06/12/2009

Jér.16:1 Enseigné de Dieu


 

LE PROPHETE, ENSEIGNE PAR DIEU
Jérémie 16 et 17

Les chapitres 16 et 17 ne sont pas datés ; cependant nous pouvons considérer que la parole touchant le célibat, aux premières lignes du passage (16:1), ne peut être adressée qu’à un homme jeune encore. Ainsi nous la situons au début du service de Jérémie. La substance du texte montre en outre qu’il est antérieur à la première conquête de Nabuchodonosor II.

Un signe pour Juda - 16:1-9

Jérémie s’adresse au peuple avec force, avec courage ; il est prophète pour annoncer la ruine inéluctable du royaume, la désolation de Jérusalem ! Mais Dieu lui demande plus encore ! Jérémie doit être lui-même un signe pour ce peuple qui ne veut pas croire à son terrible avenir ; appelé à une marche solitaire, il n’aura pas d'épouse, il n'aura pas d'enfants ! Pourquoi ? Parce qu’un jour, lisons-nous plus loin, il n’y aura plus à Jérusalem et en Judée ni mariage, ni naissance.
Matthieu 19:12 : "[Il y a des eunuques] qui se sont rendus eux-mêmes eunuques à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne !"

La parole du Seigneur me parvint : Tu ne prendras pas de femme, tu n'auras en ce lieu ni fils ni filles. Car voici ce que dit le Seigneur contre les fils et les filles qui naîtront en ce lieu, contre leurs mères, qui les auront mis au monde, et contre leurs pères, qui les auront engendrés dans ce pays : Ils mourront de maladie ; on ne se lamentera pas sur eux, on ne les ensevelira pas; ils deviendront du fumier sur la terre. Ils seront exterminés par l'épée et par la famine, et leurs cadavres seront la pâture des oiseaux du ciel et des bêtes de la terre. Car ainsi parle le Seigneur : N'entre pas dans une maison de rite funéraire, ne va pas te lamenter, ne les plains pas: j'ai retiré à ce peuple ma paix, – déclaration du Seigneur – ma fidélité et ma compassion. (16:1-5)

Quelle force ne se dégagera-t-il pas de ces signes accompagnant les avertissements proclamés ! S’il se limitait à parler sans manifester de cohérence entre sa vie personnelle et ses paroles, s’il n’agissait pas de telle manière qu’on se souvienne de ses actes, de son propre comportement, sa parole aurait-elle autant de poids ? Ainsi sa vie même est "signe" de ses paroles, afin que celles-ci soient entendues… Quoique peu d’auditeurs en tiennent compte, au moins un jour ils sauront qu’un prophète a parlé…

 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.16:10 Les "Pourquoi" du peuple


 

Les "Pourquoi"’ du peuple - 16:10-13

Lorsque tu annonceras tout cela à ce peuple, et qu'ils te diront : Pourquoi le Seigneur a-t-il décrété contre nous tout ce grand malheur ? Quelle est notre faute ? Quel est le péché que nous avons commis contre le Seigneur, notre Dieu ? (16:10)

Le peuple demandera raison de ce jugement annoncé ! Mais, n’en connaît-il pas les causes ? A-t-il oublié les errements des générations précédentes, sous Manassé notamment ? Peut-être est-ce ce temps de renouveau inauguré par Josias qui donne illusion et fait paraître incongru le message du prophète ? Mais, se souviennent-ils du Seigneur ? Sont-ils conscients de la sainteté de Dieu ? Réponse :

Alors tu leur répondras : C'est que vos pères m'ont abandonné – déclaration du Seigneur (YHWH). Ils ont suivi d'autres dieux, ils les ont servis et se sont prosternés devant eux ; mais moi, ils m'ont abandonné, et ils n'ont pas observé ma loi. Et vous, vous avez fait encore plus de mal que vos pères ; chacun de vous suit l'obstination de son cœur mauvais, sans m'écouter. Je vous jetterai de ce pays dans un pays que vous n'avez pas connu, ni vous, ni vos pères ; là, vous servirez d'autres dieux jour et nuit, car je ne vous accorderai plus de rémission. (16:11-13)

Cette propension à juger Dieu, à mettre en doute sa justice est bien commune jusqu'en nos jours ! Nous lisons sous la plume du prophète Malachie, bien après le retour de Babylone, que les descendants de ces courageux qui revinrent de l’exil s’élevèrent pour dire à Dieu : "En quoi nous as-tu aimés ? En quoi avons-nous méprisé ton nom ? En quoi t'avons-nous profané ? Qu’avons-nous dit contre toi ?" (Malachie 1:2,6,7 ;3:13) … pour ne citer que quelques unes de ces paroles. De tous temps des hommes se sont élevés contre leur Créateur.
Romains 9:19-20 : "Alors, diras-tu, comment peut-il encore faire des reproches  ? En effet, qui peut s'opposer à sa décision ? Mais toi, humain, qui es-tu donc pour discuter avec Dieu ? L'objet façonné dira-t-il à celui qui l'a façonné : Pourquoi m'as-tu fait ainsi ?"
Cet esprit de contestation est bien illustré dans les premières pages de la Bible : Dieu à dit : "Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez ! Alors le serpent dit… Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !" (Genèse 3:3-4)
 
Toutefois, des hommes seront touchés par la parole du prophète. Citons Baruch qui assistera Jérémie, Ahiqam, fils de Shaphân le scribe, Ébed-Mélec, l'Éthiopien qui sortit le prophète de la fosse de la prison… Mais le peuple dans son ensemble ne voudra pas écouter ! Chacun marche suivant ses propres penchants. Il n’y a plus de remède. Comment reviendront-ils à leur Dieu pour que viennent les temps de paix annoncés ? Ne reste alors qu'une vie de déporté pour que leur revienne le souvenir des privilèges perdus. Aussi la désolation à venir sera sans cesse confirmée, mais aussi un retour ! Déraciner, oui, mais pour bâtir et planter, comme il a été dit en Deutéronome : "Alors le Seigneur, ton Dieu, rétablira ta situation ; il aura compassion de toi, il te rassemblera encore d’entre tous les peuples où le Seigneur, ton Dieu, t’aura dispersé." (Deutéronome 30:3) C’est le discours même du prophète :

C'est pourquoi les jours viennent – déclaration du Seigneur – où on ne dira plus : "Par la vie du Seigneur, qui a fait monter d'Égypte les Israélites !" mais : "Par la vie du Seigneur, qui a fait monter les Israélites du pays du nord et de tous les pays où il les avait bannis !" Je les ramènerai sur leur terre, celle que j'ai donnée à leurs pères (16:14-15).

Le livre du Deutéronome poursuit : "Quand tu serais banni aux extrémités du ciel, le Seigneur, ton Dieu, te rassemblera de là, il te prendra de là. Le Seigneur, ton Dieu, te ramènera dans le pays dont tes pères avaient pris possession, et tu en prendras possession ; il te fera du bien…" (Deutéronome 30:4-5) Un jour le peuple se mettra en route pour se joindre à l'Oint du Seigneur. Il y aura alors une joie partagée par le Messie et son peuple. Le Messie dira : "Je me réjouis quand on me dit : Allons à la maison du Seigneur ! Et ceux qui l’auront recherché : Nos pieds se sont arrêtés à tes portes, Jérusalem ! (Psaume 122:1-2) Ils diront "Allons…" et le Messie exprimera sa joie. Cette promesse du grand retour sera rappelée tout au long du ministère de Jérémie, car là est la finalité du message : faire naître, dans le désert de l’exil, un peuple bien disposé qui s'attachera volontairement à son Dieu, selon l’exhor-tation du livre d’Ésaïe qui sera prononcée vers la fin de l’exil à Babylone : "Dans le désert, frayez le chemin du Seigneur ! Aplanissez une route pour notre Dieu dans la plaine aride ! (Ésaïe 40:3)

 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.16:14 Détresse et rétablissement


 

Détresse et rétablissement - 16:14-17:10

Mais avant cela, il y aura des pêcheurs et des chasseurs, les armées de Nabuchodonosor, pour les prendre et les mener à Babylone jusqu’à ce qu’un appel au retour soit entendu.

Tout d'abord, je les paierai de retour, au double de leur faute et de leur péché, parce qu'ils ont profané mon pays, parce qu'ils ont rempli mon patrimoine des cadavres de leurs horreurs et de leurs abominations (16:18).

Et une voix s’entendra à Babylone : Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem, criez-lui que son combat est terminé, qu’elle s’est acquittée de sa faute, qu'elle a déjà reçu du Seigneur le double de ce qu’elle méritait pour tous ses péchés… Sortez de Babylone, fuyez d’entre les Chaldéens ! Avec des cris de joie annoncez-le, faites-le entendre… (Ésaïe 40:1-2 et 48:20) Le double pour leur iniquité… Les promesses de Dieu sont fermes, ce qu’Il annonce, Il l’accomplit !
Selon les termes de la loi, une spoliation doit être compensée au double : Exode 22:4 : "Si ce qui a été volé est trouvé vivant entre ses mains, soit bœuf, soit âne, soit mouton, il fera compensation au double."
Aux jours de Jérémie, il n’y a pas de remède !
C'est pourquoi je leur fais connaître, cette fois-ci je leur ferai connaître la vigueur de ma main ; ainsi ils sauront que mon nom est le Seigneur (YHWH) […] Le péché de Juda est écrit avec un stylet de fer, avec une pointe de diamant […] Tu lâcheras, de toi-même, le patrimoine que je t’avais donné ; je te rendrai esclave de ton ennemi dans un pays que tu ne connais pas ; car vous avez allumé le feu de ma colère, et il brûlera pour toujours (16:21 et 17:1,4).

Alors deux chemins s’ouvriront, comme d’ailleurs ils se trouvent en tous temps : se confier en l’homme ou se confier en Dieu. "Inscrits dans la terre, car ils abandonnent la source d'eau vive" (17:13) ou "vivre en tenant ferme" (Habacuc 2:4), ne pas discerner les soins de Dieu, ou parcourir dans la confiance le chemin de la terre.
Béni soit l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur, celui dont le Seigneur est l'assurance ! Il est comme un arbre planté près des eaux, qui étend ses racines vers le cours d'eau: il ne voit pas venir la chaleur et son feuillage reste verdoyant ; dans l'année de la sécheresse, il est sans inquiétude et il ne cesse de porter du fruit. (17:7?8)()

La sécheresse brûlante viendra, l’épreuve touche le juste comme le méchant, mais quelle différence pour celui qui a plongé ses racines dans la confiance en son Dieu ! Celui-ci ne cessera pas de porter du fruit ! Un enseignement en vue de l’exil seulement ? Non, un enseignement pour tous les temps, comme nous lisons :
Heureux l’homme
qui ne suit pas les projets des méchants,
qui ne s’arrête pas sur le chemin des pécheurs,
et qui ne s’assied pas parmi les insolents,
mais qui trouve son plaisir dans la loi du Seigneur,
et qui médite dans sa loi jour et nuit !
 
Il est comme un arbre planté
près des canaux d’irrigation,
qui donne son fruit en son temps,
et dont le feuillage ne se flétrit pas :
tout ce qu’il fait lui réussit.
(Psaume 1:1-3)

 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.17:11 Attente d'Israël


 

Attente d’Israël - 17:11-18

Et dans les difficultés ou dans l’épreuve même, le croyant s’écrie : J’ai attendu patiemment le Seigneur ! C’est en Dieu qu’est son espérance. Et le psalmiste témoigne n’avoir pas été déçu en poursuivant ainsi : "il s’est incliné vers moi, il a entendu mes appels au secours." (Psaume 40:1)
 
Nous entrons ici dans un dialogue d’une grande densité lorsque le prophète contemple le lieu du sanctuaire (17:12), non le Temple, signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple, mais le ciel même. Il s'écrie :
Seigneur, espérance d'Israël, tous ceux qui t'abandonnent auront honte. Ceux qui s'écartent de moi seront inscrits dans la terre, car ils abandonnent la source des eaux vives, le Seigneur ! (17:13)

S’agit-il d’une sanction vengeresse d’un Être courroucé ? Non. Celui qui exprime ces mots utilise des termes humains pour que nous ressentions la force de son propos. En évoquant le Il Seigneur, il rappelle son désir de bénir et sa peine devant la désolation (13:17 ; 14:17), la désolation de ceux qui ne veulent pas des eaux vives, et même les ont rejetées (2:13), car dans cet état ils ne peuvent s’élever, s’avancer vers les lieux de la bénédiction… Comme au temps d’une autre sécheresse, la traversée du désert de Sinaï, un peuple entier s’est pour ainsi dire inscrit dans les régions désertiques pour ne pas en sortir, tandis que des hommes fidèles, tels Josué et Caleb ont franchi le Jourdain après des années d’attente, soutenus tout du long par la confiance en leur Dieu, car ils avaient leurs racines dans le fleuve de la grâce.
 
Jérémie n’est ni en extase, ni face à une vision, ni dans un songe de la nuit. Le jeune Ésaïe et aussi Ézéchiel ont eu de telles visions imprégnant l’âme du sentiment de la gloire de Dieu, et ces visions produisirent un résultat bien sérieux. Considérant la gloire, Ésaïe s’écria : "Quel malheur pour moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures." (Ésaïe 6:5) Ézéchiel, quant à lui, déclara : "Quand je le vis, je tombai face contre terre." (Ézéchiel 1:28)
Comp. Apocalypse 1:17 : "Quand je le vis, je tombai à ses pieds, comme mort. Alors il a posé sur moi sa main droite, en disant : N’aie pas peur ! C’est moi qui suis le premier et le dernier, le vivant…"
Quant à Jérémie, il a, comme au-dedans de lui-même, fruit de sa méditation, une grande conscience de la gloire de Dieu et aussi de sa miséricorde ; et il s’écrie :

Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri ; sauve-moi, et je serai sauvé ; car ma louange, c'est toi ! (17:14)

Il ne se justifie pas lui-même, ne se place pas au-dessus du peuple, quoiqu'il connût l’arrogance des méchants :

Ils me disent : Où est la parole du Seigneur ? Qu'elle arrive donc ! (17:15)

Pour le jeune prophète, c’est un commencement de souffrances que ce rejet du message et leurs paroles menaçantes. Dans cette supplication dont il nous livre les mots, nous voyons ses pensées, son attention au peuple, le souhait que le mauvais jour annoncé ne l’atteigne pas :

Quant à moi, je n'ai pas refusé d'être berger à ta suite ; je n'ai pas désiré ce jour de douleur, tu le sais : ce qui sort de mes lèvres est devant toi. (17:16)

La persécution contre le prophète va se poursuivre et s’amplifier ! (Voir notamment Jérémie.15:10 ; 11:18 ; 18:18).Mais que penser de sa demande de jugement contre ceux qui le persécutent ? Elle laisse paraître l'humanité du prophète : un homme qui ressent la souffrance, non un être mystique qui serait satisfait des douleurs qui lui sont infligées. Nous avons devant nous un homme vrai. Il craint d'avoir peur, de défaillir, d'être honteux devant ses ennemis, quoiqu'en aucune circonstance nous ne le voyions faiblir devant eux ! Pas plus d'ailleurs que nous ne voyons chez lui de mouvement impétueux vis à vis de ses opposants. Et, plus tard, nous le verrons encore s'écarter de ses persécuteurs sans prononcer même une parole. Il y a un cri douloureux, mais il ne monte que vers son Dieu. Jérémie ne parle ainsi que lorsqu’il est seul devant Lui, car c'est de Lui qu'il attend la justice.
Romains 12:19 : "Ne vous faites pas justice vous-mêmes, bien-aimés ; mais laissez place à la colère, car il est écrit : C’est moi qui fait justice ! C’est moi qui paierai de retour, dit le Seigneur." Voir aussi 2 Thessaloniciens 1:6-9
Il la réclame même. Dieu lui a certes fait cette promesse : "Ils te feront la guerre, mais ils ne l'emporteront pas sur toi, car je suis avec toi – déclaration du Seigneur – pour te délivrer" (1:19). Mais ici, le prophète réclame la justice ! À cela, pas de réponse, pas une ! Le Seigneur lui dit ici une seule chose :

Va, et tiens-toi à la porte des gens du peuple, par laquelle les rois de Juda entrent et sortent, et à toutes les portes de Jérusalem. Tu leur diras : Ecoutez la parole du Seigneur… (17:19-20).

Jérémie a parlé à son Dieu, l'a chargé en quelque sorte de ce qui l'oppresse, et, libéré ainsi de ce poids, il poursuit sa route…
Philippiens 4:6-7 : "le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien ; mais, en tout, par la prière et la supplication, avec des actions de grâces, faites connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute pensée, gardera votre cœur et votre intelligence en Jésus-Christ."
Il s’en va présenter à ses auditeurs un signe incontestable de leur désobéissance, des faits qui ne peuvent être discutés, une illustration majeure de leur état : le non-respect du sabbat.

 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.17:19 Le shabbat


 

Le shabbat - 17:19-27

Ecoutez la parole du Seigneur, roi de Juda et tout Juda, et vous tous, habitants de Jérusalem, qui entrez par ces portes ! Ainsi parle le Seigneur : Prenez garde à vous-mêmes ; ne portez pas de fardeau le jour du sabbat et n'en introduisez pas par les portes de Jérusalem (17:20-21).

Israël n’a pas écouté le Seigneur ; ni le peuple, ni ses rois ! Nous comprenons par cette expression plurielle que l’adresse n’est pas au roi du moment, mais qu'il s’agit d’une harangue générale au peuple et à ses princes. Aux portes de Jérusalem, le peuple va et vient en ce septième jour, commerçant, travaillant au lieu de se réjouir en Dieu qui lui assigne un jour de repos pour son bien, afin qu'il occupe ce temps pour goûter les bénédictions divines… Le sabbat est en effet un don de Dieu pour l’homme, marque du repos qu’Il veut donner à son peuple, signe de la paix dans laquelle Il veut l’introduire.
Marc 2:27 : "Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat."
Recevoir le sabbat n’est-ce pas croire que Dieu bénira ? Au désert, arrêter la collecte de la manne la veille n’indiquait-il pas qu’il y aurait à manger pour le lendemain aussi ? Et au pays, ne pas travailler aux champs cette journée n’est-ce pas croire qu’il n’en résultera nulle perte, n’est-ce pas faire confiance à Dieu qui veille sur son peuple pour bénir ? N’est-ce pas le signe du repos vers lequel est conduit l’homme qui se confie dans le Seigneur ? Et ils s’en privent, ils devront entendre : "Aussi j’ai juré dans ma colère : En aucun cas ils n’entreront dans mon repos !" (Psaume 95:11)
Hébreux 4:1 : "Craignons donc, tant que subsiste la promesse d’entrer dans le repos, que l’un de vous ne semble l’avoir manquée."
Le prophète leur enjoint d'obéir :

Ne sortez pas de fardeau de votre maison le jour du sabbat et ne faites aucun ouvrage ; faites du sabbat un jour sacré, comme je l'ai ordonné à vos pères. Ils n'ont pas écouté… (17:22-23)

Ce n’est pas le Décalogue qui est mis à l’épreuve, mais la foi, la confiance dans les promesses, la connaissance du Seigneur ! Peut-on dire que nous connaissons Dieu et prétendre recevoir ce qu’Il dit, si nous ne nous reposons pas sur ses promesses ? Ésaïe n’a-t-il pas prononcé cette parole : "Car ainsi parle le Seigneur Dieu, le Saint d'Israël : C'est en faisant demi-tour et en vous reposant que vous seriez sauvés, c’est dans la tranquillité et la confiance que serait votre force." Et d’ajouter : "Mais vous ne l’avez pas voulu !" (Ésaïe 30:15)
 
Le peuple est ainsi placé devant une alternative : si vous écoutez… si vous n’écoutez pas… D’un côté la bénédiction : le royaume établi, la ville habitée pour toujours, et, dans la joie de cette bénédiction, les actions de grâces montant vers Dieu. De l’autre un feu qui brûlera les portes, la ville, les palais… Le choix est devant le peuple, comme il a été dit ailleurs : "J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance." (Deutéronome 30:19)
 
Mais, dira-t-on, y a-t-il un choix à proposer quand la sanction est connue, la désolation annoncée ? Car le chaudron bouillant se prépare et la tempête vient !
 
Ici se rencontrent la justice et la fidélité de Dieu d’une part, sa connaissance de la fin d’une chose avant qu’elle ne soit (Ésaïe 46:10). Jusqu'au bout, les appels seront adressés en vérité, et l'engagement de Dieu est ferme. Si le peuple et ses rois abandonnent leurs mauvaises voies, la bénédiction viendra.
Comparer Actes 3:19 : "Changez donc radicalement, faites demi-tour, pour que vos péchés soient effacés ; qu’ainsi des temps de réconfort viennent du Seigneur, et qu’il envoie le Christ qui vous a été destiné, Jésus." Le temps de rafraîchissement pour le peuple n’est pas venu, mais plutôt une nouvelle dispersion, celle de l’an 70.
Mais l’issue est connue de Dieu : l’appel de Jérémie ne sera pas entendu. L’annonce de Jérémie est "prédiction" et non "décret". Ce qui vient, à savoir les armées dévastatrices, est conséquence du choix du peuple.

 

 

La suite est en préparation

 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?