02/01/2012

Esdras 4:1 Opposition des habitants du pays


 

Opposition des habitants du pays – Esd.4:1-5,24

Très vite une réaction vient des habitants du pays, ces populations déportées de diverses contrées dès le temps de Tiglath-Piléser III (745-727), roi d’Assyrie fondateur de l’empire, de Salmanasar V (727-722) et de Sargon II (722-705). Le royaume d’Israël, les dix tribus du nord, dont la capitale était Samarie, fut asservi en son temps à l’Assyrie. De rébellion en rébellion de Samarie, la colère de l’Assyrien conduit à la destruction de la capitale et la déportation des habitants au-delà de l’Assyrie, dans la contrée des Mèdes (2 Rois 15:29, 18:11). La région de Samarie fut alors occupée par d’autres populations, à commencer par des gens venant du nord de l’Assyrie, c’était alors la fin du huitième siècle. Ces populations ne tardèrent pas "à craindre l’Éternel tandis qu’ils servaient leurs dieux" (2 Rois 17:24-33), pénétrés de cette idée que chaque région avait ses dieux, et qu’il convenait de les honorer.
 
Le trouble produit par la venue de cette colonie de Judéens, modeste et entreprenante, conduit à des réactions de la population. Leurs chefs abordent alors les bâtisseurs à Jérusalem en se revendiquant de l’Éternel et en faisant référence au règne d’Assarhaddon, roi d’Assyrie (680-669).

4  1 Les adversaires de Juda et de Benjamin apprirent que ceux de l’exil bâtissaient le temple de l'Éternel, le Dieu d'Israël. 2 Ils s'approchèrent de Zorobabel et des chefs de familles et leur dirent : Nous bâtirons avec vous, car, comme vous, nous recherchons votre Dieu, et nous lui offrons des sacrifices depuis les jours d'Asarhaddon, roi d'Assyrie, qui nous a fait monter ici. 3 Mais Zorobabel, Jéshua et les autres chefs de famille leur répondirent : Ce n’est pas votre affaire de bâtir avec nous une maison à notre Dieu ; nous seuls bâtirons pour l'Éternel, le Dieu d'Israël, ainsi que nous l'a commandé le roi Cyrus, roi de Perse. 4 Alors le peuple du pays se mit à décourager le peuple de Juda et à l’intimider pour l’empêcher de bâtir ; 5 ils soudoyèrent contre eux des conseillers pour faire échouer leur projet, pendant tous les jours de Cyrus, roi de Perse, et jusqu'au règne de Darius, roi de Perse.

Ici se trouve une parenthèse, les versets 6 à 23, dans laquelle le rédacteur du livre rend compte d’une autre marque d’opposition des habitants du pays, un demi siècle plus tard ; celle-ci a lieu non lors de la construction de la Maison de Dieu à Jérusalem, mais au début de la reconstruction de la muraille de la ville, et cela au temps d’Assuérus, mieux connu sous le nom de Xerxès Ier (486-465), successeur de Darius Ier (521-486). Cette insertion non chronologique résulte manifestement de l’intention de regrouper les manifestations de contestations qui se manifestaient encore après la construction du Second Temple, et l’appui répété des rois de Perse ; voyons l’attitude du roi Artaxerxès relevée ci-après (Esdras 6:14), un demi-siècle après l’achèvement du Temple.

24 Dès lors l’ouvrage de la maison de Dieu à Jérusalem fut interrompu. Il fut interrompu jusqu'à la deuxième année du règne de Darius, roi de Perse.

Le travail était à peine commencé lorsque le découragement survint ; comme nous le lisons, Cyrus (536-529) régnait encore… Les Judéens, arrivés en 535, ayant célébré leur établissement en terre d’Israël avec joie autour de l’autel à l’Éternel restauré, se sont mis rapidement au travail de reconstruction, mais il ne dût y avoir que quelques mois de travail effectif, peut-être une année ou deux, et l’entreprise s’est arrêtée. Gardons-nous de donner une appréciation négative, mais tirons-en l’enseignement. La joie des commencements et la force développée pour entreprendre étaient bien réelles, mais pouvaient-ils s’attendre à une telle opposition, sourde d’abord et violente ensuite, ayant entre leurs mains l’édit si favorable de Cyrus ?
 
Mais, par ailleurs, pourquoi n’avoir pas accepté la proposition des habitants du pays, alors que ces personnes se réclamaient de Dieu ? Racisme ? Sectarisme ? Nombreux sont sans doute ceux qui seraient tentés de le penser. Mais voyons ce réveil religieux des Judéens remontés de Babylone : avec leurs faibles moyens, ils étaient retournés à la foi de leurs pères, à la pratique de la Loi. Et celle-ci prescrivait de se tenir séparés dans le culte rendu à Dieu, ce qui n’était pas rejet de l’étranger, mais fidélité à l’alliance, au choix de Dieu qui fit du peuple d’Israël son serviteur.
 
Cela veut-il dire que les étrangers seraient exclus a priori ? Nous pouvons lire : "Et les fils de l'étranger qui s'attachent à l'Éternel pour le servir et pour aimer le nom de l'Éternel, pour être ses serviteurs, - quiconque observe le sabbat pour ne pas le profaner, et ceux qui tiennent ferme mon alliance, je les ferai venir à ma montagne sainte, et je les rendrai joyeux dans ma maison de prière : leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples." (Ésaïe 56:6-7). Mais la pensée des habitants du pays n’était pas celle-là… Leur proposition n’était pas ni un engagement de foi ni un geste vraiment amical ; et leurs intentions furent manifestes lorsque, sur le refus, ils entreprennent de "faire échouer le projet."
 
La vie est difficile ! Se réjouir dans un œuvre de foi produit en ce monde l’incompréhension et l’opposition. Le travail eût été une œuvre profane, un accord eût pu se trouver, mais le fait de vivre en marge de la société civile produit des frictions, voire un contexte d’opposition qui peut mener à la haine, comme il se produit tous les jours en ce monde. Hélas, ici, les pressions faillirent réussirent, et des hommes de foi tels Joshua et Zorobabel eux-mêmes paraissent avoir baissé les bras. Mais le Seigneur veille…


Opposition des habitants du pays – Esd.4:1-5,24

Très vite une réaction vient des habitants du pays, ces populations déportées de diverses contrées dès le temps de Tiglath-Piléser III (745-727), roi d’Assyrie fondateur de l’empire, de Salmanasar V (727-722) et de Sargon II (722-705). Le royaume d’Israël, les dix tribus du nord, dont la capitale était Samarie, fut asservi en son temps à l’Assyrie. De rébellion en rébellion de Samarie, la colère de l’Assyrien conduit à la destruction de la capitale et la déportation des habitants au-delà de l’Assyrie, dans la contrée des Mèdes (2 Rois 15:29, 18:11). La région de Samarie fut alors occupée par d’autres populations, à commencer par des gens venant du nord de l’Assyrie, c’était alors la fin du huitième siècle. Ces populations ne tardèrent pas "à craindre l’Éternel tandis qu’ils servaient leurs dieux" (2 Rois 17:24-33), pénétrés de cette idée que chaque région avait ses dieux, et qu’il convenait de les honorer.
 
Le trouble produit par la venue de cette colonie de Judéens, modeste et entreprenante, conduit à des réactions de la population. Leurs chefs abordent alors les bâtisseurs à Jérusalem en se revendiquant de l’Éternel et en faisant référence au règne d’Assarhaddon, roi d’Assyrie (680-669).

4  1 Les adversaires de Juda et de Benjamin apprirent que ceux de l’exil bâtissaient le temple de l'Éternel, le Dieu d'Israël. 2 Ils s'approchèrent de Zorobabel et des chefs de familles et leur dirent : Nous bâtirons avec vous, car, comme vous, nous recherchons votre Dieu, et nous lui offrons des sacrifices depuis les jours d'Asarhaddon, roi d'Assyrie, qui nous a fait monter ici. 3 Mais Zorobabel, Jéshua et les autres chefs de famille leur répondirent : Ce n’est pas votre affaire de bâtir avec nous une maison à notre Dieu ; nous seuls bâtirons pour l'Éternel, le Dieu d'Israël, ainsi que nous l'a commandé le roi Cyrus, roi de Perse. 4 Alors le peuple du pays se mit à décourager le peuple de Juda et à l’intimider pour l’empêcher de bâtir ; 5 ils soudoyèrent contre eux des conseillers pour faire échouer leur projet, pendant tous les jours de Cyrus, roi de Perse, et jusqu'au règne de Darius, roi de Perse.

Ici se trouve une parenthèse, les versets 6 à 23, dans laquelle le rédacteur du livre rend compte d’une autre marque d’opposition des habitants du pays, un demi siècle plus tard ; celle-ci a lieu non lors de la construction de la Maison de Dieu à Jérusalem, mais au début de la reconstruction de la muraille de la ville, et cela au temps d’Assuérus, mieux connu sous le nom de Xerxès Ier (486-465), successeur de Darius Ier (521-486). Cette insertion non chronologique résulte manifestement de l’intention de regrouper les manifestations de contestations qui se manifestaient encore après la construction du Second Temple, et l’appui répété des rois de Perse ; voyons l’attitude du roi Artaxerxès relevée ci-après (Esdras 6:14), un demi-siècle après l’achèvement du Temple.

24 Dès lors l’ouvrage de la maison de Dieu à Jérusalem fut interrompu. Il fut interrompu jusqu'à la deuxième année du règne de Darius, roi de Perse.

Le travail était à peine commencé lorsque le découragement survint ; comme nous le lisons, Cyrus (536-529) régnait encore… Les Judéens, arrivés en 535, ayant célébré leur établissement en terre d’Israël avec joie autour de l’autel à l’Éternel restauré, se sont mis rapidement au travail de reconstruction, mais il ne dût y avoir que quelques mois de travail effectif, peut-être une année ou deux, et l’entreprise s’est arrêtée. Gardons-nous de donner une appréciation négative, mais tirons-en l’enseignement. La joie des commencements et la force développée pour entreprendre étaient bien réelles, mais pouvaient-ils s’attendre à une telle opposition, sourde d’abord et violente ensuite, ayant entre leurs mains l’édit si favorable de Cyrus ?
 
Mais, par ailleurs, pourquoi n’avoir pas accepté la proposition des habitants du pays, alors que ces personnes se réclamaient de Dieu ? Racisme ? Sectarisme ? Nombreux sont sans doute ceux qui seraient tentés de le penser. Mais voyons ce réveil religieux des Judéens remontés de Babylone : avec leurs faibles moyens, ils étaient retournés à la foi de leurs pères, à la pratique de la Loi. Et celle-ci prescrivait de se tenir séparés dans le culte rendu à Dieu, ce qui n’était pas rejet de l’étranger, mais fidélité à l’alliance, au choix de Dieu qui fit du peuple d’Israël son serviteur.
 
Cela veut-il dire que les étrangers seraient exclus a priori ? Nous pouvons lire : "Et les fils de l'étranger qui s'attachent à l'Éternel pour le servir et pour aimer le nom de l'Éternel, pour être ses serviteurs, - quiconque observe le sabbat pour ne pas le profaner, et ceux qui tiennent ferme mon alliance, je les ferai venir à ma montagne sainte, et je les rendrai joyeux dans ma maison de prière : leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples." (Ésaïe 56:6-7). Mais la pensée des habitants du pays n’était pas celle-là… Leur proposition n’était pas ni un engagement de foi ni un geste vraiment amical ; et leurs intentions furent manifestes lorsque, sur le refus, ils entreprennent de "faire échouer le projet."
 
La vie est difficile ! Se réjouir dans un œuvre de foi produit en ce monde l’incompréhension et l’opposition. Le travail eût été une œuvre profane, un accord eût pu se trouver, mais le fait de vivre en marge de la société civile produit des frictions, voire un contexte d’opposition qui peut mener à la haine, comme il se produit tous les jours en ce monde. Hélas, ici, les pressions faillirent réussirent, et des hommes de foi tels Joshua et Zorobabel eux-mêmes paraissent avoir baissé les bras. Mais le Seigneur veille…


 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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