16 Nous faisons savoir au roi que si cette ville est rebâtie et si ses murailles sont restaurées, par cela même tu n'auras plus de possession de ce côté du fleuve.

Nous le voyons, il ne s’agit plus ici d’une information, même motivée par des intentions douteuses. Le témoignage des Judéens dans la lettre à Darius montrait leur état d’esprit (Esdras 5:11-16), et rien ne nous permet de penser que le projet de reconstruction de la muraille de la ville soit soutenu par quelque idée de rébellion. Et pourtant c’est ce que suggèrent les opposants, visant ainsi à obtenir l’appui des autorités pour nuire à ces Judéens fidèles. Un procédé bien commun en tout temps et sous toutes les latitudes…


Arrêt des travaux de reconstruction – Esd.4:17-23

Les insinuations méchantes de la lettre n’ont pas manqué de toucher ce roi ambitieux mais manquant de sagesse. Il est jeune encore et doit affermir son trône, aussi saisit-il positivement cette lette flatteuse. Il ne s’informe pas vraiment et tombe dans le piège. La réponse qu’il fit rencontre le désir profond des signataires de l’accusation.

17 Le roi envoya cette réponse :

A Rehum, chancelier, et à Shimshaï, secrétaire, et au reste de leurs collègues qui habitent à Samarie et dans le reste du pays de l'autre côté du fleuve, paix, etc… 18 La lettre que vous nous avez envoyée a été lue exactement devant moi. 19 J’ai donnée ordre de faire des recherches ; on a trouvé que, dès les jours anciens, cette ville s'est soulevée contre les rois, et qu'on s’y est livré à des séditions et des révoltes. 20 Il y a eu à Jérusalem des rois puissants qui ont dominé sur tout le pays de l'autre côté du fleuve et auxquels on payait tribut, impôt et taxes. 21 18 En conséquence, ordonnez de faire cessez ces travaux, et que cette ville ne soit pas rebâtie sans que j’en aie donné l’autorisation. 22 Gardez-vous de toute négligence dans cette affaire, car pourquoi le dommage augmenterait-il au préjudice des rois ?

23 Aussitôt que la copie de la lettre du roi Artaxerxès eut été lue devant Rehum et Shimshaï, le secrétaire, et leurs collègues, ils allèrent en hâte à Jérusalem auprès des Judéens pour faire interromptre les travaux par force et par puissance.

Il n’y a rien de vraiment faux dans les documents présentés au roi Artaxerxés pour construire son opinion et déterminer sa position. Il y eût des révoltes et séditions, pensons aux derniers rois de Juda, notamment Joïaqim et Sédécias, l’un et l’autre bien prompts à réunir les rois des états voisins en vue de s’unir contre le pouvoir de Babylone, escomptant pour cela l’appui de l’Egypte. Souvenons-nous des avertissements de Jérémie lorsqu’une telle conférence eût lieu à Jérusalem, lorsque le prophète fit envoyer aux ambassadeurs des jougs en vue d’illustrer son injonction à accepter la suzeraineté de Babylone (Jérémie 27:1-3).
 
Oublié, le décret de Cyrus le Grand, le roi n’a pas fait examiner les archives du royaume à Ecbatane… Et les ennemis ont ainsi reçu mission de veiller à ce que la soi-disant révolte en vue soit jugulée avant qu’elle ne paraisse. Ils s’empressèrent donc de faire interrompre les travaux…
 
Par la suite, la pensée d’Artaxerxés va se modifier. Est-ce la fréquentation de Judéens à Babylone tels Esdras et Néhémie qui va apporter ces heureux résultats ?
 
Mais un autre regard doit être porté sur la situation, non une supputation politique, mais une analyse spirituelle. Avant que ne puisse être reprise l’œuvre de réhabilitation des murailles de la ville, Esdras aura à batailler en vue d’un redressement moral parmi les Judéens. Il faut comprendre : chaque fois que le travail s’arrête, que le peuple s’assied pour s’occuper de ses propres affaires, le déclin moral s’installe, car il n’y a plus de vision, il n’y a plus de projet… Ou, n’est-ce pas plutôt l’absence de vision, de projet qui produit les mains lâches et donne occasion à l’interdiction de poursuivre ?
 
Sont-ce là des réalités seulement vécues au cours de ce siècle de reconstruction commenté par les livres d’Esdras et Néhémie ? Cela demande à être médité !


 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
ACCEDER
AU SITE

 
 

Les commentaires sont fermés.