02/01/2012

Esdras 1:1 Montée à Jérusalem après l'exil


 

RETOUR D'EXIL
Esdras 1 à 6

 
La puissance babylonienne était à sa fin, des fidèles parmi les Judéens pressentaient que "quelque chose" devait se passer. Plusieurs étaient interpellés par cette parole du prophète Jérémie, qu’il prononça plus d’un demi-siècle plus tôt, touchant les soixante-dix années de puissance du royaume de Nabuchodonosor et le retour annoncé de l’exil : "Dès que soixante-dix ans seront écoulés pour Babylone, j'interviendrai pour vous et je réaliserai à votre égard ma bonne parole en vous ramenant en ce lieu. Je connais, moi, les plans que je prépare à votre intention – déclaration du Seigneur – non pas des plans de malheur, mais des plans de paix, afin de vous donner un avenir et un espoir." (Jérémie 29:10-11). En effet, la puissance de Babylone s’était manifestée par l’abaissement de l’Assyrie, dès les années et la victoire babylonienne à Karkemish sur le Pharaon, venu porter secours au dernier roi d’Assyrie en l’an 605 ; c’était près de soixante-dix ans auparavant…
 
Certes, après plus d’un demi-siècle d’exil, les familles judéennes s’étaient établies en Babylonie et plusieurs y avaient même fondé des commerces. Ils n’avaient pas eu tort de prendre la parole de Jérémie au pied de la lettre, cette parole leur enjoignant à accepter leur situation d’exilés : "Bâtissez des maisons et habitez-y ; plantez des jardins et mangez-en les fruits ; prenez des femmes et engendrez des fils et des filles, et prenez des femmes pour vos fils, et donnez vos filles à des maris, et qu'elles enfantent des fils et des filles ; et multipliez-vous là et ne diminuez pas." (Jérémie 29:5-6). Mais plusieurs avaient oublié la suite du discours, cette parole citée plus haut touchant le retour à Jérusalem…
 
Ce n’étaient que les plus âgés qui avaient connu Jérusalem, et seulement dans leurs plus jeunes années ; mais il se trouvait parmi eux des fidèles qui ont conservé le souvenir des temps passés, de la grandeur de quelques uns de leurs rois, et surtout de la joie vécue au cours des rassemblements, en particulier ces journées de la Pâque et des Pains sans levain, comme aussi la fête des Tentes, Succot, durant laquelle ils habitaient hors de leurs maisons pour se souvenir des bienfaits de Dieu. Dans ces cabanes, à la fin des moissons, ils pouvaient contempler les champs qui avaient produit ce qui garnissait leurs greniers. Souvenir aussi des jours de shabbat, lesquels étaient chômés en terre d’Israël, jours de repos et de paix pour quiconque voulait bien le considérer… Le souvenir embellit souvent un passé perdu, mais le sérieux devant Dieu reconnaît les multiples appels des prophètes, alors que le peuple était occupé à ses propres affaires et négligeait la Loi donnée par l’Éternel.
 
Voici qu’un homme s’était levé, menant la puissante armée des Mèdes et des Perses. Il conquiert un empire, étant accueilli comme libérateur en toute province où il établissait le pouvoir de Mèdes… Cyrus le Grand, homme de principe, adorateur de Dieu, fidèle à l’enseignement de Zarathoustra, mûrissait des principes humanitaires remarquables… Des prophètes parmi les Judéens ne se sont pas trompés, lorsqu’ils ont compris que cet homme était "l’oint de l’Eternel" (Ésaïe 44:28, 45:1) qui permettrait aux Judéens de retrouver leur pays, et ils ont explicitement cité son nom.
 
Un appel pressant est alors proclamé parmi les exilés : "Sortez de Babylone" (Ésaïe 48:20) ! En effet, loin de Jérusalem, ils sont dans un désert moral, et plusieurs sont disposés à écouter la voix de celui qui crie : "Dans le désert, préparez le chemin de l'Éternel, aplanissez dans le lieu stérile une route pour notre Dieu." (Ésaïe 40:3). Mais tous les Judéens ne sont pas disposés, nous pouvons bien le réaliser ; plusieurs sont bien établis dans cette terre étrangère, nombreux sont ceux qui y sont nés et n’ont jamais connu le "pays d’Israël", ses coutumes ancrées dans la fidélité à la Loi de Moïse, la joie des fêtes où l’on se retrouvait à Jérusalem… Mais le désert moral de Babylone est bien une réalité, alors une voix s’élève pour appeler les indécis, les exhorter, les secouer…
 
"Ho, quiconque a soif, venez aux eaux ! Et vous qui n'avez pas d'argent, venez, achetez et mangez ; oui, venez, achetez sans argent et sans prix du vin et du lait. Pourquoi dépensez-vous l'argent pour ce qui n'est pas du pain, et votre labeur pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi attentivement, et mangez ce qui est bon ; et que votre âme jouisse à plaisir des choses grasses. Inclinez votre oreille et venez à moi ; écoutez, et votre âme vivra : et je ferai avec vous une alliance éternelle, les grâces assurées de David." (Ésaïe 55:1-3)


 

 
MONTEE A JERUSALEM
ESDRAS 1:1-3:7

 
Après le décès de Darius le Mède qui régna deux ans sur Babylone, dès la conquête de la ville, Cyrus accéda au trône des Mèdes et des Perses, et proclama l’édit des "Droits de l’Homme" qui reconnaissait à tous le droit de pratiquer la religion de son choix, et autorisait chacun des exilés, de quelque nation qu’il soit, à retourner en son propre pays. L’édit particulier touchant les Judéens nous apporte un fait supplémentaire : Cyrus reconnaît Dieu, l’Unique. En effet, n’est-il pas empreint de la croyance des Mèdes nourrie de l’enseignement de Zarathoustra ! Celui-ci prêchait Dieu, unique créateur qui appelait les hommes à pratiquer ce qui est bien ; il nommait l’Unique du nom de Ahura Mazda, ou, sous sa forme contractée, Ormuzd.

Que le roi Cyrus ait conscience de Dieu, l’Unique, sans être attaché à la Loi, est manifestement une réalité envisageable pour un Israélite ; et le prophète qui cita son nom, affirmant de la part du Seigneur Dieu qu’il était "son berger" (Ésaïe 44:28) confirme cette pensée. Rappelons-nous que le peuple d’Israël est "mis à part" non pour être le peuple destiné à croire en l’Éternel, mais afin d’être dépositaire des Oracles de Dieu (Romains 3:2) : ainsi, la nation d’Israël était établie "serviteur de Dieu", ce que le prophète exhortant à quitter Babylone n’a pas manqué de souligner avec force : "Et toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j'ai choisi, semence d'Abraham mon ami, toi que j'ai pris des bouts de la terre et appelé de ses extrémités, et à qui j'ai dit : Tu es mon serviteur, je t'ai choisi et je ne t'ai pas rejeté..." (Ésaïe 41:8-9). Quant aux autres hommes, ils sont appelés redevables à Dieu de pratiquer la justice et rechercher la bonté en honorant le Créateur, selon les paroles que nous trouvons dans le Livre de la Genèse, dans les prescrits donnés à Noé, ce que les Juifs appellent les "Lois nohaides", confirmées d’ailleurs par les apôtres lors de la grande réunion de Jérusalem, au cours de laquelle la question de la Loi de Moïse a été débattue (Actes 15:20,29).


L’édit de Cyrus - Esd.1:1-11

Cyrus engage fermement les Judéens à s’en aller bâtir la maison de l’Éternel ; et même, il parla des ustensiles du temple profanés deux années plus tôt par Belshatsar, régnant alors sur Babylone au nom du roi Nabonide (Daniel 5:3-4). Ces ustensiles, pris par Nabuchodonosor lors de la destruction du temple devaient être remis aux responsables d’entre les Judéens, afin d’être employés à nouveau dans le temple de Jérusalem. Ainsi, la parole de Jérémie s’accomplissait : "Car ainsi dit l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël, touchant les ustensiles qui restent dans la maison de l'Éternel, et dans la maison du roi de Juda, et à Jérusalem : Ils seront emportés à Babylone, et ils seront là jusqu'au jour où je m'en occuperai, dit l'Éternel, et où je les ferai remonter et revenir dans ce lieu." (Jérémie 27:21-22).
 
A cette parole de Cyrus, il y eût un véritable écho, un engagement de nombre de familles, un réel enthousiasme…

1  1 Et la première année de Cyrus, roi de Perse, afin que fût accomplie la parole de l'Éternel dite par la bouche de Jérémie, l'Éternel réveilla l'esprit de Cyrus, roi de Perse. Il fit une proclamation dans tout son royaume, et la publia aussi par écrit : 2 Ainsi dit Cyrus, roi de Perse : L'Éternel, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, en Juda. 3 Quiconque d'entre vous appartient à son peuple, que son Dieu soit avec lui ! Qu'il monte à Jérusalem, qui est en Juda, et qu'il bâtisse la maison de l'Éternel, le Dieu d'Israël – lui est Dieu - à Jérusalem. 4 A tous ceux qui restent, quelque soit le lieu où ils séjournent en immigrés, que les gens du lieu leur fournissent de l'argent, de l'or, des biens et du bétail, avec des offrandes volontaires pour la maison de Dieu qui est à Jérusalem.
 
5 Alors les chefs de famille de Juda et de Benjamin, les prêtres et les lévites, tous ceux dont Dieu éveilla l'esprit, montèrent pour bâtir la maison de l'Éternel qui est à Jérusalem. 6 Tous ceux qui les entouraient leur apportèrent de l’aide sous forme d’objets d'argent et d'or, de biens, de bêtes et de riches présents, outre toutes les offrandes volontaires. 7 Le roi Cyrus rendit les objets de la maison de l'Éternel, que Nabuchodonosor avait fait sortir de Jérusalem et placés dans la maison de son dieu. 8 Cyrus, roi de Perse, les fit sortir par Mitredath, le trésorier, qui en fit le compte pour Sheshbatsar, le prince de Juda. 9 En voici le nombre : trente plats d'or, mille plats d'argent, vingt-neuf couteaux, 10 trente coupes d'or, quatre cent dix coupes d'argent de second ordre et mille autres objets. 11 Tous les objets d'or et d'argent étaient au nombre de cinq mille quatre cents. Sheshbatsar fit monter le tout en même temps que montaient les exilés de Babylone à Jérusalem.

Sheshbatsar est le nom chaldéen de Zorobabel, fils de Shealthiel, descendant du roi Joïaqîn. Ce nom chaldéen, utilisé ici, disparaitra ensuite, car lors de l’œuvre à Jérusalem, c’est sous son nom hébreu de Zorobabel, autrement dit "Né à Babylone", que l’homme va être appelé. Le nom de Sheshbatsar ne réapparaît que dans la lettre écrite par les notables du pays, accusant les Judéens de vouloir se soulever contre le roi Darius Ier (5:14,16).

Nous le lisons ici, tous ne montèrent pas à Jérusalem, mais beaucoup, demeurant en Babylonie, vont apporter des dons afin d’aider à cette œuvre de reconstruction. L’élan paraît toucher toute la communauté, même si nous savons que nombre de famille demeureront sur la terre de l’exil. Soulignons qu’il n’y a pas d’esprit de jugement dans ces pages, chacun semblant considérer que le choix de tout quitter pour monter à Jérusalem est personnel et ne justifie nulle contrainte. Les dons sont ainsi acceptés, et, nous pouvons en être convaincus, des relations seront entretenues entre les communautés de la diaspora et le centre reconstruit dans la ville "à laquelle l’Éternel a attaché son nom" (1 Rois 8:44, Ézéchiel 48:35).
 
Nous pouvons penser à l’effervescence à Babylone et dans la province, tandis que nombre de familles se préparaient à se rendre dans la terre dévastée de leurs pères. Quelques-uns parmi les plus âgés avaient le souvenir du temple et de la ville, étant toutefois fort jeunes au moment de leur déportation, mais la plupart n’en savaient que ce qu’il leur en avait été dit. Et ils allaient redresser l’autel de l’Éternel et le Temple, y porter les objets sacrés emportés par Nabuchodonosor.


 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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