27/06/2013

Exode 25:1-9 - Le Tabernacle, prologue


 

LE TABERNACLE
La Tente de la Rencontre
Livre de l'Exode, chapitres 25 à 31

 
Prologue

 
Un peuple libéré de l'esclavage

 
Le Tabernacle, la Tente de la Rencontre de l’Israélite avec Dieu, occupe une place importante dans le Livre de l’Exode, mais surtout, avec le Temple qui lui succédera, dans la vie d’Israël. Lieu essentiel du culte rendu à Dieu, centre de rassemblement en particulier lors des fêtes solennelles, le Tabernacle était avant tout une évocation permanente de la pensée de Dieu dont il est une expression symbolique. Ainsi, il prend place dans l’histoire de la foi dès qu’il y eût un peuple choisi pour que soit révélé le grand projet de Dieu pour l’humanité, qu’il conçut avant la fondation du monde.
 
L’histoire du peuple choisi commence, d’un certain point de vue, au Buisson ardent. Les fils d’Israël, plongés dans la fournaise de l’Égypte, en proie à une épreuve intense, ne sont pas anéantis… Tout au contraire, un libérateur* est préparé pour intervenir de la part du Seigneur de toute la terre (Psaume 97:5). Et cet homme, Moïse, lève les yeux, "et voici, le buisson était tout ardent de feu, et le buisson n'était pas consumé" (Exode 3:2).
* "Ce Moïse… Dieu l'a envoyé pour chef et pour libérateur, par la main de l'ange qui lui était apparu au buisson." (Actes 7:35).
C’est alors que Dieu donne à connaître son Nom. Il se donne à connaître ! Autrement dit, il entre en relation avec Moïse et avec le peuple qu’Il a choisi. Dieu, Elohim, la déité dans son absolu, se fait connaître aux fils d’Israël sous le Nom "Je Suis", YHWH (Exode 3:14), ce qui est traduit par l’Éternel dans bien des Bibles en français, tandis que dans d’autres, le tétragramme hébreu est transcrit sous la forme "Yahweh". Les Israélites sont invités à connaître Celui qui veille sur eux, comme il veilla sur leurs pères (Genèse 48:15), et entrer dans une relation consciente et responsable avec Lui.
 
Peuple libéré, délivré, sur lequel Dieu veut faire reposer sa bénédiction, Israël connaît par les récits du Livre de l’Exode les grands principes de la relation dans laquelle l’homme attaché à l’Éternel est introduit. Et ces principes sont exposés en plusieurs étapes.
 
Le récit débute par l’expérience de la vie dans le désert (Exode 15 à 18). A peine le cantique de la délivrance chanté, le peuple fait ses premiers pas dans la liberté et connaît des temps d’épreuves et des temps d’apaisement, les eaux amères de Mara comme les fontaines d’Elim. Le peuple y apprend les ressources divines, à savoir la manne et l’eau vive. Il y apprend aussi le Shabbat, reçu comme don de la part de Dieu, avant goût de ce que sera l’entrée dans le repos de Dieu.

 
L'engagement du peuple

Arrivés en Sinaï, Moïse monte une première fois sur la montagne (19:3). C’est alors que le peuple est appelé à entrer dans l’Alliance avec Dieu. Il est placé devant une grande responsabilité : "Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d'aigle, et vous ai amenés à moi. Et maintenant, si vous écoutez attentivement ma voix et si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez en propre d'entre tous les peuples ; car toute la terre est à moi ; et vous me serez un royaume de prêtres, et une nation sainte" (19:4-6). Les Israélites expriment alors, une première fois, leur engagement, disant d’une seule voix : "Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons" (19:8).
 
Moïse monte alors une deuxième fois sur la montagne pour y porter symboliquement l’engagement du peuple (19:8), et une troisième fois encore (19:20) pour entendre les paroles de la Loi et les directives quant aux manifestations publiques essentielles de l’Alliance. Le peuple sera convié à se réunir régulièrement pour se rappeler sa relation à Dieu, tandis que l’Éternel s’engage dans la protection du peuple. C’est ici que sont enseignées pour la première fois les trois fêtes de pèlerinage des Israélites (23:14-19) : la fête des pains sans levain, souvenir de la sortie d’Égypte, la fête des récoltes, sept semaines plus tard, et la célébration de la fête des Cabanes, Succot, qui devra être célébrée dans le pays promis en mémoire de la traversée du désert et dans la jouissance de la bénédiction reçue.
 
Il y a alors un nouvel engagement du peuple (24:3) suivi de l’écriture par Moïse des paroles entendues sur la montagne. Le Livre de la Loi est alors lu devant le peuple qui réitère sont engagement pour la troisième fois : "Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons, et nous écouterons." (24:7). Cette scène s’achève en une manifestation de la gloire de l’Éternel, à la suite de quoi Moïse est appelé à monter une quatrième fois sur la montagne : "L'Éternel dit à Moïse : Monte vers moi sur la montagne, et sois là ; et je te donnerai les tables de pierre, et la loi et le commandement que j'ai écrits pour les instruire" (24:12).
 
Le livre indique une longue période, quarante jours, où, tandis que Dieu parlait à Moïse dans la montagne, le peuple se mit à douter. Moïse recevait des instructions concernant le Lieu de la Rencontre, la Tente où s’exprimera la relation du peuple avec l’Éternel, et pendant ce temps le peuple, dans la crainte et le doute, poussait Aaron à la fabrication du veau d’or. Et nous constatons que cela n’altère pas le propos de Dieu concernant l’Alliance.

 
L’édification du Tabernacle

 
C’est en de longues pages que nous est donné le descriptif du Tabernacle, du Lieu de la Rencontre avec Dieu, ces instructions s’achevant par des indications pratiques, à savoir le nom de personnes douées pour conduire l’exécution des nombreuses tâches qu’une telle œuvre impose : ouvrages de métallurgie fine, travaux de joaillerie, de menuiserie, de parfumerie et de peausserie, confection de tissus, de vêtements…
 
La Tente de la Rencontre, expression de l’Alliance, sera constituée de façon précise ; il n’y a pas de place pour l’imagination… Mais les hommes et les femmes qui auront à cœur l’Alliance contribueront à l’ouvrage. En effet, mis à part l’argent du dénombrement, tout l’édifice sera constitué d’offrandes volontaires.

25   1 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 2 Parle aux fils d'Israël, et qu'ils prennent pour moi une offrande élevée. Vous prendrez mon offrande élevée de tout homme que son coeur y portera. 3 Et c'est ici l'offrande élevée que vous prendrez d'eux : de l'or, de l'argent et du bronze ; 4 du bleu, de la pourpre, de l'écarlate et du fin lin et du poil de chèvre ; 5 des peaux de béliers teintes en rouge, et des peaux de tahach ; du bois de sittim ; 6 de l'huile pour le luminaire, des aromates pour l'huile de l'onction et pour l'encens des drogues odoriférantes ; 7 des pierres d'onyx, et des pierres à enchâsser pour l'éphod et pour le pectoral. 8 Et ils feront pour moi un sanctuaire, et j'habiterai au milieu d'eux. 9 Selon tout ce que je te montre, le modèle du tabernacle et le modèle de tous ses ustensiles, ainsi vous ferez.

Il faut souligner l’enthousiasme que suscita l’édification du Tabernacle, comme nous pouvons le lire aux derniers chapitres du Livre de l’Exode après l’épisode douloureux du Veau d’Or. Des hommes et des femmes vont se porter volontaires, apportant librement de leurs biens, des matériaux pour la construction de l’édifice. Pas de prélèvement, mais des dons spontanés. "Et tout homme que son cœur y porta, et tous ceux qui avaient un esprit généreux, vinrent et apportèrent l'offrande de l'Éternel pour l'œuvre de la tente de la rencontre, et pour tout son service, et pour les saints vêtements. Et les hommes vinrent avec les femmes : tout homme qui offrit une offrande tournoyée d'or à l'Éternel, tous ceux qui avaient le cœur généreux apportèrent des anneaux de nez, et des pendants d'oreille, et des anneaux, et des colliers, toutes sortes d'objets d'or." (35:21-22). Ces hommes et ces femmes abandonnent des matériaux de valeurs, et aussi des objets de vanité pour l’édification du lieu de rencontre avec l’Éternel !
 
Le bois rassemblé est du sittim, une variété d’acacia que l’on trouve dans ces lieux désertiques du Sinaï, comme ailleurs en Arabie. Son bois est imputrescible, ce qui en fait un matériaux bien adapté à un tel ouvrage qui illustre un propos éternel.
 
Nous voici donc à pieds d’œuvre pour entrer dans cette révélation que l’Éternel fait de Lui-même.
 
L’exposé du Livre de l’Exode ne constitue pas une visite guidée de l’édifice, considérant l’extérieur avant d’y pénétrer. Il exprime en premier abord ce qui est au cœur de la pensée divine, la finalité du plan divin. Et il conduit progressivement dans la révélation de ses voies pour aboutir aux manifestations de la louange et de la reconnaissance des hommes nourris de la révélation de Dieu.

 
Le Tabernacle et la fonction sacerdotale

 
Deux grandes sections nous sont présentées, l’une et l’autre agençant selon un ordre pédagogique la présentation de mobiliers particuliers, d’éléments de structure de l’édifice et de fonctions qui seront exercées.
 
Tout d’abord le Tabernacle lui-même. La présentation de la pensée de Dieu, partant des symboles de l’Alliance et se poursuivant par la description de la Tente et du Parvis pour clôturer sur un aspect essentiel : la lumière continuelle brillant dans le Lieu Saint.
 
La deuxième partie concerne le travail de Dieu pour l’humanité et le chemin de l’homme vers Dieu. Il s’agit de la fonction sacerdotale décrite par les vêtements que porte le grand prêtre lors de circonstances particulières et de la consécration de la famille sacerdotale, signifiant les bases sur lesquelles l’homme s’appuie pour s’approcher de Dieu. La suite a trait au service sacerdotal lui-même et aux objets cultuels appropriés.

 

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Exode 25:10-40 - Les Symboles de l'Alliance


 

La symbolique de l’Alliance

 
LE PROJET DU SEIGNEUR

 
L’Arche et le Propitiatoire

 
D’entrée nous voici devant un coffre pas bien grand, quatre planches latérales et un fond, du bois de sittim… La coudée valant environ du quarante-cinq centimètres, le coffret est long d’un peu plus d’un mètre pour la moitié en largeur comme en hauteur. Modeste dans ses dimensions, mais paré de gloire, étant plaqué d’or pur et nanti d’un couvercle d’or, le Propitiatoire, dont le nom hébreu "kaporeth" dérive du verbe "couvrir" ou "effacer", proche de l’expression "prix du rachat", "kopher" (Psaumes 49:8, 65:4, 79:9). Des extrémités de ce couvercle d’or sont tirées, formant une seule pièce avec lui, deux chérubins le couvrant de leurs ailes… Tout un symbole !

10 Et ils feront une arche de bois de sittim : sa longueur sera de deux coudées et demie, et sa largeur d'une coudée et demie, et sa hauteur d'une coudée et demie. 11 Et tu la plaqueras d'or pur ; tu la plaqueras dedans et dehors, et tu y feras un couronnement d'or tout autour ; 12 et tu fondras pour elle quatre anneaux d'or, et tu les mettras à ses quatre coins, deux anneaux à l'un de ses côtés, et deux anneaux à l'autre de ses côtés. 13 Et tu feras des barres de bois de sittim, et tu les plaqueras d'or ; 14 et tu feras entrer les barres dans les anneaux, aux côtés de l'arche, pour porter l'arche par elles. 15 Les barres seront dans les anneaux de l'arche ; on ne les en retirera point. 16 Et tu mettras dans l'arche le témoignage que je te donnerai. 17 Et tu feras un propitiatoire d'or pur : sa longueur sera de deux coudées et demie, et sa largeur d'une coudée et demie. 18 Et tu feras deux chérubins d'or ; tu les feras d'or battu, aux deux bouts du propitiatoire. 19 Fais un chérubin au bout de deçà, et un chérubin au bout de delà : vous ferez les chérubins tirés du propitiatoire, à ses deux bouts. 20 Et les chérubins étendront les ailes en haut, couvrant de leurs ailes le propitiatoire, et leurs faces seront l'une vis-à-vis de l'autre ; les faces des chérubins seront tournées vers le propitiatoire. 21 Et tu mettras le propitiatoire sur l'arche, par-dessus, et tu mettras dans l'arche le témoignage que je te donnerai. 22 Et je me rencontrerai là avec toi, et je parlerai avec toi de dessus le propitiatoire, d'entre les deux chérubins qui seront sur l'arche du témoignage, et te dirai tout ce que je te commanderai pour les fils d'Israël.

Ce coffret contiendra les tables de la Loi, "le Témoignage" comme il est écrit (25:21), le symbole de l’Alliance que Dieu contracta avec des hommes qui Le croient, qui ont reçu Sa parole et qui y adhèrent. La question, en effet, n’est pas de croire ou ne pas croire qu’il y a un Créateur*, mais d’adhérer à Sa pensée, car tel est le sens réel de la foi, terme dont l’étymologie inclut l’adhésion et la confiance. L’Alliance n’est pas une question de perfection – inatteignable pour l’homme – mais d’attachement à la Parole de Dieu. En effet, il se trouve, dans la figure que nous donne l’assemblage présenté, ce couvercle si remarquable posé sur l’Arche, le coffret de bois "plaqué d’or au-dedans et au dehors". Le Propitiatoire "couvre" symboliquement ceux qui sont attachés à la pensée de Dieu, ceux qui humblement, comme le dira plus tard le prophète Michée, marchent avec Dieu (Michée 6:8), comme il est dit aussi d’Abraham et des autres patriarches. Une marche, dans laquelle il se trouve bien des faux pas, mais caractérisée par une adhésion sincère à la pensée de Dieu.
* "Tu crois que Dieu est un ; tu fais bien : les démons aussi croient, et ils frissonnent." (Jacques 2:19).
En précisant que des chérubins tirés du propitiatoire étendaient leurs ailes par-dessus, le texte induit la rigueur de la sainteté et de la justice de Dieu. Interdisant l’accès au Dieu de sainteté dans le texte du Jardin d’Eden (Genèse 3:24), cette figure est associée au Trône de gloire dans l’impressionnante vision d’Ézéchiel (Ézéchiel 10). Ici, ils regardent le propitiatoire qui couvre l’arche de l’Alliance. Et que voient-ils ? Le couvercle d’or, le Propitiatoire lui-même, mais aussi, selon que nous lisons au Livre du Lévitique, le sang du sacrifice répandu sur le Propitiatoire d’année en année lors de la fête de Kippour, la fête du Grand Pardon (Lévitique 16:14).
 
Cette symbolique est extrêmement précieuse pour la famille de la foi, comme nous pouvons lire cette parole de jubilation : "Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, celui dont le péché est couvert !" (Psaume 32:1). La révélation est focalisée sur cette grande question : Dieu a créé l’homme libre et responsable, et quoiqu’il lui communique sa pensée, cette communication même ne peut l’amender, le rendre parfait. Mais il apprend que la ressource est apportée par Dieu lui-même, le propitiatoire évoquant le rachat, la rédemption, une réalité spirituelle dont étaient pénétrés les croyants d’entre les Israélites, comme en témoignent bien des expressions des Psaumes (Psaumes 49:15, 85:10...), ainsi que des paroles des prophètes (Ésaïe 1:18 et 27). Le croyant entre dans cette profonde réalité lorsque, lors de la "ligature d’Isaac", le texte place aux lèvres d’Abraham cette parole : "Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste" (Genèse 22:8).
 
L’arche est couronnée d’or et complétée d’anneaux qui serviront à placer les barres pour le transport de l’ensemble. Le symbole essentiel de l’Alliance accompagnera la foi tout au long de sa pérégrination au désert ! Portée à bras d’homme, l’arche est enveloppée avec soin, "un drap tout de bleu" la couvrant (Nombres 4:6). Ainsi l’Israélite fidèle, sous la voûte céleste toute de bleu, discerne ce qui est au-delà du ciel qui le couvre, au-delà même des cieux des cieux (1 Rois 8:27), c’est-à-dire au troisième ciel ainsi que l’exprime la tradition hébraïque*. Le fidèle connaît ce que l’homme ne peut discerner, à savoir le propos miséricordieux de Dieu**. L’Arche contenant les précieuses Tables et couvertes du Propitiatoire est le symbole de la réponse parfaite à la sainteté de Dieu.
* Les Ecritures nous donnent à considérer le ciel, celui que nous voyons, la voûte céleste, et ce terme représente quelques fois les grands de ce monde, les autorités qui le dominent. Au-delà se trouvent les "Cieux des cieux", expression désignant le séjour des êtres célestes, les anges. Le "Troisième ciel" représente alors la présence de Dieu lui-même (2 Corinthiens 12:2"que les cieux des cieux ne peuvent contenir", ceux-ci appartenant à la création (1 Rois 8:27, Néhémie 9:6, Psaume 148:4).
 
** "Notre Dieu sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité…" (1 Timothée 2:3-4).
Une dernière parole vient encore touchant les chérubins. Elle concerne Moïse, intermédiaire choisi par Dieu pour communiquer sa Parole aux Israélites. C’est une situation unique et transitoire qui ne sera pas relayée par la famille d’Aaron, car la Loi a été donnée à Israël au commencement de son chemin, et n’est pas sujette à adaptations ou compléments, mais donnée en vue d’être accomplie. Moïse, en dehors de tout service sacerdotal confié à Aaron et à sa famille, se présentera en ce lieu pour recevoir la parole de Dieu, il la recevra devant les signes de l’Alliance, expression de la présence de Dieu au milieu du peuple. L’expression, et non la présence même de Dieu, l’Israélite le sait très bien, car "Les cieux des cieux, ne peuvent Le contenir" (1 Rois 8:27).
 
Ainsi, les fondements sont posés, le projet de Dieu conçu avant la fondation du monde (Proverbes 8:22-31) est présenté dans ces symboles dont le peuple d’Israël est le dépositaire. Dans le respect de la justice, Dieu introduira dans sa présence des hommes attachés à l’Alliance, des hommes ayant foi en la parole de Dieu, lesquels seront "couverts" quant à leur propre incapacité. C’est ici la réponse de la miséricorde aux conséquences de la responsabilité de l’homme exprimée par la parabole du jardin d’Eden duquel Adam, l’être humain, dut être écarté. Les chérubins qui, dans cette scène imagée, interdisent l’accès à Dieu en son Jardin contemplent dans le symbole placé devant nous le prix du rachat…
 
Mais la pose de ce fondement répond-elle aux besoins de l’homme "ici et maintenant"? Désirant cette paix avec Dieu, il n’a toutefois pas accès à Lui, et de plus il est soumis aux aléas de la vie qu’il mène. "Malheur à moi !" dit le jeune prophète (Ésaïe 6:5). Que de doutes, que d’inquiétudes pour celui qui réfléchit, regarde à sa propre vie, connaît sa propre personnalité*  ! D’autres symboles lui sont alors présentés, évoquant le regard que Dieu porte sur les hommes de bonne volonté (Exode 25:2).
* "La loi donc est sainte, et le commandement est saint, et juste, et bon (…) Car je prends plaisir à la loi de Dieu selon l'homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi qui combat contre la loi de mon entendement et qui me rend captif de la loi du péché qui existe dans mes membres. Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ?" (Romains 7:12-25).

 

 
LE REGARD DE DIEU

 
Comment ce Dieu si grand opère-t-il pour que l’homme puisse prendre connaissance de ses pensées et adhérer à ce projet de la grâce ? Ce projet et trop grand pour que l’homme puisse le concevoir. Un prophète, considérant la délivrance s’approchant vers la fin de l’exil à Babylone dira de la part du Seigneur : "Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l'Éternel : car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées" (Ésaïe 55:8-9)*. Toute la relation de Dieu avec le peuple choisi pour être témoin de son projet pour l’homme est tracée dans ces symboles du Tabernacle. Mais, avant tout, l’homme israélite devait connaître que le projet repose sur l’action de Dieu et non pas sur ses propres efforts. Sophonie dira, peu avant la destruction du Premier Temple, témoin de cette douloureuse réalité des déficiences de l’homme, et de l’apostasie : "L'Éternel, ton Dieu, au milieu de toi, est puissant ; il sauvera ; il se réjouira avec joie à ton sujet : il se reposera dans son amour, il s'égayera en toi avec chant de triomphe" (Sophonie 3:17). Le repos du Septième Jour est signe de l’achèvement de la Création.
* Un Juif particulièrement avancé dans la connaissance des Ecritures écrira quelques siècles plus tard : "Ô profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies introuvables" (Romains 11:33).
Ainsi, avant toute évocation de gestes de dévotion, nous sommes placés devant le regard que Dieu porte sur l’homme.

 
La Table des pains

 
Le premier meuble cité est une petite table de hauteur courante, longue de quelque quatre-vingt-dix centimètres sur la moitié en largeur. Petite, mais toute plaquée d’or pur, avec un bord ouvragé posé sur la tranche du bois de sittim, et un rebord formant couronne par-dessus.

23 Et tu feras une table de bois de sittim : sa longueur sera de deux coudées, et sa largeur d'une coudée, et sa hauteur d'une coudée et demie. 24 Et tu la plaqueras d'or pur, et tu y feras un couronnement d'or tout autour. 25 Et tu y feras un rebord d'une paume tout autour, et tu feras un couronnement d'or à son rebord, tout autour. 26 Et tu lui feras quatre anneaux d'or, et tu mettras les anneaux aux quatre coins qui seront à ses quatre pieds. 27 Les anneaux seront près du rebord, pour recevoir les barres, pour porter la table. 28 Et tu feras les barres de bois de sittim, et tu les plaqueras d'or ; et avec elles on portera la table. 29 Et tu feras ses plats, et ses coupes, et ses gobelets, et ses vases, avec lesquels on fera les libations ; tu les feras d'or pur. 30 Et tu mettras sur la table le pain de proposition, devant moi, continuellement.

Le pain de proposition, douze gâteaux disposés sur la table, un par tribu (Lévitique 24:5-9), est ainsi placé pour être "continuellement devant le Seigneur". C’est un signe qui parle par lui-même, chaque Israélite attentif pouvant réaliser qu’il est continuellement sous le regard bienveillant du Seigneur. Nous remarquons aussi qu’outre le couronnement d’or, il se trouve un rebord au plateau de la table gardant les pains de tomber, en particulier lors du transport à bras d’hommes. Au-delà de cet aspect fonctionnel, il s’agit d’un second couronnement d’or qui met particulièrement en évidence combien important est que les pains demeurent sur la table, cette garantie étant une part importante du symbole.
 
La présentation de la Table des pains est complétée de plats, coupes, gobelets et vases, associant ainsi à ce regard de bonté de Dieu sur les tribus d’Israël, l’expression de la joie que représente l’aspersion de vin sur les sacrifices offerts*. Un prophète exprimera cette joie ainsi : "Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait" (Ésaïe 53:11). Et le Psalmiste comprend, lorsqu’il chante : "Il va en pleurant, portant la semence qu'il répand ; il revient avec chant de joie, portant ses gerbes" (Psaume 126:6).
* "Jésus, le chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte…" (Hébreux 12:2).

 
Le Chandelier d’or, ou "Menorah"

 
Le mot hébreu "menorah" se traduit littéralement par "de la flamme" ou "provenant de la flamme", et peut de ce fait être associé à la "sheshinah" la flamme de feu ou de nuée qui parût au dessus du Tabernacle, et qui, dans la tradition d’Israël, est l’expression de la gloire de Dieu (Psaume 78:14). Mais, au fait, qu’est-ce qui, dans ces symboles de l’Alliance pourrait n’être pas un produit de la gloire de Dieu ? La gloire de sa grâce se manifeste de tant de manières envers l’homme qu’Il a créé pour faire alliance avec lui !

31 Et tu feras un chandelier d'or pur : le chandelier sera fait d'or battu ; son pied, et sa tige, ses calices, ses boutons, et ses fleurs, seront tirés de lui. 32 Et six branches sortiront de ses côtés, trois branches du chandelier d'un côté et trois branches du chandelier de l'autre côté. 33 Il y aura, sur une branche, trois calices en forme de fleur d'amandier, un bouton et une fleur ; et, sur une autre branche, trois calices en forme de fleur d'amandier, un bouton et une fleur ; ainsi pour les six branches sortant du chandelier. 34 Et il y aura au chandelier quatre calices en forme de fleur d'amandier, ses boutons et ses fleurs ; 35 et un bouton sous deux branches sortant de lui, et un bouton sous deux branches sortant de lui, et un bouton sous deux branches sortant de lui, pour les six branches sortant du chandelier ; 36 leurs boutons et leurs branches seront tirées de lui, le tout battu, d'une pièce, d'or pur. 37 Et tu feras ses sept lampes ; et on allumera ses lampes, afin qu'elles éclairent vis-à-vis de lui. 38 Et ses mouchettes et ses vases à cendre seront d'or pur. 39 On le fera, avec tous ces ustensiles, d'un talent d'or pur. 40 Regarde, et fais selon le modèle qui t'en est montré sur la montagne.

Des lampes sont allumées dans un lieu obscur, le chandelier éclairant  "vis-à-vis de lui", là où sont disposés les douze pains (40:24). Et cette lumière est portée par "Celui qui veille". L’amandier, évoqué par les calices, les boutons et les fleurs est appelé aussi "l’arbre veilleur" ou "vigilant", le premier arbre qui fleurit en Terre d’Israël ! Sa fleur paraît avant que les feuilles ne se déploient. Lorsque, jeune encore, Jérémie méditait en chemin, il vit un bâton et répondit à Dieu : "Je vois un bâton d’amandier". Il discerna l’amandier, l’arbre qui veille. Et Dieu confirme : "Tu as bien vu ; car je veille sur ma parole pour l'accomplir" (Jérémie 1:12). Le premier acte conduisant à cet accomplissement est de faire paraître la lumière, ainsi que nous le lisons au récit des commencements : "Et Dieu dit : Que la lumière soit. Et la lumière fut" (Genèse 1:3).
 
Cette lumière brillera continuellement, comme nous le lisons plus loin (Lévitique 24:3), les lampes étant commises aux soins d’Aaron, le grand prêtre chargé d’y veiller matin et soir. Nous remarquerons que le grand prêtre évoque un service particulier distinct de la fonction sacerdotale, et représente en figure une réalité qui n’est pas dépendante de l’homme*.
* "Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu. Elle était au commencement auprès de Dieu. Toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l'ont pas comprise." (Jean 1:1-5).
L’Israélite sait, dès ce temps, que la lumière de Dieu est portée sur lui, et cette conviction de foi est chantée par les fidèles, tant la réalité leur est chère : "Car par devers toi est la source de la vie, en ta lumière nous verrons la lumière" (Psaume 36:9). Nous pouvons citer le Livre des Psaumes en bien des pages : la joie éprouvée dans la lumière (27:1, 89:1, 118:27), l’appel à être dans la lumière (43:3, 67:1), la confiance en cette lumière qui paraît pour les justes (97:11, 112:4). l’engagement à marcher dans cette lumière (119:105). Nul ne se trouve ici devant une révélation surprenante. Qui ne connaît la signification de "la lumière"? Mais souvenons-nous que les peuples sont asservis à des puissances ténébreuses tandis que la foi se réjouit dans la réception de cette lumière bienfaisante et porteuse de vie. Elle est la Parole de Dieu qui pénètre le cœur et l’esprit de Sa pensée. Aussi lisons-nous la parole prophétique prononcée six siècles avant notre ère : "le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre de la mort,... la lumière a resplendi sur eux !" (Ésaïe 9:2).
 
Zacharie, prophète d’après l’exil, lors de l’édification du second Temple, reçoit la vision du chandelier et prononce ces paroles : "Je vois, et voici un chandelier tout d'or, et une coupe à son sommet ; et ses sept lampes sur lui ; sept lampes et sept conduits pour les lampes qui sont à son sommet" (Zacharie 4:2) évoquant ainsi la provenance céleste de l’huile qui alimente les sept lampes* dont la lumière porte sur les pains de proposition.
* Jean poursuit dans cette pensée en évoquant les sept esprits de Dieu (Apocalypse 1:4, 3:1, 4:5, 5:6).

*
*   *

Hormis les prêtres, nul parmi les Israélites ne sera invité à visiter le Tabernacle et considérer ces pièces de mobilier dont il vient d’être parlé, cela leur est interdit, mais cependant chacun peut prendre connaissance de leur existence, et penser à la signification de ces symboles.
 
Chaque homme de foi est ainsi porteur d’un message essentiel touchant la pensée divine, la création de l’humanité associée au projet de la grâce et l’Alliance conclue pour l’homme. Le sang répandu sur le Propitiatoire lui garantit que le prix de son rachat est payé. Et cette rédemption est au bénéfice de chacun de ceux qui adhèrent à la parole de Dieu révélée, à sa pensée, à sa Loi, ainsi que nous discernons les deux Tables dans l’Arche de l’Alliance*. Et l’image du repos de Dieu, le septième jour, est lue ainsi comme celle d’un repos à venir lorsque l’homme selon Dieu sera pleinement accompli. Le travail primordial de Dieu est d’apporter sa Lumière, comme l’indique le Chandelier qui brûle sans cesse du matin jusqu’au soir, et du soir jusqu’au matin.
* "Mais maintenant, sans loi, la justice de Dieu est manifestée, témoignage lui étant rendu par la loi et par les prophètes, la justice, dis-je, de Dieu par la foi en Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient ; car il n'y a pas de différence, car tous ont péché et n'atteignent pas à la gloire de Dieu, étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le christ Jésus…" (Romains 3:21-25).

 

 

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Exode 26 - Le Tabernacle


 

LA TENTE DE LA RENCONTRE

 
Ce lieu est appelé "Tente de la Rencontre", évoquant ainsi pour le fidèle un grand sujet de bonheur. Ce Dieu si grand, habitant au-delà des cieux des cieux, pour reprendre l’expression sémitique (1 Rois 8:27), désire approcher l’homme de Lui-même, et fixe un lieu tout empli de symboles afin qu’il n’oublie pas cette bonté divine. Dieu y établira des rencontres solennelles qui seront empreints de joie dans la mémoire de sa miséricorde.
 
Les dimensions de cette tente, sont relativement modestes, trente coudées sur douze, soit environ quatorze mètres sur cinq et demi, pour près de cinq mètres de haut. La présentation peut surprendre, les tapis étant cités en premier, dans l’ordre suivant lequel ils seront posés, avant qu’il ne soit question de ce qui les supporte et en forme la structure du Tabernacle.
Le Tabernacle

 
Le prêtre levant les yeux en pénétrant dans le Tabernacle peut considérer un tapis particulièrement soigné, comme nous pouvons le voir par la mention du "fin lin, en fils retours", soient des fils doublement torsadés, et ainsi particulièrement solides. Le tapis est un tissage de ces fils de lins retors avec des fils de bleu, de pourpre et d’écarlate sur lequel sont brodés des chérubins en fil d’or.

26   1 Et tu feras le tabernacle de dix tapis de fin lin retors, et de bleu, et de pourpre, et d'écarlate ; tu les feras avec des chérubins, un ouvrage d'art. 2 La longueur d'un tapis sera de vingt-huit coudées, et la largeur d'un tapis de quatre coudées : une même mesure pour tous les tapis. 3 Cinq tapis seront joints l'un à l'autre, et cinq tapis seront joints l'un à l'autre. 4 Et tu feras des ganses de bleu sur le bord d'un tapis, à l'extrémité de l'assemblage ; et tu feras de même au bord du tapis qui sera à l'extrémité dans le second assemblage. 5 Tu feras cinquante ganses à un tapis, et tu feras cinquante ganses à l'extrémité du tapis qui est dans le second assemblage, les ganses seront vis-à-vis l'une de l'autre. 6 Et tu feras cinquante agrafes d'or, et tu joindras les tapis l'un à l'autre par les agrafes, et ce sera un seul tabernacle.

Rassembler les matériaux, filer, tisser, coudre ensemble ces longs tapis de plus de douze mètres pour en faire deux tapis de plus de cent dix mètres carrés et enfin confectionner les ganses pour agrafer ces deux tapis ensemble…
 
Ce tapis bien visible dans le Tabernacle pourra rappeler au prêtre la solennité des lieux, leur pureté avant tout, dans ce lin d’une grande blancheur. Le bleu pourra évoquer pour lui le ciel, centre de l’Alliance ; le pourpre, l’autorité de Dieu, comme il est de coutume de revêtir de pourpre les homme puissants (Juges 8:26, Daniel 5:7,29) ; l’écarlate, enfin, est régulièrement associée à la gloire (2 Samuel 1:24, Proverbes 31:21, Jérémie 4:30).
 
Nous lisons plus loin dans le Livre : "Et toute femme habile fila de sa main, et apporta ce qu'elle avait filé : le bleu, et la pourpre, et l'écarlate, et le fin lin." (35:25). Le texte de l’Exode souligne ainsi de diverses manières l’engagement des hommes et de femmes en vue de l’édification du Lieu de la Rencontre. Un engagement personnel !

 
Les couvertures

 
Le tapis de poil de chèvre
La suite est remarquable par le travail ardu que représente la confection d’un tapis de poil de chèvres. Le matériau est bien plus rude que les fibres végétales du tapis de lin, et nous pouvons voir l’engagement de cœur pour le confectionner : "Et toutes les femmes habiles que leur cœur y porta filèrent du poil de chèvre." (35:26).
 
Le tapis de poil est par excellence le vêtement du prophète (2 Rois 1:8), dont la mission essentielle est de communiquer ou rappeler la pensée de Dieu. Il est donc un instrument dans la main du Seigneur pour engager à une plus grande fidélité à Dieu. Le tapis de poil de chèvre, ici, souligne bien la sainteté du Lieu qu’il couvre, séparé du monde au sein duquel il se trouve.
 
Comme pour le tapis du tabernacle, il s’agit de longs tapis, un peu plus longs afin d’assurer une bonne couverture au premier, deux ensembles joints alors par des agrafes de bronze.

7 Et tu feras des tapis de poil de chèvre pour une tente qui sera par-dessus le tabernacle ; tu feras onze de ces tapis ; 8 la longueur d'un tapis sera de trente coudées, et la largeur d'un tapis de quatre coudées : une même mesure pour les onze tapis. 9 Et tu joindras cinq tapis à part, et six tapis à part ; et tu replieras le sixième tapis sur le devant de la tente. 10 Et tu feras cinquante ganses sur le bord du tapis qui sera à l'extrémité de l'assemblage, et cinquante ganses sur le bord du tapis du second assemblage. 11 Et tu feras cinquante agrafes de bronze, et tu feras entrer les agrafes dans les ganses ; et tu assembleras la tente, et elle sera une. 12 Et ce qui pend, le surplus des tapis de la tente, la moitié du tapis, savoir le surplus, pendra sur le derrière du tabernacle ; 13 et la coudée deçà, et la coudée delà, qui est de surplus dans la longueur des tapis de la tente, pendront sur les côtés du tabernacle, deçà et delà, pour le couvrir.

Le replis à l’entrée de la tente sera la seule part visible du tapis, mais bien en place pour rappeler la sainteté du lieu à quiconque s’en approche. Quant aux agrafes, elles sont de bronze, matériau de l’autel des sacrifices, un signe pour les prêtres entrant dans le Lieu saint.

 
Les couvertures de peaux
Deux couvertures de peaux seront posées sur l’ensemble. Nous pouvons nous interroger sur le sens que pouvait avoir cette couverture de peaux de béliers "teintes en rouge". Pas de sacrifice, nul sang ne coule – sinon le sang lui-même eût pu être utilisé pour la teinture des peaux.

14 Et tu feras pour la tente une couverture de peaux de béliers teintes en rouge, et une couverture de peaux de tahach par-dessus.

Les peaux étaient là, disponibles, et les hommes qui en disposaient les apportèrent déjà teintées de rouge (35:23). Ceci nous conduit à cette scène majeure de la "Ligature d’Isaac". Lorsqu’Abraham montait à Morija, son fils lui demanda : "Où est l’agneau pour l’holocauste ?" Et le père lui répondit, dans la foi qui sublimait son angoisse : "Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste." La suite nous fait voir Abraham écoutant Dieu et prenant, comme de Ses mains, le bélier du sacrifice (Genèse 22:7-13). Le sacrifice a été offert et nul autre n’est à offrir pour la confection de la Tente de la Rencontre.
 
La seconde couverture est en peau de "tahack" ! Nulle traduction n’est satisfaisante à cet endroit, c’est pourquoi nous maintenons le terme hébreu*. De cette peau, il en sera fait usage pour envelopper les objets du sanctuaire lors des pérégrinations dans le désert, des housses de cuir souple donc (Nombres 4:6...). Nous en trouvons une autre acception dans le Livre du prophète Ézéchiel, lorsqu’il y est évoqué les soins de Dieu pour son peuple sortant d’Égypte, blessé par les années d’esclavage. Il y est question d’une parure de vêtements fins et des chaussures de "tahack"… (Ézéchiel 16:10). Un cuir fin et précieux donc couvrait le Tabernacle, housse protectrice appliquée à des biens particulièrement précieux.
* Diverses traductions sont proposées, les unes proposent des peaux de taissons, autrement dit de blaireaux, d’autres évoquent des peaux de dauphins, d’autres encore évoquent simplement du cuir fin… Mais sans même pouvoir affirmer qu’il s’agit d’un animal, le "tahack" n’est pas connu…

 
La structure, les ais du Tabernacle

 
De grandes planches devaient être dressées ; elles formeront trois parois, le Tabernacle s’ouvrant alors sur toute sa largeur du côté de l’Orient. Ces planches, les "ais", sont bien assujetties les unes aux autres par des traverses courant tout au long des trois parois, et des anneaux aux coins de l’édifice. Toutes sont plaquées d’or ! Chaque planche, posée en hauteur, mesure près de cinq mètres de haut sur une largeur de quelque soixante-cinq centimètres. Elles sont dressées sur des socles d’argent…

15 Et tu feras les ais pour le tabernacle ; ils seront de bois de sittim, placés debout ; 16 la longueur d'un ais sera de dix coudées, et la largeur d'un ais d'une coudée et demie. 17 Il y aura deux tenons à un ais, en façon d'échelons, l'un répondant à l'autre ; tu feras de même pour tous les ais du tabernacle. 18 Et tu feras les ais pour le tabernacle, vingt ais pour le côté du midi vers le sud ; 19 et tu feras quarante bases d'argent sous les vingt ais, deux bases sous un ais pour ses deux tenons et deux bases sous un ais pour ses deux tenons ; 20 et pour l'autre côté du tabernacle, du côté du nord, vingt ais, 21 et leurs quarante bases d'argent, deux bases sous un ais, et deux bases sous un ais. 22 Et pour le fond du tabernacle, vers l'occident, tu feras six ais. 23 Et tu feras deux ais pour les angles du tabernacle, au fond ; 24 ils seront joints par le bas et parfaitement unis ensemble par le haut dans un anneau ; il en sera de même pour les deux ; ils seront aux deux angles. 25 Et il y aura huit ais, et leurs bases d'argent : seize bases, deux bases sous un ais, et deux bases sous un ais. 26 Et tu feras des traverses de bois de sittim, cinq pour les ais d'un côté du tabernacle, 27 et cinq traverses pour les ais de l'autre côté du tabernacle, et cinq traverses pour les ais du côté du tabernacle, pour le fond, vers l'occident ; 28 et la traverse du milieu sera au milieu des ais courant d'un bout à l'autre. 29 Et tu plaqueras d'or les ais, et tu feras d'or leurs anneaux qui recevront les traverses et tu plaqueras d'or les traverses. 30 Et tu dresseras le tabernacle selon son ordonnance qui t'a été montrée sur la montagne.

Que voyait le prêtre entrant dans l’édifice ? Le bois de sittim est entièrement recouvert* ! Les parois d’or posées sur les socles d’argent, un ensemble bien assujetti, une construction solide… Le livre précise bien la provenance de cet argent qui servit aux socles sous les ais du Tabernacle. Il ne s’agit pas ici de l’argent apporté librement, mais du prix du rachat dont il sera parlé plus loin. Chaque Israélite devra apporter un demi shekel lors du dénombrement, et il est dit de la somme rapportée : "Et l'argent de ceux de l'assemblée qui furent dénombrés fut de cent talents et mille sept cent soixante-quinze sicles, selon le sicle du sanctuaire… Et les cent talents d'argent étaient pour fondre les bases du lieu saint, et les bases du voile, cent bases pour les cent talents, un talent par base" (38:25-27).
* "Le père dit à ses esclaves : Apportez dehors la plus belle robe, et l'en revêtez ; et mettez un anneau à sa main et des sandales à ses pieds…" (Luc 15:22).
Ainsi, chaque Israélite pouvait faire le lien entre les bases des ais du Tabernacle et le demi shekel qu’il a payé pour lui-même, ceci pour lui indiquer que les rachetés de Dieu, figurés par les ais dressées et unis ensemble, sont introduits dans sa présence sur la base de la rédemption.
 
La vision du Propitiatoire d’or couvrant l’arche montrait le côté de Dieu, le don gratuit, comme Abraham l’avait pressenti lorsqu’il répondait à Isaac touchant le sacrifice (Genèse 22:8), tandis que l’argent du dénombrement indique le côté de l’homme qui accepte la nécessité du rachat (>Psaume 49:8).

 
Le voile de séparation

 
Ici nous comprenons ce montage du tapis de fin lin constituant le Tabernacle : aux agrafes liant les deux parties sont attachés les crochets du voile qui sépare le "Lieu saint" du "Lieu très saint", isolant ainsi l’Arche du Témoignage et le Propitiatoire placé dessus.

31 Et tu feras un voile de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, et de fin lin retors ; on le fera d'ouvrage d'art, avec des chérubins ; 32 et tu le mettras sur quatre piliers de bois de sittim, plaqués d'or, et leurs crochets seront d'or ; ils seront sur quatre bases d'argent. 33 Et tu mettras le voile au-dessous des agrafes, et tu mettras là, au dedans du voile, l'arche du témoignage ; et le voile fera séparation pour vous entre le lieu saint et le lieu très-saint. 34 Et tu mettras le propitiatoire sur l'arche du témoignage, dans le lieu très-saint.

Tout est harmonie en ce lieu. Regardant en haut ou regardant devant lui, le prêtre entrant dans le Tabernacle a la vision du même voile exprimant la pureté du lieu tout en évoquant le caractère céleste, la puissance et la gloire du Dieu trois fois saint que ces lieux ne peuvent contenir. Et il lui est aussi rappelé l’interdit qui demeure, à savoir l’incapacité d’entrer dans ce lieu de délices fermé gardé par les chérubins, selon ce signe donné dans la parabole du Jardin d’Eden (Genèse 3:23-24). Les quatre piliers de bois de sittim rappellent les ais du Tabernacle, également posés sur des bases d’argent, évocation du dénombrement annonçant le rachat, la rédemption.
 
Dieu est connu dans sa miséricorde par l’Alliance scellée après la délivrance de l’Égypte, et cette délivrance même annonce un avenir plus heureux encore, célébré dans tant de Psaumes, celui de l’entrée dans la présence de Dieu (15:1, 43:3, 46:4, 84:1). Chaque année, le grand prêtre pénètre dans le Lieu très saint, au-delà du voile, et célèbre cérémoniellement le pardon de Dieu et son agréation auprès de Lui, mais le voile ne pouvait subsister à toujours*, le racheté étant appelé à "entrer dans le repos de Dieu" (Deutéronome 12:9, Psaume 133 et 134).
* "Et le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas." (Marc 15:38). "Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu'il nous a consacré à travers le voile, c'est-à-dire sa chair, et ayant un grand prêtre établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi, ayant les cœurs par aspersion purifiés d'une mauvaise conscience et le corps lavé d'eau pure." (Hébreux 10:19-22).
Telle est ainsi l’attente constante du fidèle de ce temps, celle de la rédemption annoncée par l’Alliance, apportée par Celui qui est mis à part en payer le prix. Et de Celui-là il sera dit : "Tu as aimé la justice, et tu as haï la méchanceté ; c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a oint d'une huile de joie au-dessus de tes compagnons. Tous tes vêtements sont myrrhe, aloès, et casse…" (Psaume 45:7-8).

 
Le rideau de l’entrée

 
La Table des pains et le Chandelier sont placés alors devant le voile de séparation, et vient enfin le voile à l’entrée du sanctuaire et ses cinq colonnes.

35 Et tu placeras la table en dehors du voile, et le chandelier vis-à-vis de la table, sur le côté du tabernacle qui est vers le sud, et tu mettras la table sur le côté nord. 36 Et tu feras pour l'entrée de la tente un rideau de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, et de fin lin retors, en ouvrage de brodeur ; 37 et tu feras pour le rideau cinq piliers de bois de sittim, et tu les plaqueras d'or, et leurs crochets seront d'or ; et tu fondras pour eux cinq bases de bronze.

Ici, plus de chérubins, nul interdit car le prêtre y rentre régulièrement pour accomplir le service sacerdotal. Mais nous y trouvons des bases de bronze en raison de la responsabilité morale de l’homme qui pénètre en ces lieux.

 

 

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Exode 27 - L'espace de la Rencontre


 

L'ESPACE DE RENCONTRE

 
Contrairement au visiteur qui aborde le Tabernacle en y pénétrant par le Parvis, le lecteur est introduit dès l’abord dans le Lieu très saint. Là, l’Arche et le Propitiatoire communiquent dès l’abord la pensée de Dieu lorsqu’il fondait les mondes et créait l’humanité. Ensuite, le lecteur est conduit dans le Lieu saint et rendu conscient de l’attention de Dieu sur les hommes, par la mention des douze pains, un pour chaque tribu d’Israël, et de la Lumière permettant à l’homme, dans le lieu ténébreux où il se trouve, d’entrer dans le plan divin le concernant. Ce n’est qu’alors que le lecteur est conduit sur le Parvis, lieu privilégié où le premier regard se porte sur l’autel des sacrifices, l’autel de bronze…

 
L’autel des sacrifices

 
La structure est en bois de sittim dont nous pourrions penser qu’il brûlerait au contact du feu de l’autel, mais le plaquage de bronze est tel qu’il n’en est rien. Bien vite il portera le nom d’autel de bronze (38:30). Le bronze est un alliage de cuivre et d’étain particulièrement solide connu dès la plus haute antiquité dans cette région du monde.
 
L’autel est un édifice imposant. Quatre planches de plus de deux mètres de long en forment le cadre au milieu duquel est disposée une grille de bronze. En hauteur, il atteint près d’un mètre quarante, tandis que la grille est disposée à mi-hauteur. De quoi faire brûler un bœuf entier… En quelques mots l’autel est décrit, la structure, les cornes pour attacher les sacrifices (Psaume 118:27), les ustensiles de bronze pour le service, les anneaux afin d’y placer les barres pour le transport…

27   1 Et tu feras l'autel de bois de sittim : il aura cinq coudées de long, et cinq coudées de large ; l'autel sera carré, et sa hauteur sera de trois coudées. 2 Et tu feras ses cornes à ses quatre coins ; ses cornes seront tirées de lui ; et tu le plaqueras de bronze. 3 Et tu feras ses vases à cendre, et ses pelles, et ses bassins, et ses fourchettes, et ses brasiers ; tous ses ustensiles, tu les feras de bronze. 4 Et tu lui feras une grille en ouvrage de treillis, de bronze ; et tu feras au treillis quatre anneaux de bronze, à ses quatre bouts ; 5 et tu le mettras au-dessous du contour de l'autel, en bas, et le treillis ira jusqu'au milieu de l'autel. 6 Et tu feras des barres pour l'autel, des barres de bois de sittim, et tu les plaqueras de bronze. 7 Et on fera entrer ses barres dans les anneaux ; et les barres seront aux deux côtés de l'autel, pour le porter. 8 Tu le feras creux, avec des planches, comme il t'a été montré sur la montagne ; on le fera ainsi.

Nous arrivons ainsi devant cette réalité de la justice de Dieu qui doit être rencontrée. Le Livre du Lévitique décrit les différents sacrifices offerts sur l’autel parmi lesquels plusieurs répondent à des cycles de la vie d’Israël, l’holocauste du matin et du soir, l’offrande du shabbat, les sacrifices de la nouvelle lune, et fêtes solennelles. Il nous montre ainsi comment s’organise autour de l’autel l’expression de l’attachement à Dieu. Ces actes cérémoniels sont institués pour que les Israélites se souviennent de Dieu et que la louange soit soutenue ainsi par des actes concrets et signifiants. Des Israélites le comprenaient bien, ainsi que nous pouvons lire : "Mangerais-je la chair des gros taureaux, et boirais-je le sang des boucs ? Sacrifie à Dieu la louange, et acquitte tes vœux envers le Très-haut" (Psaume 50:13-14).
* "Mais Christ étant venu, souverain prêtre des biens à venir, par le tabernacle plus grand et plus parfait qui n'est pas fait de main, c'est-à-dire qui n'est pas de cette création, et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle." (Hébreux 9:11-12).
La réconciliation d’Israël, et de tout homme, est établie par le sang de l’Agneau*, et rappelée chaque année par le cérémonial de la fête du Grand Pardon, lorsque le grand prêtre porte le sang sur le saint Propitiatoire. Mais il y avait chaque jour des sacrifices offerts, et ainsi une démarche de l’homme pour se souvenir de la miséricorde de Dieu et de la grâce de l’Alliance. Ainsi, l’autel est au centre de la conscience de l’Alliance, et donc au cœur de la Rencontre de l’homme avec Dieu. Ceci étant établi, le Lieu de la Rencontre peut être décrit, le Parvis dans lequel l’adorateur se présente ayant à l’esprit une rencontre avec Dieu lui-même.

 
Le Parvis

 
Le Parvis constitue une enceinte relativement importante, près de cinquante mètres sur vingt-cinq, pour accueillir, c’est la fonction essentielle, mais aussi par le fait qu’il est fermé, marquant ainsi que s’approcher de Dieu n’est pas une activité profane. L’entrée, tournée vers l’Orient, est large, près de dix mètres, mais il y a un voile en guise de porte…

9 Et tu feras le parvis du tabernacle : pour le côté du midi vers le sud, des tentures de fin lin retors pour le parvis, de cent coudées en longueur pour un côté, 10 et ses vingt piliers, et leurs vingt bases de bronze ; les crochets des piliers et leurs tringles d'attache seront en argent. 11 Et de même pour le côté du nord, dans la longueur, tu feras des tentures de cent coudées en longueur, et ses vingt piliers, et leurs vingt bases de bronze ; les crochets des piliers et leurs tringles d'attache seront en argent. 12 Et pour la largeur du parvis du côté de l'occident, tu feras cinquante coudées de tentures, leurs dix piliers et leurs dix bases. 13 Et la largeur du parvis du côté de l'orient, vers le levant, sera de cinquante coudées : 14 tu feras, pour l'un des côtés, quinze coudées de tentures, leurs trois piliers et leurs trois bases, 15 et pour l'autre côté, quinze coudées de tentures, leurs trois piliers et leurs trois bases, 16 et pour la porte du parvis, un rideau de vingt coudées, de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, et de fin lin retors, en ouvrage de brodeur, ses quatre piliers et leurs quatre bases. 17 Tous les piliers du parvis, à l'entour, auront des tringles d'attache en argent, leurs crochets, d'argent, et leurs bases, de bronze. 18 La longueur du parvis sera de cent coudées, et la largeur de cinquante tout le long, et la hauteur de cinq coudées, en fin lin retors ; et les bases des piliers seront de bronze. 19 Tous les ustensiles du tabernacle, pour tout son service, et tous ses pieux, et tous les pieux du parvis, seront de bronze.

Une large toile de lin portée par plus de cinquante piliers cerne l’enceinte. Et celle-ci aussi porte les symboles de la sainteté du lieu. Les piliers posés sur leur socle de bronze rappelant l’autel. Mais en plus, ils sont nantis du symbole de l’entrée des Israélites dans l’Alliance, l’argent du dénombrement utilisé pour les crochets et les tringles : "Et des mille sept cent soixante-quinze shekels on fit les crochets des piliers, et on plaqua leurs chapiteaux, et on les joignit par les tringles" (38:28).
 
L’entré maintenant ! L’adorateur fait les premiers pas dans le Parvis en passant le voile dont la composition est celle même du voile du Tabernacle, et sa composition de lin fin, de bleu, de pourpre et d’écarlate lui rappellera la pureté du lieu, et aussi la grandeur de l’Alliance établie de Dieu, qui le place dans une sphère de puissance et de gloire, celle du Seigneur.

 

 
LA LUMIERE CONTINUELLE

 
La présentation de la Tente de la Rencontre déploie les caractères de l’Alliance de Dieu, et révèle Dieu lui-même et son dessein d’introduire l’homme dans son repos. Ceci nécessite une dernière mention, sans laquelle manquerait un élément essentiel : la lumière doit briller sans discontinuer…

20 Et toi, tu commanderas aux fils d'Israël, et ils t'apporteront de l'huile d'olive pure, broyée, pour le luminaire, pour faire luire les lampes continuellement. 21 Aaron et ses fils les arrangeront devant l'Éternel, depuis le soir jusqu'au matin, dans la tente d'assignation, en dehors du voile qui est devant le témoignage. Ce sera de la part des fils d'Israël un statut perpétuel, en leurs générations.

Le Lieu de la Rencontre est décrit pour nous révéler le Plan divin pour l’homme. Dieu en a chargé un peuple qu’Il a choisi, pour qu’il y ait un témoignage visible. Sophonie, sentant venir le désastre de la destruction du Temple et de l’exil à Babylone, affirmera que ce travail de Dieu ne s’arrêtera pas, ni à Jérusalem, ni à Babylone, ni partout au monde, tant qu’Il n’aura introduit l’homme dans le repos, le repos d’une création arrivée au terme de son élaboration : "L'Éternel, ton Dieu, au milieu de toi, est puissant ; il sauvera ; il se réjouira avec joie à ton sujet : il se reposera dans son amour, il s'égayera en toi avec chant de triomphe" (Sophonie 3:17).
 
Ainsi, les fils d’Israël, chargés du témoignage de Dieu, ne pourront interrompre l’approvisionnement en huile d’olive pure ; et les prêtres auront à veiller sur le Chandelier afin que la lumière brille sans discontinuer dans le sanctuaire. Car c’est sans discontinuer que Dieu fait briller sa lumière sur les hommes pour les amener à Lui*. L’huile pure, les canaux pour l’huile soigneusement nettoyés avec les ustensiles appropriés… La communication de la Parole de Dieu, le rayonnement de sa Lumière n’est pas laissée à l’invention des hommes. "Toutes les choses que je vous commande, vous prendrez garde à les pratiquer. Tu n'y ajouteras rien, et tu n'en retrancheras rien" (Deutéronome 12:32).
* "Jésus leur répondit : Mon Père travaille jusqu'à maintenant, et moi je travaille." (Jean 5:17).

 

 

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Exode 28 - La sacrificature d'Aaron


 

Le Service sacerdotal

 
Les symboles de l’Alliance sont ainsi posés. La lumière de Dieu brille sur les ténèbres, un lieu de rencontre avec Dieu est établi, le regard de Dieu posé sur les hommes est confirmé, et il se trouve, au-delà du voile, dans le Lieu très saint, un symbole majeur du plan de la miséricorde : l’Arche du Témoignage couverte du Propitiatoire.
 
Comment l’homme pourra-t-il entrer dans la réalité de cette part glorieuse qu’il n’a pas méritée par lui-même, mais qui lui est donnée ? Qui pourra être garant de son acceptation auprès de Dieu ? Qu’est-ce qui pourra le convaincre de s’avancer sans crainte ?
 
C’est ici qu’intervient la fonction sacerdotale, le service des prêtres. D’un côté le grand prêtre assure l’adorateur de la volonté de Dieu de l’introduire dans sa paix, l’engageant à s’approcher sans crainte, vêtu d’une symbolique éloquente rappelant la réalité de l’amour de Dieu. De l’autre côté, la famille sacerdotale, les prêtres mis à part pour assister l’adorateur dans sa démarche de foi et faire se souvenir sans cesse de l’Alliance établie.
 
La pratique pourra certes passer de la ferveur, exprimée dans le cadre de cette symbolique, à une liturgie sans vie, ceci est bien réel, mais cependant les gestes seront toujours un rappel propre à raviver la foi d’un adorateur sincère.

 
LES VETEMENTS SACERDOTAUX

 
Ainsi que nous le verrons tout au long de ces pages, nous sommes placés devant deux volets distincts. En considérant les vêtements du grand prêtre, vêtements "pour gloire et pour ornement", nous sommes placés devant les caractères d’un service particulier dont parle la symbolique si riche du vêtement. De l’autre côté, de simples tuniques sont confectionnés pour les prêtres. Et dans ce cadre, nous voyons Aaron cité à nouveau, car hormis les actes propres du grand prêtre, celui-ci, à titre personnel, exerce la fonction commune aux prêtres.

28   1 Et toi, fais approcher de toi Aaron, ton frère, et ses fils avec lui, du milieu des fils d'Israël, pour exercer la fonction sacerdotale devant moi Aaron, Nadab et Abihu, Éléazar et Ithamar, fils d'Aaron. 2 Et tu feras de saints vêtements à Aaron, ton frère, pour gloire et pour ornement. 3 Et toi, tu parleras à tous les hommes intelligents que j'ai remplis de l'esprit de sagesse, et ils feront les vêtements d'Aaron pour le sanctifier, afin qu'il exerce la fonction sacerdotale devant moi. 4 Et ce sont ici les vêtements qu'ils feront : un pectoral, et un éphod, et une robe, et une tunique brodée, une tiare, et une ceinture ; et ils feront les saints vêtements pour Aaron, ton frère, et pour ses fils, afin qu'ils exercent la fonction sacerdotale devant moi.

Le grand prêtre portant ses vêtements de gloire exerce un service pour le peuple, symbole de la réalité de l’Alliance, l’exerçant de la part de Celui qui est au Ciel. Son service est donc particulier, et ces vêtements de gloire ne sont pas portés en tout temps. Nous pouvons le voir notamment lors de la célébration de Yom Kippour, Jour du Grand Pardon, où, au cours de la célébration, le grand prêtre change de vêtements : "Et Aaron rentrera à la tente d'assignation, et quittera les vêtements de lin dont il s'était vêtu quand il était entré dans le lieu saint, et les déposera là" (Lévitique 16:23).
 
Nous pouvons lire qu’en ce jour, le grand prêtre entrait dans le Lieu très saint et répandait le sang du sacrifice sur le Propitiatoire et devant lui ; c’était le seul jour de l’année où ce Lieu était visité, expression d’un acte unique dans l’histoire de l’humanité. Et cet acte unique est le fondement en justice de la miséricorde de Dieu. En Israël, chaque année les fautes du peuple étaient couvertes, et une nouvelle année pouvait ainsi commencer.
 
Ces considérations nous donnent à comprendre que la famille sacerdotale avait un double rôle, l’un rempli par le grand prêtre, pour le peuple et devant Dieu, l’autre, assumé par les prêtres, assistant le peuple dans le service de l’adoration.

 
Les vêtements du grand prêtre

 
Une tunique, vêtement léger porté par-dessous, une robe toute de bleu et par-dessus le vêtement sacerdotal lui-même, l’éphod auquel était assujetti le pectoral ; ces riches survêtements nantis des symboles constituent la parure sacerdotale par excellence. Ainsi vêtu, le grand prêtre se parait de la tiare sur laquelle était fixée la lame d’or gravée de cette mention "Sainteté à l’Éternel".

 
L’éphod
Nous retrouvons ici le tissu du Tabernacle, cette toile de lin fin, de bleu, de pourpre et d’écarlate illustrant la puissance et la gloire de Dieu, et il s’y ajoute même du fil d’or. Un vêtement tout en harmonie avec le lieu où il se porte. Et les pièces de ce lourd tissu sont assemblées par des épaulières, et maintenues au corps par une ceinture assortie.

5 Et ils prendront de l'or, et du bleu, et de la pourpre, et de l'écarlate, et du fin lin ; 6 et ils feront l'éphod, d'or, de bleu, de pourpre, d'écarlate et de fin lin retors, en ouvrage d'art. 7 Il aura, à ses deux bouts, deux épaulières pour l'assembler ; il sera ainsi joint. 8 Et la ceinture de son éphod, qui sera par-dessus, sera du même travail, de la même matière, d'or, de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, et de fin lin retors. 9 Et tu prendras deux pierres d'onyx, et tu graveras sur elles les noms des fils d'Israël : 10 six de leurs noms sur une pierre, et les six noms restants sur la seconde pierre, selon leur naissance. 11 Tu graveras, en ouvrage de lapidaire, en gravure de cachet, les deux pierres, d'après les noms des fils d'Israël ; tu les feras enchâsser dans des chatons d'or. 12 Et tu mettras les deux pierres sur les épaulières de l'éphod, comme pierres de mémorial pour les fils d'Israël ; et Aaron portera leurs noms devant l'Éternel, sur ses deux épaules, en mémorial. 13 Et tu feras des chatons d'or, 14 et deux chaînettes d'or pur, à bouts ; tu les feras en ouvrage de torsade ; et tu attacheras les chaînettes en torsade aux chatons.

Nous devons nous arrêter sur ces épaulières nanties chacune d’une pierre d’onyx, des pierres couleur de chair gravées des noms des douze tribus d’Israël. Comme une gravure dans la chair ! Le Livre d’Ésaïe exprime ainsi l’attachement du Seigneur à son peuple, symbolisé par Jérusalem : "Une femme oubliera-t-elle son nourrisson, pour ne pas avoir compassion du fruit de son ventre ? Même celles-là oublieront ; ... mais moi, je ne t'oublierai pas. Voici, je t'ai gravée sur les paumes de mes mains ; tes murs sont continuellement devant moi." (Ésaïe 49:15-16). Ainsi voyons-nous combien le Seigneur a porté son peuple, dans son amour pour lui : "Jusqu'à votre vieillesse je suis le Même, et jusqu'aux cheveux blanc, je vous porterai. Moi, je l'ai fait ; moi, je porterai, et moi, je chargerai sur moi, et je délivrerai." (Ésaïe 46:4).

 
Le pectoral
Attaché à l’éphod, sur le cœur du grand prêtre, se trouve un petit carré du même tissus, bien attaché par des rubans en chaînette entre les épaulières et la ceinture. Un carré, double, de quelque vingt-deux centimètres de côté.

15 Et tu feras le pectoral de jugement ; tu le feras en ouvrage d'art, comme l'ouvrage de l'éphod ; tu le feras d'or, de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, et de fin lin retors. 16 Il sera carré, double ; sa longueur sera d'un empan, et sa largeur d'un empan. 17 Et tu le garniras de pierres enchâssées, de quatre rangées de pierres : la première rangée, une sardoine, une topaze, et une émeraude ; 18 et la seconde rangée, une escarboucle, un saphir, et un diamant ; 19 et la troisième rangée, une opale, une agate, et une améthyste ; 20 et la quatrième rangée, un chrysolithe, un onyx et un jaspe ; elles seront enchâssées dans de l'or, dans leurs montures. 21 Et les pierres seront selon les noms des fils d'Israël, douze, selon leurs noms, en gravure de cachet, chacune selon son nom ; elles seront pour les douze tribus.
 
22 Et tu feras sur le pectoral des chaînettes à bouts, en ouvrage de torsade, d'or pur ; 23 et tu feras sur le pectoral deux anneaux d'or ; et tu mettras les deux anneaux aux deux bouts du pectoral ; 24 et tu mettras les deux torsades d'or dans les deux anneaux, aux bouts du pectoral ; 25 et tu mettras les deux bouts des deux torsades dans les deux chatons, et tu les mettras sur les épaulières de l'éphod, sur le devant. 26 Et tu feras deux anneaux d'or, et tu les placeras aux deux bouts du pectoral, sur son bord qui est contre l'éphod, en dedans. 27 Et tu feras deux anneaux d'or, et tu les mettras aux deux épaulières de l'éphod par en bas, sur le devant, juste à sa jointure au-dessus de la ceinture de l'éphod. 28 Et on attachera le pectoral par ses anneaux aux anneaux de l'éphod avec un cordon de bleu, afin qu'il soit au-dessus de la ceinture de l'éphod, et que le pectoral ne bouge pas de dessus l'éphod. 29 Et Aaron portera les noms des fils d'Israël au pectoral de jugement sur son cœur, lorsqu'il entrera dans le lieu saint, comme mémorial devant l'Éternel, continuellement.
 
30 Et tu mettras sur le pectoral de jugement les urim et les thummim, et ils seront sur le cœur d'Aaron, quand il entrera devant l'Éternel ; et Aaron portera le jugement des fils d'Israël sur son cœur, devant l'Éternel, continuellement.

Douze pierres précieuses, des couleurs variées pouvant évoquer le prix distinct qu’ont pour Dieu chacune des tribus dont les noms sont gravés, à moins que l’on ne désire y voir les grâces variées, les bénédictions que Dieu veut faire reposer sur les fils d’Israël*. Ici encore, nous pouvons citer une parole remarquables qu’entendirent à Babylone les exilés d’Israël : "Comme un berger il paîtra son troupeau ; par son bras il rassemblera les agneaux et les portera dans son sein ; il conduira doucement celles qui allaitent" (Ésaïe 40:11). Comment penser, en lisant ces lignes, comme aussi le texte de l’Exode, que l’homme ait à faire à un Dieu dur et cruel, un Dieu sans cesse courroucé…
* Des commentateurs considèrent les pierres du pectoral dans leur succession en y mettant en valeur l’histoire de la grâce, évoquant les pierres couleur du ciel, celles couleur de sang, la douceur du rétablissement vue dans l’émeraude verte, la gloire exprimée par les pierres dorées…
Voici qui donne un relief particulier au nom que porte cette remarquable pièce de tissu : le "pectoral de jugement". Apporter une appréciation juste aux circonstances vécues, voilà bien ce qu’évoquent les "Urim  et Thummim", autrement dit "Lumières et Perfections". Le mode pratique ne nous en est pas connu, pas d’avantage que leur composition, mais nous voyons cependant leur usage, en particulier lorsqu’une question se pose en Israël. Par ces "Urim et Thummim", le grand prêtre est conduit à la connaissance de la réponse à donner (Nombre 27:21), dans la conscience du regard de Dieu, et en reflet de sa bonté. Lorsqu’il sera question du remplacement du grand prêtre, il se trouve une indication dans le testament spirituel de Moïse, lorsque ces paroles sont entendues : "Et de Lévi il dit : Tes thummim et tes urim sont à l'homme de ta bonté…" (Deutéronome 33:8). Cette assertion nous donne d’entrer dans l’atmosphère que Dieu veut pour son peuple… que Dieu veut pour les hommes.

 
La robe de bleu
Sous l’éphod, une robe toute de bleu, car le grand prêtre fait symboliquement lien avec le Ciel. Il est comme celui qui vient du Ciel pour attester de la part de Dieu les privilèges de l’Alliance.

31 Et tu feras la robe de l'éphod entièrement de bleu ; 32 et son ouverture pour la tête sera au milieu ; il y aura une bordure à son ouverture, tout autour, en ouvrage de tisserand ; elle l'aura comme l'ouverture d'une cotte de mailles : elle ne se déchirera pas. 33 Et tu feras sur ses bords des grenades de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, sur ses bords, tout autour, et des clochettes d'or entre elles, tout autour : 34 une clochette d'or et une grenade, une clochette d'or et une grenade, sur les bords de la robe, tout autour. 35 Et Aaron en sera revêtu quand il fera le service ; et on en entendra le son quand il entrera dans le lieu saint, devant l'Éternel, et quand il en sortira, afin qu'il ne meure pas.

Le bord du vêtement est remarquable. Des clochettes et des grenades sont disposées tout autour, pour que l’on réalise la continuité du service dans le sanctuaire, et que l’on ait conscience du fruit de ce service pour le bien de tout le peuple. Il y a tant de pourquoi pour le fidèle sur la terre, et dans le silence tant de doutes s’insinuent dans l’âme… Aussi ce symbole contribue-t-il à garder à maintenir la confiance en Celui qui veille sur son peuple, surtout lorsque les attentes sont longues…

 
La lame d’or
La distance entre le Créateur, le Dieu saint, et le peuple marqué par la faiblesse doit être rappelée. Un seul est saint !

36 Et tu feras une lame d'or pur, et tu graveras sur elle, en gravure de cachet : Sainteté à l'Éternel ; 37 et tu la poseras sur un cordon de bleu, et elle sera sur la tiare ; 38 elle sera sur le devant de la tiare : et elle sera sur le front d'Aaron ; et Aaron portera l'iniquité des choses saintes que les fils d'Israël auront sanctifiées, dans tous les dons de leurs choses saintes ; et elle sera sur son front continuellement, pour être agréée pour eux devant l'Éternel.

La lame d’or sur la tiare de fin lin, sur le front du grand prêtre souligne la sainteté de Dieu, le grand prêtre se portant en quelque sorte garant pour le peuple marqué d’infirmité. Rappelons-nous, dans un tout autre contexte, du jeune Ésaïe lorsqu’il fut appelé à son service, et qu’il entendit ces paroles : "Saint, saint, saint, est l'Éternel des armées ; toute la terre est pleine de sa gloire !" (Ésaïe 6:3). C’est dans la réalisation de la sainteté de Dieu qu’il puisa sa force et sa ferveur ; c’est en appréciant l’infinie distance de son Dieu qu’il reçut la charge de parler en Son Nom. Cette vision est un fondement de son service, et elle fut à son esprit tout au long de son ministère, comme le grand prêtre porte sur son front "Sainteté à l’Éternel" lorsqu’il officie pour le peuple. Comme il en sera du service éternel (Zacharie 14:20).

 
La tiare et la tunique
Rien de grandiose dans cette tiare, rien qu’un couvre-chef en lin qui parachève le vêtement, comme la tunique qu’il porte juste au corps. Rien toutefois n’est laissé à l’appréciation de l’artisan. Il s’agit d’un travail soigné, en ouvrage de brodeur; tant le couvre-chef que la tunique et sa ceinture.

39  Et tu broderas la tunique de fin lin ; et tu feras la tiare de fin lin ; et tu feras la ceinture en ouvrage de brodeur.

La tête, le siège des pensées, ainsi couverte peut évoquer combien il serait peu conséquent d’accomplir des rites sans une réelle conscience du sens des choses, comme il en est de cantiques chantés en ayant l’esprit ailleurs. Et dans ce service, le grand prêtre a la conscience aiguisée par le port de la lame d’or "Sainteté à l’Éternel".

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*   *

Ce vêtement de gloire particulièrement soigné, chargé de symboles, est porté par le seul grand prêtre, en des occasions particulières où il représente le peuple devant Dieu, se portant en quelque sorte garant du maintient de l’Alliance*.
* "Celui-ci l'est devenu avec serment, par celui qui a dit de lui : «Le Seigneur a juré et ne se repentira pas : Tu es sacrificateur pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédec» (Psaume 110:4), c'est d'une alliance d'autant meilleure que Jésus a été fait le garant." (Hébreux 7:21-22).
Nous le voyons en particulier lors de la fête du Grand Pardon, lorsqu’il pénètre pour la seule fois de l’année, dans le Lieu très saint afin d’y porter le sang sur le Propitiatoire, renouvellant en quelque sorte l’Alliance. Il est vu alors comme le Médiateur* entre Dieu et le peuple. A la fin de ce service particulier, il quitte ces vêtements de gloire pour se révêtir de la tenue des prêtres.
* "Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un, l'homme Christ Jésus." (1 Timothée 2:5). "Jésus, médiateur d'une nouvelle alliance." (Hébreux 12:24).

 
Les vêtements des prêtres

 
Avec ce paragraphe, nous entrons dans une réflexion sur la manière dont l’homme s’approche de Dieu. Non pas dans un vêtement de gloire, mais une simple tunique appropriée à la position de l’homme devant Dieu. Nous voyons ici la mention d’Aaron qui, comme nous l’avons vu, tout en exerçant un rôle particulier en certaines célébrations, est au rang des prêtres pour le service commun du sacerdoce.

40 Et pour les fils d'Aaron tu feras des tuniques, et tu leur feras des ceintures, et tu leur feras des bonnets, pour gloire et pour ornement. 41 Et tu en revêtiras Aaron, ton frère, et ses fils avec lui ; et tu les oindras, et tu les consacreras, et tu les sanctifieras afin qu'ils exercent la fonction sacerdotale devant moi. 42 Et tu leur feras des caleçons de lin pour couvrir la nudité de leur chair ; ils iront des reins jusqu'aux cuisses. 43 Et ils seront sur Aaron et sur ses fils lorsqu'ils entreront dans la tente d'assignation ou lorsqu'ils s'approcheront de l'autel pour faire le service dans le lieu saint, afin qu'ils ne portent pas d'iniquité et ne meurent pas. C'est un statut perpétuel, pour lui et pour sa semence après lui.

Le vêtement est porté pour couvrir ! Un signe donné aux prêtres eux-mêmes, afin qu'ils veillent à ne pas apporter dans le sanctuaire ce qui vient de l’homme, de son exaltation, de son imagination, de ses pensées, mais plutôt accomplissent leur service dans la conscience de la présence de Dieu, humblement et dans la joie de se savoir sous son regard bienveillant*.
* "Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu'il nous a consacré à travers le voile, c'est-à-dire sa chair, et ayant un grand prêtre établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi, ayant les cœurs par aspersion purifiés d'une mauvaise conscience et le corps lavé d'eau pure." (Hébreux 10:19-22).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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