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09-02-2010 Jérémie, le prophète
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Parole contre les Philistins - 47:1-7

Voici la parole du SEIGNEUR qui parvint à Jérémie, le prophète, au sujet des Philistins, avant que le pharaon mette à mal Gaza. (47:1)

Gaza, importante ville des Philistins, était donc devenue un bastion babylonien. Pour le Pharaon, c'est la seule entrée par laquelle il pourrait retrouver l'hégémonie perdue sur la terre d’Israël et sur la Syrie, la route commerciale reliant son pays à la Phénicie et à l'Asie Mineure.
 
Jérémie prononce alors un oracle dont les termes ne laissent aucun espoir aux Philistins ainsi qu'à quiconque en terre d’Israël attend un retrait babylonien. Se voyaient-ils déjà sous la gouvernance paisible du Pharaon ? Assurément, lorsque Néchao remportera le combat pour Gaza, ils pourront se réjouir… Mais non, Jérémie le leur dit à l'avance : cette victoire n'aura pas de lendemain. Il leur rappelle l’implacable puissance des Chaldéens :

Des eaux s'élèvent du nord, elles deviennent un torrent impétueux ; elles déferlent sur le pays et sur tout ce qui s'y trouve, sur la ville et sur tous ceux qui l'habitent. Les hommes crient, tous les habitants du pays hurlent… (47:2)

Le Pharaon remportera bien cette victoire, il reconquérra Gaza.
Victoire citée par Hérodote (Hér.11.159). Nabuchodonosor s'empara de la Philistie vers 605/602 et déporta en Babylonie le dernier roi de Gaza. Il s'attaqua ensuite à l'Égypte, mais, en 601/600, Néchao remporta une grande victoire sur les Babyloniens et s'empara de Gaza.
Cet événement aura lieu en 601 ou 600… Mais l’épée du SEIGNEUR ne peut s’arrêter :

Malheur ! Épée du SEIGNEUR, jusqu'où iras-tu, sans repos ? Rentre dans ton fourreau, sois tranquille et fais silence. (47:6)

Si ces armées dévastatrices pouvaient demeurer tranquilles ! Si nous pouvions vivre en paix ! Mais cela n'est pas possible.

Comment te reposerais-tu ? C'est le SEIGNEUR qui lui ordonne d'aller vers Ashqelôn et vers la côte de la mer ! C'est là qu'il la dirige ! (47:7)

Nabuchodonosor reviendra affermir son empire, car n’est-il pas écrit : "Maintenant, moi, j'ai livré tous ces pays à Nabuchodonosor, roi de Babylone, mon serviteur" (27:6) ? Nous sommes en 601 ; Joïaqim est dans sa huitième année de règne, l’horloge du temps avance. Plus que trois années et ce sera la fin pour lui. Mais le sait-il ? Il ne cesse de nourrir ses rêves de gloire tout en se montrant insensible au sort de son peuple…


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
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09-02-2010, 18:00:10 Eric
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08-02-2010 Jérémie, le prophète
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LE TEMPS DES REBELLIONS
Jérémie 47

Les armées babyloniennes ont achevé la conquête et tiennent en alerte des forces militaires aux confins de l'empire, notamment face à l'Égypte qu'elles ne purent conquérir. Nabuchodonosor s'est assujetti les rois des nations, mais n'établit pas sur eux une autorité centrale forte ; il n'a pas organisé son empire en différentes provinces comme le feront les Perses et les Romains par la suite.
 
Les royaumes continuent donc d’exister, les rois demeurent généralement sur leur trône, tributaires du roi de Babylone. Des vassaux ! Mais ces royaumes sont affaiblis, et dès que la puissance des armées babyloniennes se réduit, le champ est rendu libre pour de petits chefs de guerre, des chefs de tribus, qui peuvent conduire leurs bandes armées opérer impunément des razzias dans les pays. Le royaume de Juda subira de telles expéditions ; une situation qui n'est pas sans rappeler le temps des Juges, où de telles bandes agissaient dès qu'Israël se détournait du SEIGNEUR. Il en était ainsi en ce temps de désordre, lorsque Joïaqim se révolta contre son suzerain…
 
En ses jours, Nabuchodonosor, roi de Babylone, se mit en campagne. Joïaqim lui fut soumis pendant trois ans ; mais finit par se rebeller contre lui. Alors le SEIGNEUR envoya contre lui des troupes de Chaldéens, des troupes d’Araméens, des troupes de Moabites et de troupes d’Ammonites ; et il les envoya contre Juda pour le faire disparaître, selon la parole que le SEIGNEUR avait prononcée par l’intermédiaire de ses serviteurs les prophètes (2 Rois 24:1-2).
 
Cette situation parle-t-elle à Joïaqim ? Absolument pas ! Qu’importe, au fond, la situation des confins de son propre pays ? Il est à l’abri de sa capitale fortifiée. Il se bâtit des palais sans se priver de pressurer le peuple pour le paiement du tribut… Mais l'esprit de revanche le conduira plus loin encore. L'audace de la rébellion lui vient d'un espoir venant du sud. Comme d'autres rois de la région, il a le regard fixé sur l’Égypte.
 
En 605, lors de la grande conquête qui suivit la chute de Karkemish, Nabuchodonosor, cherchant à pénétrer en Égypte, conquit tout le pays des Philistins, le passage obligé vers la vallée du Nil.
Les Philistins, appelés Peuples de la Mer, pourraient venir du nord de l’Asie Mineure ; ils ont émigré d’abord vers les îles de la Mer Egée et ensuite vers l’Egypte où ils ne purent s’établir, pour s’installer enfin dans la région de Gaza. Le nom de Kaphtor (Jérémie 47:4) serait une appellation ancienne de la Crète, évoquant ainsi l’origine de ce peuple.
Il déporta à Babylone le dernier roi de Gaza. Quant à l’Égypte, ses armées parvinrent à arrêter les Babyloniens aux frontières ; et le Pharaon Néchao qui ne manquait pas d’ambition méditait une avancée en terre d’Israël pour reprendre le pays perdu, en particulier la route de Syrie et Karkemish en vue de recouvrer la maîtrise sur cet axe commercial si important.
 
Au point où nous sommes arrivés, la troisième année de Joïaqim, en l'an 602, les armées égyptiennes sont sur pied de guerre, elles se préparent à frapper Gaza, nourrissant ainsi les espoirs des Philistins et de Juda, ceux qui aspiraient à un affaiblissement du royaume de Babylone.
 
Ici intervint Jérémie.


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
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08-02-2010, 18:00:10 Eric
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07-02-2010 Jérémie, le prophète
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La famille des Rékabites - 35:1-19

La famille des Rékabites, mise à l’épreuve, est un modèle de piété !
La scène se passe au temps de Joïaqim, et aurait pu arriver dès les bruits d’avancée des armées de Nabuchodonosor. Nous ne trouvons pas d’autre précision pour mieux dater cette épisode, mais la leçon donnée par les Rékabites est intemporelle.
Cette famille de pasteurs nomades, autrefois au nord d’Israël, s’est réfugiée à Jérusalem dès l’approche des armées de Nabuchodonosor, et elle est donc dans la ville au moment où nous sommes arrivés.
 
A la demande du SEIGNEUR, Jérémie fait venir au Temple cette famille réfugiée. Quelle est-elle ?
 
Retournons plus de deux siècles auparavant. Vers 840, dans le royaume du Nord, un nommé Jonadab, fils de Rékab, contribua grandement à éliminer le culte de Baal en Israël. Il collabora pour ce faire avec Jehu, ce Jehu qui fut oint roi sur le royaume du Nord par le prophète Elie (2 Rois 9:3). Ainsi nous pouvons lire : Alors Jéhu vint à la maison du Baal avec Jonadab, fils de Rékab… (2 Rois 10:23) Ils détruisirent ensemble ce lieu idolâtre. Mais, ainsi que le rapporte le Livre des Rois, Jéhu ne poursuivit pas dans ce chemin et maintint l’idolâtrie en Israël (2 Rois 10:31). De Jonadab, plus un seul mot ! Il a fallu cette circonstance, aux temps de Jérémie, pour que nous apprenions combien cet homme était vrai, et déterminé pour son Dieu. Il a constaté que son propre combat au côté de Jéhu n’avait pas de suite ! Le combat de Jéhu contre le culte de Baal n’avait pas été un vrai retour au SEIGNEUR ! Alors il considéra sa propre famille et voulut la garder de ces abandons. La marche avec Dieu avait un tel prix pour lui qu’il fit prendre aux siens un engagement. Engagement surprenant, au-delà de l’attente du SEIGNEUR, et même en un certain sens contradictoire au regard du don du pays à son peuple. Il fit prendre aux siens l’engagement de ne pas s’établir dans des maisons, de ne pas cultiver le pays, et de s’abstenir de vin… Son désir a été que sa famille demeure attachée à Dieu, dans l’esprit des Patriarches, et, pour cela, il les engagea dans cette vie d’étrangers, afin que nul ne s’enivre et ne s’égare…
 
Une fidélité assumée dont ils peuvent rendre témoignage deux siècle plus tard !
Nous pouvons leur comparer les Patriarches dont il est dit : "C’est selon la foi que tous ceux là sont morts, sans avoir reçu les choses promises ; cependant ils les ont vues et saluées de loin, en reconnaissant publiquement qu’ils étaient étrangers et résidents temporairement sur la terre" (Hébreux 11:13). 

Nous obéissons à tout ce que nous a ordonné Jonadab, fils de Rékab, notre père : nous ne buvons pas de vin pendant tous nos jours, nous, nos femmes, nos fils et nos filles ; nous ne bâtissons pas de maisons pour y habiter, nous ne possédons ni vignes, ni champs, ni terres ensemencées ; nous habitons sous des tentes, nous obéissons à Jonadab, notre père, en faisant exactement ce qu'il nous a il ordonné. (35:8-10)

Sans que Jonadab ne pût le prévoir, cette vie d’éleveurs nomades les maintint à l’abri des conflagrations politiques au temps de l’Assyrie. Ils ne furent pas enveloppés dans l’exil des Dix Tribus !
 
Deux siècles et demi se sont passés, et en ce jour leur fidélité est mise à l’épreuve dans le Temple. A l’injonction de Jérémie – Buvez du vin (35:5) – la réponse est claire, la fidélité à leur aïeul est absolue… Ils sont à Jérusalem à cause de l’instabilité de la contrée, mais leur esprit n’est pas changé !

Mais ils répondirent : Nous ne boirons pas de vin, car Jonadab, fils de Rékab, notre père, nous a donné cet ordre : Vous ne boirez jamais de vin, ni vous, ni vos fils… (35:6)

Exemple de fidélité dans une règle qui va au-delà des ordonnances… Cette fidélité est publiée auprès des habitants de Juda et de Jérusalem : "Voyez les fils de Jonadab et comparez…"

Les fils de Jonadab, fils de Rékab, eux, respectent le commandement que leur a donné leur père, et ce peuple ne m'écoute pas ! A cause de cela, ainsi parle le SEIGNEUR, le Dieu des Armées, le Dieu d'Israël : Je fais venir sur Juda et sur tous les habitants de Jérusalem tout le malheur que j'ai annoncé contre eux, parce que je leur ai parlé et qu'ils n'ont pas écouté, parce que je les ai appelés et qu'ils n'ont pas répondu. (35:16-17)

Une occasion rare, la seule qui nous soit donnée à connaître dans ce livre, où Jérémie peut mettre en évidence un exemple positif. Afin de souligner la fidélité de Dieu, une promesse complète la scène :

à cause de cela, ainsi parle le SEIGNEUR (YHWH) des Armées, le Dieu d'Israël : Jonadab, fils de Rékab, aura toujours des descendants qui se tiendront devant moi. (35:19)

Il y avait d’autres hommes de Dieu au temps du prophète : Sophonie et Hulda du temps de sa jeunesse, Baruch qui collabore fidèlement, Yigdalia, l'homme de Dieu (35:4) qui prêta son local dans le Temple pour la réception des Rékabites, mais ici, c’est toute une famille ! Une famille qui traversa les temps du déclin, sans que l’on ne parle d’eux pendant plus de deux siècles, et se présente ici avec la détermination du commencement. Un modèle de foi !Mais Jérémie sait que cette démonstration de fidélité est donnée en vain !
 
Toutefois, dans ces circonstances qui suivent la prise de possession de Juda par Nabuchodonosor, au début des soixante-dix ans du pouvoir de Babylone sur les nations, nous constatons à Jérusalem une certaine attention aux paroles du prophète. A l’occasion de la journée de jeûne, nous voyons aussi la modération des princes de Juda. Mais que dire de l’arrogance de Joïaqim que les leçons endurcissent plutôt que de le conduire à une réflexion salutaire… Si la conscience n’est pas touchée, les plus cuisantes leçons ne peuvent tenir calme et soumis que jusqu'à la première occasion, au premier espoir, à la première illusion ; et alors rejaillit le volcan des vanités !


 
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07-02-2010, 18:00:06 Eric
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06-02-2010 Jérémie, le prophète
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Le livre brûlé - 36:10-32

Baruch se trouve dans le local de Guemaria, fils de Shaphân, le scribe qui, au temps de Josias, porta au roi le Livre de la Loi retrouvé. Guemaria lui-même est absent, mais son fils Michée est présent, attentif ! Et il est saisi par les paroles qu’il entend ! D’une certaine manière, c’est l’histoire de son grand-père qui se reproduit dix-huit ans après, mais ici dans la spontanéité d’un cœur saisi par la Parole de Dieu.

Michée, fils de Guemaria, fils de Shaphân, entendit toutes les paroles du SEIGNEUR contenues dans le livre et descendit à la maison du roi, dans la salle du scribe, où étaient installés tous les princes, Elishama, le scribe, Delaya, fils de Shemaya, Elnathan, fils d'Akbor, Guemaria, fils de Shaphân, Sédécias, fils de Hanania, et tous les autres princes. Michée leur rapporta toutes les paroles qu'il avait entendues, lorsque Baruch lisait le livre au peuple. (36:11-13)

Il accourt au palais du roi, auprès de son père qui se tient avec les ministres. Ceux-ci, attentifs à la parole de Michée, font appeler Baruch pour écouter à leur tour…

Et Baruch le leur lut (36:15).

Ces paroles sont prises au sérieux. Ils sont effrayés et se doivent de faire entendre ces paroles au roi. Mais ils connaissent les ressentiments de Joïaqim ! Alors ils recommandent :

Va, cache-toi, ainsi que Jérémie, et que personne ne sache où vous êtes. (36:19)

Prudents ils déposent le rouleau du livre dans le bureau d’un des ministres, et vont auprès du roi, rapportant eux-mêmes les paroles écrites par Baruch. Le roi envoie prendre le rouleau.

A mesure que Yehoudi lisait trois ou quatre colonnes, le roi les découpait avec le canif du scribe et les jetait dans le feu du brasero, jusqu'à ce que tout le rouleau soit consumé. (36:23)

Joïaqim ne veut rien entendre de cette parole :

Pourquoi y as-tu écrit ces paroles : "Le roi de Babylone viendra sans faute, il détruira ce pays et il en fera disparaître les humains et les bêtes." ? (36:29)

La suite ? Les serviteurs du roi font corps avec leur maître – n’est-ce pas le roi qui les emploie ? – et l’intercession des ministres n’y fait rien. Joïaqim se braque, malgré les leçons reçues. Le livre est saisi, lacéré et jeté au feu…Le roi poursuit dans sa colère, il fait rechercher Baruch, le scribe, et Jérémie, le prophète. Mais le SEIGNEUR les cache. (36:26) Dieu accomplit sa promesse envers son serviteur : "Ils te feront la guerre, mais ils ne l'emporteront pas sur toi, car je suis avec toi – déclaration du SEIGNEUR – pour te délivrer" (1:19)
 
Observons la suite ! Jérémie réagit-il ? Prend-il une initiative ? Non, il s’attend à son Dieu, et à Sa demande se remet au travail : le livre est réécrit, et même complété.
 
Joïaqim reste insensible aux appels ! Il s’endurcit. Ni la prise de pouvoir de Nabuchodonosor, ni son arrivée comme roi vaincu à Babylone ne lui parlèrent, ni même cette mansuétude du roi de Babylone qui lui redonna son royaume… Insensible, mais aussi plein d’illusions ! Ne croyait-il pas toujours en la puissance de l’Égypte renaissante, et à la bienveillance du Pharaon qui le plaça sur le trône ? Un message particulier est adressé à Joïaqim :

Aucun des siens ne s'assiéra sur le trône de David ; son cadavre sera exposé à la chaleur pendant le jour et au froid pendant la nuit. Je leur ferai rendre des comptes pour leurs fautes, à lui, à sa descendance et aux gens de sa cour… (36:30)

Il ne lui fallut pas longtemps pour se rebeller contre le roi de Babylone… Mais ce qui se passe au palais n’est pas le tout de Juda ! Nous discernons encore de la fidélité en Israël…


 
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06-02-2010, 18:00:05 Eric
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05-02-2010 Jérémie, le prophète
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LE POUVOIR DE BABYLONE
Jérémie 36:9-32,35

Pendant ce temps, le jeune roi Nabuchodonosor avance en Syrie, poursuit encore, et le voilà devant Jérusalem ! Un commencement de douleurs pour le petit royaume de Juda. "En ses jours, Nabuchodonosor, roi de Babylone, se mit en campagne" (2 Rois 24:1). Le livre des Chroniques, ainsi que celui de Daniel, nous font connaître ce qui se passa : la ville en état de siège, puis la défaite et un convoi de prisonniers conduits à Babylone. Le roi Joïaqim et des princes de sang royal, dont Daniel et ses trois amis, sont conduits à la capitale de l’empire ! Le Temple du SEIGNEUR est dépouillé d’une partie de ses ustensiles…
 
"La troisième année du règne de Joïaqim, roi de Juda, Nabuchodonosor, roi de Babylone, vint contre Jérusalem et l'assiégea.
Le livre de Daniel, comme le chapitre 52 de Jérémie (une annexe au livre de Jérémie, postérieure à l’écriture de livre comme l’indique Jérérémie 51:64 : "Jusqu'ici les paroles de Jérémie") utilise le comput babylonien qui fait établir pour première année d’un roi, l’année civile qui suit celle de son intronisation. Ainsi il s’agit de la quatrième année de Joïaqim selon le comput des livres des Rois et de Jérérémie 1-51. 
2 Chroniques 36:6-7 : "Nabuchodonosor, roi de Babylone, partit en campagne contre lui. Il l’attacha avec des entraves de bronze pour le conduire à Babylone. Nabuchodonosor emporta à Babylone des objets de la maison du Seigneur et les mit dans son palais à Babylone."
Le SEIGNEUR lui livra Joïaqim, roi de Juda, et une partie des objets de la maison de Dieu. Il les emmena au pays de Shinéar, dans la maison de ses dieux , et il mit les objets dans le Trésor de ses dieux. Le roi dit à Ashpenaz, chef de ses hauts fonctionnaires, d'amener quelques Israélites de la descendance royale ou de familles de dignitaires… Il y avait parmi eux, d'entre les Judéens, Daniel, Hanania, Mishaël, et Azaria." (Daniel 1:1-6)
 
Daniel et ses compagnons vont être établis à Babylone par Nabuchodonosor en vue de les élever en son royaume, une disposition politique adroite visant à souder l’Empire. Daniel est ainsi parti sans retour. Quels sont les sentiments qui l’animent ? Désespérance ? Rébellion contre Dieu ? Non, il a au cœur les paroles de Jérémie, ces paroles que le prophète prononçait quelques mois auparavant touchant les soixante-dix années de la puissance de Babylone ! Jusqu'à la fin de ses jours, il les aura à l'esprit. Lors de la chute de Babylone, soixante-dix ans plus tard, il s’exprimera ainsi : "Je compris par les livres le nombre d’années qui devait s’accomplir sur les ruines de Jérusalem, d’après la parole du SEIGNEUR qui était parvenue à Jérémie, le prophète : soixante-dix ans" (Daniel 9:2).
 
De Babylone où il fut emmené, Joïaqim est renvoyé à Jérusalem, vassal soumis à Nabuchodonosor. Le désastre paraît être ainsi évité ! Après tout, verser le tribut au Pharaon ou au Roi de Babylone… Mais son assujettissement lui parle-t-il ? Au cours du trajet vers Babylone, a-t-il réalisé l’incertitude de son avenir ? Et la délivrance et le retour, les a-t-il mis à profit pour réfléchir et revenir sur lui-même, se tourner vers Dieu ? A-t-il compris enfin la réalité des paroles prononcées par Jérémie ? Cela se verra bien vite. Pour Joïaqim, ce ne sont pas quelques jeunes gens emmenés auprès de Nabuchodonosor, ni quelques objets du Temple placés dans un temple de Babylone qui l’émeuvent…
 
Le voilà donc réinstallé en son palais, ses serviteurs autour de lui, les princes de Juda assurant leur service… La suite nous montre ce que l’humiliation de la défaite a donné à comprendre à ce roi arrogant.


Le jeûne proclamé - 36:9

En 604, année qui suit ce premier siège de Jérusalem, la cinquième année de Joïaqim, un jeûne est proclamé au neuvième mois.
Sans qu’il y ait de texte à ce propos, ce jeûne paraît être établi en mémoire du premier siège de Jérusalem par Nabuchodonosor. Ce siège a eu lieu un an auparavant, vers cette période de l'année, après le couronnement du roi de Babylone.
Les conditions politiques ne sont plus ce qu’elles étaient sous Josias. En quatre ans la région a été bouleversée, et les illusions se sont évaporées… Nabuchodonosor grandit en puissance, Juda lui est assujetti, le Temple est en partie dépouillé…
 
Les conditions sont telles que, comme en tous temps de crise, plusieurs se tournent vers Dieu. Il y a une attention nouvelle aux paroles du prophète, un ressaisissement des consciences.
 
Au jour du jeûne donc, dans un des locaux du Temple, le fidèle Baruch lit encore une fois le livre de paroles de Jérémie. Un contraste, quand nous nous souvenons de Pashhour qui, deux ou trois années auparavant, jeta Jérémie au bloc ! Une action violente perpétrée publiquement à la porte du Temple et qui ne fut nullement réprouvée par quelque témoin… Ce n’est plus le cas au jour ou nous sommes arrivés. La conquête de Nabuchodonosor fut un véritable traumatisme !


 
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05-02-2010, 18:00:07 Eric
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04-02-2010 Jérémie, le prophète
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Baruch, fils de Nériya - 45:1-5

Qu’attendait donc Baruch lorsqu’il se mit au service du prophète ? Compagnon du prophète, invité à écrire sous sa dictée, envoyé au Temple pour communiquer la Parole de Dieu !
Terminant le corps principal du livre du prophète Jérémie, cette parole à Baruch se situe en la quatrième année de Joïaqim, dès le temps où il écrivit sous la dictée de Jérémie les paroles annoncées par le prophète jusque là.
C’est un honneur, et il pourrait s'y trouver une tentation, celle de traduire l’honneur en privilège… Nous voyons que Baruch connut bien vite le poids d’une telle charge. Que dit-il ?

Quel malheur pour moi ! Le SEIGNEUR ajoute le tourment à ma douleur ; je me fatigue à force de gémir, et je ne trouve pas le repos ! (45:3)

Baruch paraît être allé plus d’une fois au Temple de la part de Jérémie, et plus d’une fois il dût éprouver ce que le prophète lui-même a ressenti au commencement (15:10). Jérémie est bien placé pour apporter une réponse à ce cri de lassitude. Il conduit le regard de Baruch sur le travail du SEIGNEUR :

Ainsi parle le SEIGNEUR : je rase ce que j'ai bâti, je déracine ce que j'ai planté – tout ce pays. (45:4)

Tout ce pays, c’est moi qui l’ai bâti et planté… et regarde ce qui doit arriver ! Qu’en penses-tu, Baruch ?

Et toi, tu rechercherais de grandes choses ? Ne les recherche pas ! … Mais je te donnerai ta vie pour butin, dans tous les lieux où tu iras... (45:5)

Pas de grandes choses, mais cette difficile mission d’annoncer un jugement inéluctable… avec cette seule promesse : Dieu veillera sur ta vie, Baruch !

Baruch, fils de Nériya, fit exactement ce que lui avait ordonné Jérémie, le prophète ; il lut dans le livre les paroles du SEIGNEUR, dans la maison du SEIGNEUR. (36:8)

Et Baruch poursuit sa route avec Jérémie ; il poursuivra jusqu’au bout…


 
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04-02-2010, 18:00:15 Eric
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03-02-2010 Jérémie, le prophète
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Livre des paroles de Jérémie - 36:1-8

Vers la fin de l’année 605, Jérémie est conduit à écrire ces paroles dans un livre ! Il est enfermé nous est-il dit, sans que nous ne connaissions ses circonstances. Emprisonnement ? Menaces de mort ? Cela est possible et pourrait résulter des paroles qu’il exprima cette année même, paroles sévères, inacceptables pour les autorités… Une chose est certaine : Jérémie n’est pas libre de ses mouvements. Mais la situation requiert l'urgence, l’exhortation ne peut se relâcher…

Prends un livre-rouleau ; tu y écriras toutes les paroles que je t'ai dites sur Israël, sur Juda et sur toutes les nations depuis le jour où je t'ai parlé, depuis les jours de Josias, jusqu'à ce jour. Peut-être la maison de Juda prendra-t-elle garde à tout le mal que je me prépare à lui faire, de sorte que chacun d'eux reviendra de sa voie mauvaise ; alors je pardonnerai leur faute et leur péché. (36:2-3)

Contre toute attente, nous y lisons des paroles empreintes de la patience de Dieu, une petite lueur d’espoir encore : "Peut-être la maison de Juda prendra-t-elle garde…"
 
Baruch, fils de Nériya le scribe, entre en scène ! Un homme d’une famille élevée : son père est d’entre les scribes, son frère sera de l’entourage du roi Sédécias (51:59). Les paroles lui sont dictées par le prophète, et elles doivent être entendues…

Puis Jérémie donna cet ordre à Baruch : Puisque je suis retenu et que je ne peux aller à la maison du SEIGNEUR, tu iras toi-même et tu liras dans le rouleau que tu as écrit sous ma dictée les paroles du SEIGNEUR ; tu les liras au peuple, dans la maison du SEIGNEUR, un jour de jeûne ; tu les liras aussi à tous les gens de Juda qui seront venus de leurs villes. (36:5-6)

Quel chemin pour un tel homme qui abandonne ainsi les perspectives propres à son rang social pour accompagner Jérémie ! Et il le servira jusqu’au bout.


 
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03-02-2010, 18:00:04 Eric
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02-02-2010 Jérémie, le prophète
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Soixante-dix ans pour Babylone - 25:1-38

Les douleurs annoncées sont évoquées. Soulignons ce regard de Dieu sur le bonheur de l’homme simple, ce bonheur qui sera retiré à Juda :

les chants du marié et les chants de la mariée, le bruit du moulin et la lumière de la lampe. (25:10)

"Les chants de gaieté et les chants de joie, les chants du marié et les chants de la mariée !" (7:34) Jérémie, lui-même un signe de la part de Dieu, a anticipé cet avenir bien sombre en ne se mariant pas (16:1). "Le bruit du moulin" : les champs rapportant leur produit. "La lumière de la lampe" : lumière dans les maisons, depuis le temps de la sortie d’Égypte, lumière chassant les ténèbres (Exode 10:23, Genèse 1:18), lumière de l’attente, lumière qui imprime à l’âme la confiance en son Berger.

Tout ce pays deviendra un champ de ruines, un lieu dévasté, et ces nations seront soumises au roi de Babylone pendant soixante-dix ans. Mais lorsque ces soixante-dix ans seront accomplis, je ferai rendre des comptes au roi de Babylone et à cette nation pour leurs fautes – déclaration du SEIGNEUR – ainsi qu'au pays des Chaldéens, que je réduirai pour toujours en un lieu dévasté. (25:11-12)

Les armées sont en route, le pouvoir est donné au roi de Babylone sur toute la région ; le temps assigné à ce pouvoir est de soixante-dix ans ! Juda et les nations qui l’entourent, serviront les Babyloniens toutes ces années ! Le pays sera "un champ de ruines, un lieu dévasté !" Désolation, car un vent brûlant souffle sur les pistes du désert (4:11).
Ainsi que l’exprime clairement Jérémie, les soixante-dix ans couvrent non l’exil proprement dit, mais le temps de la puissance de Babylone sur les nations, soit soixante-dix ans depuis que les armées d’Assyrie furent vaincues par Nabopolassar, en 609, jusqu’à la prise de Babylone par Cyrus, le Perse, et la promulgation de son édit touchant l’autorisation aux exilés de retourner dans leur pays. Voir Jér.25:12 ; 29:10 ; Dan.9:2; 2 Chr.36:21.
Et le SEIGNEUR ajoute : "Je regarde la terre : c'est un chaos, elle est vide ; quant au ciel, sa lumière n'est plus" (4:23). D’abord sera établie l’autorité de Babylone sur les nations , et ensuite, à trois reprises, des colonnes de déportés quitteront maisons et champs pour la grande ville, Babylone, y allant grossir les hordes de travailleurs de l’exil, accrochant leurs harpes aux saules de Babylone, n’ayant plus le cœur de chanter les cantiques de Sion (Psaume 137:2).
Suite à la première prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, en cette année 605, des nobles seront exilés à Babylone, et Daniel parmi eux. Ensuite auront lieux trois déportations de masse signalées en Jér.52:28-30 : sous Joïakîn en 597, sous Sédécias en 586, année de la destruction de Jérusalem, et en 582 lors d’une campagne militaire qui toucha également Amon, Moab et Edom.
En cette quatrième année de Joïaqim, le jeune roi de Babylone, Nabuchodonosor, le vainqueur de Karkemich a repris ses campagnes militaires pour conquérir un vaste empire s’étendant à nombre de nations (25:15-29).

Je pris la coupe de la main du SEIGNEUR et je la fis boire à toutes les nations vers lesquelles le SEIGNEUR m'envoyait : à Jérusalem et aux villes de Juda, à ses rois et à ses princes, pour en faire un champ de ruines, un lieu dévasté, un objet de sifflement d'horreur et de malédiction – voilà pourquoi il en est ainsi en ce jour – au Pharaon, le roi d'Égypte, aux gens de sa cour, à ses princes et à tout son peuple ; à toute la population mêlée, à tous les rois du pays des Philistins … à tous les rois du nord, proches ou éloignés les uns des autres, et à tous les royaumes qui sont sur la terre. Et le roi de Shéshak boira après eux. (25:17-26)

Par le rejet de la Loi du SEIGNEUR, le mépris des promesses, le désir d’être comme les nations de la terre, Juda se mit au rang de ces nations idolâtres et partagera leur sort. Après toutes ces nations viendra le tour de Shéshak, à la fin des soixante-dix années assignées, car Babylone n’est-elle pas l’image même de l’idolâtrie ?

Shéshak, cryptogramme de Babel codé : B»»Sh, a»»e, e»»a, l»»c. Désignation de Babylone utilisée par prudence et aussi par dérision. Voir aussi 51:41. L’usage occasionnel du terme Shéshak pour désigner Babylone pourrait illustrer la crainte qu’elle inspire, tandis qu’il ne devait pas être bon d’en parler ouvertement en mal, d’où ce cryptogramme. Il serait ici prononcé par dérision, évoquant ainsi la crainte qu’inspire sa puissance, la puissance de ses agents de l’ordre. Il faut se rappeler par exemple la mort brutale des deux faux-prophètes qui, à Babylone, s’élevaient contre la parole de Jérémie, rejetant l’affirmation de la longueur du temps d’exil (29:21,28). L’usage de ce cryptogramme en ce texte d’avant l’exil semble indiquer que nous disposons d’une copie écrite au cours de cette période tragique.
Mais aujourd’hui cette puissance émergente, sans qu'elle ne le sache, est le bras de Dieu… La conquête sera violente, comme le sont les paroles du prophète : "Un vacarme se répand jusqu'aux extrémités de la terre, car le SEIGNEUR a un litige avec les nations" (25:31), et la douleur sera ressentie par les mauvais pasteurs du peuple de Juda :

Hurlez, bergers, criez ! Roulez-vous par terre, princes des troupeaux ! Car les jours sont arrivés où vous allez être égorgés et dispersés. Vous tomberez comme un objet de valeur. (25:34)

Ce sont des appels pressants ! Mais comment seront-ils entendus ? Pour les auditeurs, ils seront comme un non événement ! Jérémie semble parler dans le vide ; nous ne voyons aucun mouvement qui indiquerait une crainte, un regret… En effet, le peuple aimait les paroles trompeuses des faux prophètes, ceux qui parlaient "paix" quand la guerre était aux portes… "Ils soignent à la légère la blessure de mon peuple : "Tout ira bien, tout ira bien !", disent-ils, et rien ne va !" (6:14, 8:11)


 
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02-02-2010, 18:00:03 Eric
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01-02-2010 Jérémie, le prophète
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LE TEMPS DE BABYLONE
605-597
 
Joïaqim et Joïakin
Jérémie 22-23,25,35-36,45,47

 
KARKEMISH
L'an 605

Tandis que Joïaqim, vassal du Pharaon, retourne à l’idolâtrie et s’élève avec véhémence contre le prophète, le monde change ! Mais peut-il pressentir le désastre, si proche pourtant ? Il est vassal, et donc aussi protégé par le Pharaon ! Que craindrait-il venant du nord ? Que valent les annonces de Jérémie au regard de la puissance de son protecteur ? Après tout, ce prédicateur, que connaît-il aux arcanes de la politique internationale ? Et pourtant, les jours sont comptés. Ce n’est pour Joïaqim qu’une période d’illusions, et elle sera de courte durée.
 
Une nouvelle puissance politique et militaire a émergé. Elle secoua le joug assyrien dès 626, détruisit Ninive en 612, tint tête aux Egyptiens de Néchao II en 609, quand il ambitionna de reprendre le contrôle de la Syrie… Le feu couve tandis que Karkemish est égyptienne. Mais en 605, le foyer se ranime sous un vent puissant, violent, ravageur ! Nabuchodonosor s’empare de Karkemish ! A peine la victoire remportée, la mort de son père, le roi Nabopolassar, le conduit à rentrer à Babylone. Le 23 septembre 605, il monte sur le trône sous le nom de Nabuchodonosor II.
 
Ce jeune roi est exceptionnel, nanti de multiples talents : homme de guerre, homme d’administration, homme de culture… Son empire va croître tout au long de ses quarante-trois ans de règne (605-562) ! La ville de Babylone s’étendra et s’embellira comme nulle ville au monde.
 
Sitôt couronné, il rejoint son armée au nord de la Syrie. Le verrou de Karkemish avait sauté ; la victoire sur l’armée égyptienne lui donne le champ libre pour établir sa puissance sur les royaumes de Syrie et sur le pays d’Israël. Ainsi, venant du nord, le chaudron bouillant se déverse sur la contrée, et sur Juda, et jusqu’à Jérusalem. La carte politique de la région est bouleversée !
 
Le prophète réalise ce qui se passe, réalisant que ces armées, sans en avoir conscience, servent au gouvernement de Dieu en vue de l’aboutissement de Son propos ! C’est un grand tournant pour Juda ! Quatre ans de sujétion à l’Egypte s’achèvent, et c’est définitif ! Ce ne seront pas les tentatives ultérieures de rapprochement du Pharaon opérées par Joïaqim ou Sédécias après lui qui modifieront le décret…
 
Nouvelle période aussi pour Jérémie ! Nous l’avons vu avertissant aux portes du Temple et dans les villes de Juda pendant les années de Josias. Un homme attentif, un homme qui médite, un homme qui nous fait connaître la pensée de Dieu, et plus encore : la personne de Dieu. Et il est empreint lui-même de la tristesse de Celui qui veut bénir et dont "les eaux fraîches qui viennent de loin" (18:14) sont méprisées. Un homme qui supplie pour ce peuple alors qu’il n’y a déjà plus de remède. Ce n’est plus le jeune prédicateur. Il est devenu signe pour son peuple, par sa solitude, par l’abandon de son héritage à Anatoth, par le grand périple qu'il fit jusqu’à l’Euphrate ! C’est un homme dans la force de l’âge qui convoqua les anciens, c’est aussi un homme qui connut la brutalité, le bloc où il fut incarcéré une nuit par le responsable du Temple !
 
Et lorsque la victoire des armées du nord est remportée à Karkemish, Jérémie fait un bilan… Mais sait-il lui-même qu’il demeurera à la brèche près de vingt années encore ? Sait-il ce qu’il aura à souffrir ? Une chose est claire pour lui : le temps de la domination des nations sur son peuple est venu ! Et c'est sa seule préoccupation, car son peuple court à la désolation…

 
LA FIN D'UNE ILLUSION
Jérémie 25, 45, 36:1-8

En cette quatrième année de Joïaqim, le prophète parlant au peuple résume en une phrase les vingt-trois ans d’avertissements qui se sont écoulés ; un nombre d’années évocateur d’un chemin bien difficile.

Depuis la treizième année de Josias, fils d'Amôn, roi de Juda, jusqu'à ce jour, voilà vingt-trois ans que la parole du SEIGNEUR m'est parvenue ; je vous la dis, inlassablement, je vous la dis, et vous n'écoutez pas. (25:3)

Gardons en mémoire l’engagement sans réserve de cet homme qui, sans que nous puissions dire qu’il ne fut écouté de personne, marcha seul, honni de son entourage, de ses proches à Anatoth (20:10). Quel fut son soutien tout du long ? La réponse, nous la lisions dans ces pages du temps de la sécheresse : il était nourri de la Parole de son Dieu (15:16).
 
Aujourd’hui, le chaudron bouillant n’est plus une pensée, une perspective lointaine ! Il est une réalité en marche. Les armées sont en mouvement.
 
Comme les autres prophètes, notamment Sophonie ou le malheureux Urie qui prit peur et s'enfuit en Égypte (26:21), Jérémie a parlé de la part du SEIGNEUR. Pensons-nous que les reproches de Dieu touchent des questions de rites, de sacrifices, lorsqu’Il faisait dire au peuple :

Que chacun de vous revienne, je vous prie, de sa voie mauvaise et de ses agissements mauvais (25:5).

Il ne s’agit pas de profession religieuse, mais bien des actes de la vie, du comportement des uns envers les autres, de l’injustice qui se manifeste : oppression, violence, même à l’encontre des plus faibles : "l'immigré, l'orphelin et la veuve" (22:3) ! Jérémie n’avait-il pas illustré combien vaine est la profession religieuse, les rites ? N’avait-il pas coupé sa chevelure, rejetant ainsi les signes de son naziréat, cette marque rituelle de la consécration à Dieu (7:29) ?


 
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01-02-2010, 18:00:06 Eric
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24-01-2010 Jérémie, le prophète
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REGARD SUR UN DEBUT DE REGNE

 
Désolante inconséquence que ces quatre premières années de règne de Joïaqim. Il n’y eût pas de délais, lors de la mort inopinée de Josias, pour que son œuvre s’écroule. Et les avertissements ne manquèrent pas : Joakhaz, propulsé sur le trône dès la mort de son père, est prisonnier en Égypte, Joïaqim verse le tribut au Pharaon… Les temps changent. Cette page d’histoire qui privilégia Josias est bien tournée ! Et pourtant les avertissements du prophète ne sont qu’un bruit dérangeant la quiétude de ceux qui jugeaient vain ce combat de Josias, vain le service de Dieu, vaine l’obéissance à ses préceptes… Vaine l’eau rafraîchissante de la Parole du SEIGNEUR !
 
Jérémie n’a cessé de parler ; la ceinture gâtée dans les eaux de l’Euphrate, le vase brisé et le discours au Temple n’ont eu d’autres effets pour lui que l’opprobre… et le passage des complots aux actes. Jérémie passa la nuit au bloc…
 
Mais le temps avance, les échéances se rapprochent… Une évidence ! Mais ne trouve-t-on pas des échappatoires lorsque le délai n’est pas connu ! "Venez, disent-ils, je vais chercher du vin, nous nous enivrerons d’alcool ! Nous en ferons autant demain : il en reste en grande abondance" (Ésaïe 56:12) Et les nations, ces voisins qui se portent si bien… Pourquoi ne les suivrions-nous pas ? Pourquoi ne ferions-nous pas comme tout le monde ? Pourquoi nous tiendrions-nous à part pour célébrer le SEIGNEUR en l’honorant par nos actes, par la fidélité à la Loi qu’Il nous a donnée ? Pourquoi ? Alors le message du prophète se précise, car le temps presse, les nations conquérantes sont prêtes maintenant, et, hélas, par ses abandons, le peuple est mûr pour le jugement, car les avertissements ne lui profitent pas, décidés qu’ils sont à ne pas les entendre.


 
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24-01-2010, 11:07:59 Eric
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13-01-2010 Jérémie, le prophète
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La douleur du prophète - 20:1-18

Les coups et le supplice de la nuit ne lui sont pas indifférents ! C’est au SEIGNEUR qu’il parle alors, hors de la vue de ses ennemis. A-t-il voulu de cette vie lorsqu’au commencement il fut interpellé par la Parole de Dieu ? Lorsqu’il considéra le bâton d’amandier, lorsqu’il comprit le terrible avenir de son peuple tandis que son regard tourné vers le nord vit le chaudron bouillant ? Ses paroles sont forte !

Tu m'as dupé, SEIGNEUR, et je me suis laissé duper ; tu m'as saisi, et tu l'as emporté. Je suis sans cesse en butte à la dérision, tout le monde se moque de moi. (20:7)

Dupé ! Il n’a pas voulu de ce chemin, il n’a pas compris ce qui allait lui advenir… Lorsqu’il pressentit, au début du chemin qu’on lui ferait la guerre (1:19), avait-il vraiment mesuré ce qu’il vivrait ? Et il nous dévoile les pensées qui lui vinrent : abandonner le combat…

La parole du SEIGNEUR m'expose sans cesse aux outrages et aux railleries. Si je dis : "Je ne l'évoquerai plus, je ne parlerai plus en son nom", c'est dans mon cœur comme un feu dévorant, enfermé dans mes os ; je me fatigue à le contenir, et je n'y parviens pas. (20:8-9)

Un immense "Pourquoi" ! Douleur, reproches même, mais aussi confiance, se mêlent dans l'esprit du prophète tandis qu’il laisse éclater sa souffrance devant Dieu. Que faire sinon regarder au loin, plus loin ? Et se fortifier dans la louange, en une hymne qui élève l’âme jusqu’à la présence de Dieu ? Des paroles fortes :

Mais le SEIGNEUR est avec moi comme un héros puissant ; c'est pourquoi mes persécuteurs trébucheront et ne l'emporteront pas. Ils auront bien honte de n'avoir pas réussi : ce sera une confusion pour toujours; on ne l'oubliera pas… Chantez pour le SEIGNEUR, louez le SEIGNEUR ! Car il délivre le pauvre de la main des mauvais. (20:11,13)

Ce cri lui vient au cœur, mais il bascule encore dans la douleur en regardant à ce qu’est sa vie ! A quoi sert une telle vie : parler, avertir, et aussi faire connaître la grâce, au milieu de gens qui ne veulent pas écouter ! Devant Dieu, il exprime son attachement au peuple en intercédant pour lui, et doit comprendre que ses prières sont inutiles… Pas même la consolation d’un résultat de ses appels ! Pensons ! Jérémie peut-il vraiment aimer la vie qui lui est assignée ? Les moqueries, les diffamations dont il est l’objet ne lui sont pas indifférentes (20:10). Que de raisons pour clamer à Dieu sa peine ! Alors il crie encore :

Pourquoi suis-je sorti du ventre de ma mère si je dois voir l'oppression et la douleur et achever mes jours dans la honte ? (20:18)

Et pourtant il ne peut s’arrêter ! Il poursuit sa route !Il réalise que Dieu parle, que le Créateur fait connaître sa pensée, et qu'Il a la haute main sur toutes choses ; et cette parole qu'il reçoit demeure en lui ; elle est en lui un feu brûlant ! Il ne peut s’arrêter d’avertir…


 
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13-01-2010, 18:00:06 Eric
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12-01-2010 Jérémie, le prophète
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Le vase brisé, la nuit au bloc - 19:1-15

C’est la première fois que nous voyons Jérémie convoquer les anciens. Jusque là, il allait aux portes du Temple ou dans les rues de Jérusalem et des villes de Juda. Il s’adressait aux passants. Les années passent, et il acquiert au moins l’autorité de l’âge, même si l’on ne veut pas l’écouter… Nous pouvons penser à ce déplacement des anciens, des gens importants, des notables. Ils ont un certain pouvoir… et plusieurs avaient déjà déclaré que le prophète méritait la mort. N'eût-il pas mieux convenu qu'il s'en aille dans quelque retraite, au moins quelques temps ? Mais ce n’était pas le chemin…
 
Le lieu de la convocation : Hinnom, vallon longeant Jérusalem au sud et à l’ouest de la ville, juste sous ses remparts. L’atelier du potier n’est pas loin. C’est aussi un lieu d'abomination, la vallée où est dressée la statue de Moloch.
Voir aussi 7:31-32 et 2 Rois 23:10.

Tu briseras ensuite la cruche, sous les yeux des hommes qui seront allés avec toi, et tu leur diras : Ainsi parle le SEIGNEUR (YHWH) des Armées : C'est ainsi que je briserai ce peuple et cette ville, comme on brise une poterie qui ne peut plus être réparée. (19:10-11)

Un geste significatif, des paroles fortes… Nous ne lisons pas la réaction des anciens. D'ailleurs, pouvaient-ils réagir tandis que leur regard embrassait à la fois le vase brisé et l’abominable idole où l’on jetait au feu des enfants offerts en sacrifice…
 
Sitôt le geste accompli et les paroles dites, Jérémie s’en va, franchit la porte de la ville et se rend au Temple ! L’avertissement donné aux anciens doit être entendu de tous avant que ces derniers n’aient l’occasion d’en déformer le sens.

Jérémie revint du topheth, où le SEIGNEUR l'avait envoyé parler en prophète. Puis il se tint dans la cour de la maison du SEIGNEUR. (19:14)

Bravant l’opposition croissante, il parle, il ne peut se taire.
 
Mais au Temple, les prêtres veillent, et le temps n’est plus aux complots et aux seules menaces (26:8). Il y a consensus pour s’opposer à lui ! Et ainsi Pashhour, le premier intendant de la Maison de Dieu passe aux actes.

Pashhour frappa Jérémie, le prophète, et le mit aux entraves à la Porte Haute de Benjamin, dans la maison du SEIGNEUR. (20:2)

Les entraves ! Des "ceps", instrument de supplice où les mains et les pieds sont enserrés. Jérémie ne dit pas un mot sur le moment. Mais le lendemain, le prophète libéré adresse à Pashhour des paroles sévères ! Il ne faiblit pas ! Il est là de la part du SEIGNEUR ! Mais est-il pour autant un surhomme qui peut tout supporter sans éprouver la douleur ?


 
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12-01-2010, 18:00:09 Eric
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11-01-2010 Jérémie, le prophète
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Prière de Jérémie - 18:18-23

Jérémie prend maintenant la parole ! Il a vu ce qu’illustre l’acte du potier, il a compris, et s’il reçoit ce message, il ressent aussi la peine que lui coûte sa propre mission. Il connaît les bruits, les complots, les menaces.

Venez, préparons un plan contre Jérémie ! Car la loi ne fera pas défaut au prêtre, ni le conseil au sage, ni la parole au prophète. Venez, frappons-le par la langue, et ne prêtons pas attention à toutes ses paroles ! (18:18)

Pourquoi s’en prendre à lui ? Ne veut-il pas le bien du peuple en l’avertissant, n’est-il pas à la brèche devant son Dieu, souhaitant le bien pour ce peuple rebelle :

Souviens-toi que je me suis tenu devant toi pour parler en leur faveur et détourner d'eux ta fureur. (18:20)

Un paradoxe : Jérémie espère que le mal qu’il annonce n’arrive pas tandis que le peuple, qui ne veut rien entendre, fomente des complots contre lui s’écriant :

C’est en vain que l’on sert Dieu ! (18:20)

Y a-t-il une réponse de Dieu à ce cri douloureux ? "Jérémie, en effet, retire-toi, ne parle plus, ce n’est plus la peine…" Non, la réponse est : "Jérémie, poursuis !"
Va acheter une cruche chez un potier, et prends avec toi des anciens du peuple et des anciens des prêtres. (19:1)

Le prophète tait sa peine ! A la parole de son Dieu il marche ! Il achète un vase au potier… Jérémie prédicateur, devenu signe pour son Dieu, est maintenant acteur, une scène doit être présentée pour frapper les esprits.


 
Prière de Jérémie - 18:18-23

Jérémie prend maintenant la parole ! Il a vu ce qu’illustre l’acte du potier, il a compris, et s’il reçoit ce message, il ressent aussi la peine que lui coûte sa propre mission. Il connaît les bruits, les complots, les menaces.

Venez, préparons un plan contre Jérémie ! Car la loi ne fera pas défaut au prêtre, ni le conseil au sage, ni la parole au prophète. Venez, frappons-le par la langue, et ne prêtons pas attention à toutes ses paroles ! (18:18)

Pourquoi s’en prendre à lui ? Ne veut-il pas le bien du peuple en l’avertissant, n’est-il pas à la brèche devant son Dieu, souhaitant le bien pour ce peuple rebelle :

Souviens-toi que je me suis tenu devant toi pour parler en leur faveur et détourner d'eux ta fureur. (18:20)

Un paradoxe : Jérémie espère que le mal qu’il annonce n’arrive pas tandis que le peuple, qui ne veut rien entendre, fomente des complots contre lui s’écriant :

C’est en vain que l’on sert Dieu ! (18:20)

Y a-t-il une réponse de Dieu à ce cri douloureux ? "Jérémie, en effet, retire-toi, ne parle plus, ce n’est plus la peine…" Non, la réponse est : "Jérémie, poursuis !"
Va acheter une cruche chez un potier, et prends avec toi des anciens du peuple et des anciens des prêtres. (19:1)

Le prophète tait sa peine ! A la parole de son Dieu il marche ! Il achète un vase au potier… Jérémie prédicateur, devenu signe pour son Dieu, est maintenant acteur, une scène doit être présentée pour frapper les esprits.


 
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11-01-2010, 18:00:09 Eric
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